Laboratoires Delagrange

Laboratoires Delagrange
logo de Laboratoires Delagrange

Création
Disparition
Forme juridique Société anonyme
Siège social Chilly-Mazarin
Activité Industrie pharmaceutique
SIREN 612006767
Société suivante Synthélabo

Les laboratoires Delagrange sont une société pharmaceutique française fondée en 1931 par Jacques Delagrange. Elle est notamment connue pour son médicament phare, le Primpéran. Elle a été rachetée en 1991 par la société Synthélabo.

Origine

En 1931, le pharmacien Jacques Delagrange (1897-1989) crée dans son officine la Société d’application pharmacodynamique (SAP), premier nom des laboratoires Delagrange. Il met au point en 1935 le Sédo-Caréna, un tonicardiaque à base d'aminophylline (en) (un dérivé de la théophylline). Il installe son laboratoire à Paris en 1939. Sa cousine, Madeleine Besançon, épouse le médecin Louis-Justin Besançon. Avec elle, entre 1947 et 1950, il détient les parts de la société à responsabilité limitée qui devient une société anonyme en 1951. Jacques Delagrange s'associe à Louis-Justin Besançon[1],[2].

Les laboratoires Delagrange commercialisent notamment la pommade Mitosyl (1942), la Nautamine (1951), un antihistaminique, le Buscopan (1954), un antispasmodique[2], et deux spécialités à base d'amphétamine, le Maxiton et le Corydrane (cette dernière associée à de l'aspirine)[3].

Développement

Boîte de 30 gélules de Dogmatil 50 mg

En 1958, la société construit une usine à Chilly-Mazarin (Essonne) et oriente ses recherches vers les benzamides substitués découverts par la Société d'études scientifiques et industrielles de l'Île-de-France affiliée à l'entreprise. Leur chef de file, le Primpéran (1961), un antiémétique, est mis sur le marché en 1964[2],[3],[1]. En 1980, il est vendu dans 36 pays[1].

En , Jacques Delagrange et la directrice de la société d'études sont inculpés pour fraude fiscale[4] ainsi que le directeur commercial des laboratoires et Louis-Justin Besançon. Ils sont condamnés chacun en 1967 à une peine de prison avec sursis et au versement d'une amende pour avoir dissimulé au fisc, grâce à une comptabilité parallèle, la somme de 555 670 000 anciens francs entre 1958 et 1960[5],[6]. Le redressement fiscal n'obère cependant pas le devenir de la société[2] qui continue le développement des benzamides substitués avec la mise sur le marché du Dogmatil (1969), puis d'autres neuroleptiques de la même famille comme le Tiapridal (1977) et l'Agréal (1979)[3].

En 1973, Jacques Delagrange cède l'entreprise à la famille de Louis Justin-Besançon[2]. Son fils, Alain Besançon, en prend la direction à la mort de son père en [7].

Difficultés économiques et rachat de la société

À eux seuls, le Primpéran et le Dogmatil représentent en 1990 45% des ventes du laboratoires, le Tiapridal et l'Agréal 20%, mais les ventes stagnent et Delagrange ne parvient pas à renouveler son portefeuille de produits[1]. Sur fond de mésentente entre les enfants de Louis-Justin Besançon et de difficultés financières après un plan de redressement pour pallier un déficit de 50 millions de francs, les laboratoires Delagrange sont rachetés en 1991 par l'entreprise Synthélabo[8].

Références

  1. Michèle Ruffat, 175 ans d'industrie pharmaceutique française. Histoire de Synthélabo, Paris, La Découverte, , 270 p. (ISBN 2-7071-2517-2), chap. 7 (« Les Laboratoires Delagrange »), p. 131-147.
  2. Thierry Lefèbvre et Cécile Raynal, « La mystérieuse bonbonne des Laboratoires Delagrange », Revue d'histoire de la pharmacie, no 353,‎ , p. 160-162 (lire en ligne).
  3. Bruno Bonnemain, « Histoire des Laboratoires Delagrange », sur Société d'histoire de la pharmacie, (consulté le )
  4. « M. Jacques Delagrange directeur de laboratoires pharmaceutiques est inculpé de fraude fiscale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. « Un an de prison avec sursis au professeur Justin-Besançon et à M. Jacques Delagrange », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Soit environ 11 millions d'euros (en 2025) selon le « Convertisseur franc-euro », sur Insee
  7. « Le laboratoire Delagrange de nouveau sans président », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Synthélabo rachète les laboratoires Delagrange », Les Échos,‎ (lire en ligne)

Bibliographie

  • Alexandre Blondeau, Histoire des laboratoires pharmaceutiques en France et de leurs médicaments, t. I, Le Cherche-Midi, , 256 p. (ISBN 978-2862742519, présentation en ligne), « Delagrange », p. 86-95.
  • Michèle Ruffat, 175 ans d'industrie pharmaceutique française. Histoire de Synthélabo, Paris, La Découverte, , 270 p. (ISBN 2-7071-2517-2), chap. 7 (« Les Laboratoires Delagrange »), p. 131-147
  • icône décorative Portail des entreprises
  • icône décorative Portail de la pharmacie
  • icône décorative Portail de l’Essonne