Lac Halloula
| Lac Halloula | ||
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Subdivision | Tipaza | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 36° 33′ N, 2° 33′ E | |
| Altitude | 48 m | |
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Le lac Halloula parfois écrit lac Aoula est un ancien lac d'Algérie asséché au XIXe siècle[1]. Il était célèbre à l'époque romaine pour la chasse à l'éléphant sauvage et occupait alors une notable partie de la plaine de la Mitidja[2].
Situation
Le lac était situé dans la plaine de la Mitidja, entre les villages de Bérard et Montebello, près de Tipaza (département d'Alger)[2]. Il se trouvait au pied d'une crête culminant à 260 mètres d'altitude, sur laquelle est érigé le Tombeau de la Chrétienne (Kbour er Roumia), monument funéraire attribué à Cléopâtre Séléné, épouse de Juba II, dont la capitale était Caesarea (l'actuel Cherchell)[2]. Le lac marquait par ailleurs l'extrémité du territoire des Hadjoutes, à l'ouest[1].
Dessèchement
Le lac a été progressivement asséché à des fins prophylactiques. Un canal de plusieurs kilomètres, percé en tunnel à travers les collines sous la station préhistorique et sous le Tombeau de la Chrétienne, drainait les derniers marécages vers la mer[3]. Le paludisme sévissait encore dans la région de Montebello-Attatba lors des travaux de dessèchement, malgré la prise de quinine préventive[3].
Station néolithique
Une station préhistorique néolithique d'environ dix kilomètres de longueur a été identifiée sur la crête dominant le lac, de Tipaza jusqu'au village d'Attatba, par le Dr H. Marchand à partir de 1932[2]. Les vestiges se concentrent exclusivement sur le versant sud de la crête, face au lac — aucun instrument n'ayant été retrouvé côté nord —, ce qui témoigne d'un lien direct entre le lac et l'occupation humaine[4]. Le cœur de la station se situe sur le plateau dit « Tombeau de la Chrétienne », accessible depuis le lac par le ravin d'Aïn-Couscouss[4].
Outillage
Environ 550 pièces ou éclats ont été recueillis sur l'ensemble du gisement, dont 300 dans le seul secteur central sur trois kilomètres[4]. L'outillage, principalement en silex, comprend des nucléus (une dizaine), de teintes allant du jaune clair au brun-chocolat, de nombreux débris de lames — lames à tranchant utilisé, lames denticulées, lames à dos parfois en forme de croissant —, des grattoirs de type néolithique classique et des grattoirs nucléiformes, des formes triangulaires (triangles isocèles de 10 à 40 mm) à bases convexes ou concaves, ainsi qu'une pointe phyllomorphe avec ébauche de pédoncule[5]. Quelques rares pièces en quartzite et en quartz hyalin complètent l'ensemble, ce dernier matériau ayant été rapidement abandonné en raison de la grossièreté des formes obtenues[5]. Le silex étant absent des formations géologiques locales (grès, sables, argiles, calcaires), il devait faire l'objet d'un approvisionnement à distance[4].
Interprétation
D'après Marchand, la station ne correspond pas à une agglomération importante mais à une série de cabanes clairsemées, habitées par une tribu de pêcheurs et de chasseurs attirés par un lac poissoneux et giboyeux[3]. Il suggère que le faible développement de la station, comparé à l'étendue de l'ancien lac, pourrait s'expliquer par les ravages du paludisme sur les populations néolithiques, ignorantes de tout traitement spécifique[3]. Plusieurs stations littorales plus importantes ont par ailleurs été repérées sur la côte entre Tipaza et Castiglione, le rivage marin étant considéré comme beaucoup plus salubre[3].
Notes et références
- « Le lac Halloula »
- H. Marchand, « La station néolithique du lac Halloula (Algérie) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 30, no 3, , p. 200 (DOI 10.3406/bspf.1933.12143, lire en ligne)
- H. Marchand, « La station néolithique du lac Halloula (Algérie) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 30, no 3, , p. 204 (DOI 10.3406/bspf.1933.12143, lire en ligne)
- H. Marchand, « La station néolithique du lac Halloula (Algérie) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 30, no 3, , p. 201 (DOI 10.3406/bspf.1933.12143, lire en ligne)
- H. Marchand, « La station néolithique du lac Halloula (Algérie) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 30, no 3, , p. 202 (DOI 10.3406/bspf.1933.12143, lire en ligne)
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