Laisse (poésie)

Une laisse est dans la poésie médiévale, et plus particulièrement dans la chanson de geste, un groupe de vers de longueur variable qui se caractérise par une même assonance ou rime. Les vers sont généralement des décasyllabes avec une coupe ou césure 4/6.

À la fin du XIXe siècle, le terme est réutilisé pour désigner une suite de vers libres comprise entre deux blancs, telle qu'on en trouve dans les œuvres de Gustave Kahn, Moréas, Henri de Régnier, Émile Verhaeren ou Francis Vielé-Griffin.

Laisse médiévale

Ce qui distingue la laisse médiévale de la strophe, c'est que le nombre de vers n'est pas strictement défini. L'unité d'une laisse est déterminée par l'assonance[1] et, sans doute, à l'oral, par la mélodie. Lorsque l'assonance et la mélodie changent, on entre dans une nouvelle laisse.

La première manifestation de cette versification se trouve très probablement dans Lo Poema de Boecis, poème occitan du début du XIe siècle. Elle devient ensuite la marque des chansons de geste en ancien français.

La laisse est isométrique, c'est-à-dire que tous les vers de la laisse ont le même nombre de syllabes. La plus grande partie des chansons de geste sont en décasyllabes. Mais on en trouve aussi en octosyllabes ou en alexandrins[2].

Le nombre de vers d'une laisse varie considérablement d'une chanson à une autre. Dans la Chanson de Roland, une laisse compte en moyenne 14 vers ; dans le Couronnement de Louis, la moyenne est de 43[3]. Elle varie aussi beaucoup à l'intérieur d'une même chanson : dans le Moniage Guillaume, la laisse la plus courte comporte 7 vers, tandis que la plus longue en compte 191[3].

Notes et références

  1. ↑ Dans certaines chansons tardives, on trouve une rime au lieu d'une assonance.
  2. ↑ Georges Lote, Histoire du vers français, II, Paris, Boivin et Cie, 1951, p. 67 (en ligne).
  3. Jean Rychner, La Chanson de geste. Essai sur l'art épique des jongleurs, p. 68.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean Rychner, La Chanson de geste. Essai sur l'art épique des jongleurs (« Société de publications romanes et françaises », LIII), Genève/Lille, Droz/Giard, 1955 (spécialement le chapitre IV, « La structure strophique des chansons », p. 68-125).
  • Daniel Poirion, « Laisse, littérature », Universalis (en ligne).

Articles connexes

Liens externes

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