Laissez vivre le fleuve
| Titre original | Ellos eatnu – La elva leve |
|---|---|
| Réalisation | Ole Giæver |
| Scénario | Ole Giæver |
| Musique | Ola Fløttum, Pessi Levanto |
| Acteurs principaux | Ella Marie Hætta Isaksen |
| Sociétés de production | Maria Ekerhovd (en) |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame |
| Durée | 113 minutes |
| Sortie | 2023 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Laissez vivre le fleuve (Ellos eatnu – La elva leve) est un film dramatique suédo-finno-norvégien réalisé par Ole Giæver et sorti en 2023. Le film est inspiré de faits réels[1].
Synopsis
En 1979, la jeune Ester se rend, après ses études, à Alta (d'où est originaire toute sa famille) pour prendre un poste comme enseignante remplaçante dans une école primaire. Elle prend soin de ne pas révéler son appartenance aux Samis (peuple autochtone de l'extrême nord de la Norvège) pour ne pas subir les discriminations dont ceux-ci sont souvent victimes. Elle tente néanmoins de s'intégrer auprès de ses collègues de travail, malgré les moqueries récurrentes à l'encontre de son ethnie. Elle rend visite à sa mère (Máret), qui, après la mort du père d'Ester, a refait sa vie avec un Norvégien (Stein), passablement raciste, dont elle a eu un fils (Thomas). Elle retrouve son cousin (Mihkkal) en tenue traditionnelle (en), qui vient l'aider à emménager dans son nouvel appartement. Sur le chemin, Mihkkal fait un détour par le camp provisoire de Stilla, installé pour protester contre le projet d'un barrage hydroélectrique sur le fleuve, dont une des conséquences doit être l'immersion de Máze, un village sami. Mihkkal présente sa cousine aux activistes. Ester est invitée à se joindre à eux, mais elle ne se sent pas concernée et demande à son cousin de l'amener à son nouveau foyer.
Quelques jours plus tard, Ester accepte de retourner au camp de Stilla avec son cousin. Lors d'un débat entre les activistes sur les méthodes de résistance à suivre, des villageois norvégiens viennent pour se plaindre de la présence du camp. Dans le groupe se trouve Göran, un collègue de travail d'Ester, qui la reconnaît et la menace. S'ensuit une altercation entre Göran et Mihkkal. Le lendemain, à son travail, Ester demande à Göran de ne pas révéler son identité aux autres. Mais Göran lui conseille de ne plus retourner au camp si elle ne veut pas que ça se sache. Lors d'une discussion chez son cousin, Ester apprend que son père se serait suicidé alors que son métier de pêcheur était menacé par la pêche intensive des chalutiers norvégiens. En parallèle, le père de Mihkkal est tombé dans un mutisme maladif après avoir été forcé de vendre son troupeau de rennes. Ester, depuis longtemps absente de son pays natal, découvre le désespoir absolu des siens.
Ester retourne au camp et conseille à son cousin d'abandonner et d'accepter l'assimilation en faisant des études. Mais la compassion pour les siens la gagne et elle accepte de participer à une manifestation programmée. Elle retourne au cabanon de pêche de son père et découvre dans une pochette le couvre-chef traditionnel de ce dernier et l'emporte avec elle.
L'occupation du terrain ne suffisant pas, sept membres de la collectivité, dont Ester qui s'engage de plus en plus, décident d'entamer une grève de la faim devant le ministère à oslo. Après cinq jours de jeûne, les autorités décident de les convoquer pour leur annoncer la suspension des travaux.
Ester passe la fête de Noël chez sa mère. Au moment de la distribution des cadeaux, Ester offre à son demi-frère le chapeau traditionnel de son père pour lui faire prendre conscience de son identité. Mais le jeune Thomas ne montre aucun enthousiasme pour son cadeau, et Máret, sa mère, semble très contrariée. Le lendemain, Ester, soupçonneuse, pense que le cadeau de Thomas a été jeté, et fouille dans la poubelle, en vain. Elle demande à sa mère où se trouve le chapeau : Máret lui répond qu'elle n'en sait rien. Une violente dispute éclate, au cours de laquelle Máret explique à sa fille que l'assimilation est la seule chose raisonnable et que le combat est perdu depuis bien longtemps. Mais Ester lui reproche d'avoir abandonné sa langue et son identité, de ne jamais parler le Sami à son fils et annonce qu'elle ne remettra plus jamais les pieds chez elle.
La petite communauté samie apprend par la radio que le ministère a décidé de reprendre les travaux. Ester s'engage alors dans une course effrénée et passe de village en village pour convaincre tous les Samis de former une grande coalition. Mais partout on lui répond que la partie est perdue d'avance, et une mère lui exprime son refus que les enfants soient soumis aux moqueries des autres à l'école. Mihkkal, découragé, annonce à Ester qu'il abandonne le combat et lui fait cadeau de sa voiture avant de s'en aller. Ester continue toute seule ses démarches en faisant signer des pétitions. Partout on continue à lui dire que les choses ne sont pas si simples, mais Ester s'obstine. Elle rend visite à son cousin et le trouve pendu dans sa chambre. Elle se réfugie dans le cabanon de son père et pique une violente crise de nerf. Elle crie en pleurant à sa mère, alertée par le bruit, qu'elle ne veut plus être Samie.
Ester rejoint le groupe d'action sami pour une manifestation, mais désespère de la réussite de l'action, car elle considère qu'ils ne sont pas assez nombreux. Mais contre toute attente, à la nuit tombée, nombre de personnes rencontrées dans les villages se présentent à la manifestation. La police arrive sur le site, évacue les manifestants, et Ester est arrêtée.
Ester continue à enseigner à l'école primaire d'Alta. Ailu, un enfant sami délaissé par les autres enfants de sa classe, est dénoncé par une élève car il dissimulerait un couteau sur lui. Ester lui dit d'approcher et de l'accompagner chez la directrice. Dans la pièce où se retrouvent les professeurs, elle croise Göran, qui la raille au sujet de sa manifestation manquée. Ester lui répond en langue samie (que Göran ne comprend pas). Une professeure lui traduit : « Notre peuple n'a jamais cherché à délimiter son territoire. Mais nous avons besoin de nous sentir à notre place. Parce que nous sommes chez nous. »
Le bus étant déjà passé, Ester raccompagne le petit Ailu chez lui. L'enfant insiste pour lui montrer sa chambre. Ester ne sait s'il faut accepter, mais le père de l'enfant l'y autorise. Ailu s'allonge dans son lit et demande à Ester de lui chanter un joik, la chanson traditionnelle des Sames. Ester lui répond qu'elle n'en connaît pas et se ravise presque aussitôt en lui disant qu'elle en connaît bien un. Ester se met alors à chanter le joik de Mihkkal.
Fiche technique

- Titre original : Ellos eatnu – La elva leve[2].
- Titre français : Laissez vivre le fleuve
- Réalisation : Ole Giæver
- Scénario : Ole Giæver
- Musique : Ola Fløttum, Pessi Levanto
- Direction artistique : Ragnhild Juliane Sletta, Cecilie de Lange
- Costumes : Nell Knudsen
- Photographie : Marius Matzow Gulbrandsen
- Son : Bent Holm
- Montage : Wibecke Rønseth
- Production : Maria Ekerhovd (en)
- Sociétés de production : Mer Film, Zentropa Sweden, Bufo, Helmet Films & Visual Effects, Knudsen Pictures
- Pays de production :
Norvège,
Finlande,
Suède - Langue originale : Norvégien
- Genre : drame
- Durée : 113 minutes
- Dates de sortie :
Distribution
- Ella Marie Hætta Isaksen : Ester
- Gard Emil Elvenes (no) : Mihkkal
- Sofia Jannok : Risten
- Niillas Beaska (no) : Piera
Récompenses
- Festival international du film de Tromsø 2023 : Prix du public
- Prix Amanda :
- meilleur film norvégien
- meilleur réalisateur et meilleur scénario pour Ole Giæver
- Meilleur second rôle pour Gard Emil Elvenes (no)
- Festival international du film de Göteborg : Prix du public et prix de la critique
Autour du film
Le film s'inspire de faits survenus en 1979 à Alta, dans le nord de la Norvège, lors des événements du conflit d'Alta opposant les autorités norvégiennes et les groupes ethniques Samis contre le projet de construction d'un barrage hydroélectrique sur le fleuve Altaelva.
L'actrice principale norvégienne, Ella Marie Hætta Isaksen et la suédoise Sofia Jannok sont toutes les deux chanteuses et interprètes de chants traditionnels Samis. La plupart des acteurs sont des activistes Samis connus en Norvège pour revendiquer la préservation de leur culture.
Notes et références
- ↑ (en) « Ellos eatnu - Let the River Flow », sur verdensteatret.no, (consulté le ).
- ↑ (en) « > Ellos eatnu – Let the River Flow> », sur bufo.fi.
- ↑ « Ellos eatnu - La elva leve », sur europa-cinemas.org.
- ↑ (no) « monday film: ELLOS EATNU - let the river flow (pre premiere) », sur kosmorama.no, .
Voir aussi
Liens externes
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