Langues hourro-urartéennes

Langues hourro-uratéennes
Langues filles Hourrite
Urartéen
? Kassite
Région Anatolie
Classification par famille
  • - Langues hourro-urartéennes
Codes de langue
Type ancienne
Glottolog hurr1239

Les langues hourro-urartéennes sont une famille linguistique éteinte comprenant seulement deux langues connues, parlées au Proche-Orient ancien : l'urartéen et le hourrite.

Classification

Les langues hourro-urartéennes n'étaient liées ni aux langues sémitiques, ni aux langues indo-européennes de la région. C'est un isolat.

La langue kassite, partiellement découverte et attestée, est peut-être liée à cette famille linguistique[1].

Plusieurs hypothèses ont tenté d'établir un lien de parenté entre ces langues et d'autres familles linguistiques comme les langues ibéro-caucasienne ainsi que le proto indo-européen mais ces hypothèses ne sont pas communément acceptées par la communauté scientifique.

Usage

Le hourrite était la langue des Hourrites et a été parlé dans le nord de la Mésopotamie et de la Syrie et au sud-est de l'Anatolie dans le dernier quart du IIIe millénaire av. J.-C., et son extinction date de la fin du IIe millénaire av. J.-C.[2].

L'urartéen est le nom de la langue parlée par les habitants de l'ancien royaume d'Urartu qui a été localisé dans la région du lac de Van, avec sa capitale, Tushpa, à proximité du site de la ville moderne de Van, dans le haut-plateau arménien, en Anatolie, actuellement à l'Est de la Turquie[3]. Il a probablement été parlé par la majorité de la population autour du lac de Van et dans les zones le long de la partie supérieure de la vallée du Zab[4].

Origines

Il est souvent supposé que les langues hourro-urartéennes, ou proto-hourro-urartéenne, étaient originalement parlées par les peuples de la culture Kouro-Araxe qui vivaient en Anatolie de l'est, dans le Caucase, dans le nord-est de l'Iran actuel, en Haute Mésopotamie et dans le nord du Levant de la fin du 5ème millénaire BC jusqu'à la fin du 3ème millénaire BC[5],[6],[7],[8].

Classification externe

La relation génétique du hourrite et de l'urartéen est incontestée, mais il y a des débats sur les relations entre les langues hourro-urartéennes et d'autres familles[9].Après le déchiffrement d'inscriptions et de documents en hourrite et en urartéen pendant le 19ème et 20ème siècle, il fut reconnu que les langues hourro-urartéennes n'étaient apparentées ni au langues sémitiques, ni aux plus récentes langues indo-éuropéennes ou kartvéliennes, ni même à des isolats de la région tels que le sumérien, l'élamite, ou le hatti. À présent, le consensus des linguistes est la vision la plus conservative: les langues hourro-urartéennes constituent une famille de langues primaire qui ne peut être reliée démonstrativement à aucune autre famille de langue[10],[11],[12].

Depuis la découverte du lien de parenté entre le hourrite et l'urartéen, plusieurs chercheurs ont proposé des liens génétiques des langues hourro-urartéennes avec d'autres familles. Les premières propositions de lien génétique externe les groupaient avec les langues kartvéliennes, élamites, et d'autres langues non-sémitiques et non-indo-européennes de la région.

La plupart des propositions modernes tentent de lier les langues hourro-urartéennes avec les langues nakho-daghestaniennes (via la famille de langues alarodiennes proposée par Igor Diakonoff et Sergei Starostin)[13],[14] ou avec les langues indo-européennes (via Arnaud Fornet et Allan R. Bomhard)[15]. Ces deux théories restent marginales. Certains chercheurs remettent en question les arguments mis en avant pour justifié une relation génétique entre les familles de langues[12],[16],[17], ou, du moins, maintiennent que les preuves sont inconclusives[18],[19],[20],[8].

Le kassite, dont peu de traces nous restent, ne fait pas partie des langues sémitiques ou indo-européennes, et pourrait avoir était une langue hourro-urartéenne ou un isolat[21]. Cependant, seulement une centaine de mots du kassite sont connus actuellement, et il est ainsi difficile d'établir ou de rejeter un lien.

Notes et références

  1. ↑ (de) Thomas Schneider, « Kassitisch und Hurro-Urartäisch. Ein Diskussionsbeitrag zu möglichen lexikalischen Isoglossen », Altorientalische Forschungen, no 30,‎ , p. 372–381.
  2. ↑ (en) Gernot Wilhelm, « Urartian », dans Roger D. Woodard (dir.), The Ancient Languages of Asia Minor, Cambridge et New York, Cambridge University Press, (ISBN 9780521684965), p. 81.
  3. ↑ Jørgen Læssøe, People of Ancient Assyria: Their Inscriptions and Correspondence, Barnes & Noble, 1963.
  4. ↑ (en) Gernot Wilhelm, « Urartian », dans Roger D. Woodard (dir.), The Ancient Languages of Asia Minor, Cambridge et New York, Cambridge University Press, (ISBN 9780521684965), p. 105.
  5. ↑ Greppin, John A. C.; Diakonoff, I. M. (1991).
  6. ↑ Charles Burney.
  7. ↑ Marylin Kelly-Buccellati.
  8. Kassian, Alexei.
  9. ↑ Willhelm, Guernot. (2008)
  10. ↑ Speiser, E. A. (1941)
  11. ↑ Laroche, Emmanuel. (1980)
  12. Smeets, Rieks. (1989)
  13. ↑ Diakonoff, I. M. (1984)
  14. ↑ Starostin, Sergei A., Diagonoff, Igor M. (1986)
  15. ↑ Fournet, Arnaud. Bomhard, Allan M. (2010)
  16. ↑ Fournet, Arnaud.
  17. ↑ Johanna Nichols (2003)
  18. ↑ Zimmansky, Paul.
  19. ↑ Gamkrelidze, Thomas V.; Gudava, T.E. (1998).
  20. ↑ Kallio, Petri.
  21. ↑ Schneider, Thomas. (2003)

Voir aussi

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