Laurence Cossé

Laurence Cossé
Laurence Cossé en 2018.
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Jean de Bodman (d)
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Œuvres principales

Laurence Cossé, née en à Boulogne-Billancourt, est une écrivaine française, auteure de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre.

Biographie

Origines familiales

Laurence Cossé est la fille d'un officier de marine, Raymond Cossé (1916-2008)[1], ainsi que la petite-nièce d'Antoine de Saint-Exupéry.

Carrière

Elle devient journaliste, critique littéraire (Le Quotidien de Paris) et productrice-déléguée à France Culture. Dans ce cadre, elle réalise notamment des entretiens avec Andreï Tarkovski, Jorge Luis Borges ou Suzanne Lilar.

Écriture

Depuis 1981, elle a publié une douzaine de romans, deux pièces de théâtre et un recueil de nouvelles.

Sa pièce, La Terre des folles (1995), est un hommage aux « folles » de la place de Mai argentines, et plus largement aux nouvelles formes d’action politique mises en œuvre par les mouvements de femmes à travers le monde. Transcrite sous la forme d’un oratorio pour chœur et orchestre, celui-ci est créé en 2002 à Guebwiller. La pièce est créée à Bruxelles en 2005.

Ironie pour la chose sociale, compassion pour les personnes, c’est le ton du roman de religion-fiction Le Coin du voile (1996), puisqu’il pose que la preuve de l’existence de Dieu est faite, mais c'est surtout une fable politique car il détaille l’effet de choc qui s’ensuit dans les cercles du pouvoir[note 1].

La Femme du premier ministre (1998), portrait du pur amour sous les traits d’un personnage de l’histoire, la femme du grand Choiseul, est aussi le portrait de l’homme de pouvoir éternel : « Une femme aimait un homme qui aimait le pouvoir »[note 2],[note 3].

En 2011, Les Amandes amères, récit de l’alphabétisation laborieuse d’une Marocaine âgée qui ne sait ni lire ni écrire, témoigne de la double exclusion des analphabètes dans les sociétés de l’écrit.

La Grande Arche (2016) décrit l’épopée de la construction d’un des bâtiments les plus connus de Paris, de ses enjeux politiques durant la présidence de François Mitterrand. Le roman retrace le destin de l’architecte danois Otto von Spreckelsen qui découvre avec stupéfaction la désinvolture et les revirements de la politique française. L'histoire est adaptée au cinéma en 2025[2].

Distinction

En 2015, elle reçoit le grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre[3].

Décorations

Analyse de l'œuvre

Si divers qu’en soient les sujets et les genres (récit initiatique, roman d’amour, critique sociale ou fable explicitement politique), les romans de Laurence Cossé ont en commun de traiter tous de la question du pouvoir. Chacun en explore une des modalités. Les Chambres du Sud, tableau d’une enfance amorale et fiévreuse, est surtout l’expression d’un rapport violent au principe de réalité et à l’ordre social. 18h35 : Grand Bonheur et Un Frère, au-delà de leurs intrigues romanesques, ont pour sujet même le jeu social et la transgression de ses règles, les mécanismes d’exclusion et leurs possibles contrepoids.

Le Mobilier national, à propos du statut du patrimoine architectural dans une démocratie moderne, s’intéresse en fait au pouvoir comme fantasme. Fable au ton ironique et souvent burlesque[5], elle aborde le thème de l'historicisme dans l'approche des œuvres d'art et le relativisme esthétique qu'il induit[6].

Le 31 du mois d'août revient sur le délire journalistique consécutif à la mort de Lady Di pour y nicher une fiction sur la brutalité du pouvoir médiatique[7].

Au bon roman a pour sujet de fond le tout puissant complexe culturo-commercial qui a instauré la démagogie culturelle en système dans les sociétés modernes et qui se trouve opposé à une petite entreprise en apparence inoffensive[8],[9].

Cette exploration des multiples formes du pouvoir par Laurence Cossé est une interrogation récurrente sur le Mal. Le pouvoir, tel qu’elle en aborde les diverses faces, c’est Mammon, celui que l’on ne peut pas servir sans se détourner de Dieu[10].

Cette œuvre n’en est pas moins essentiellement littéraire, marquée par un souci de la forme et un travail sur le rythme littéraire.

Œuvre

Romans

Nouvelles

Théâtre

  • Monseigneur de Très-Haut, HB éditions, 1995 (illustré par Christine Lesueur)
  • La Terre des folles, publié à la suite du premier, HB éditions, 1995 (illustré par Christine Lesueur)

Autres

Au cinéma

Notes et références

Notes

  1. Dans son essai La Reine du monde (Flammarion, 2008), Jacques Julliard qualifie Le Coin du voile d'« un des romans les plus excitants de la période récente », et en fait une analyse politique (chapitre 2, p. 48).
  2. À sa parution, le livre est salué par Bernard Frank, lequel écrit dans Le Nouvel Observateur : « Je l'ai lu il y a quelques semaines déjà, en pleine canicule […]. Je l'aurais lu par n'importe quel temps. »
    Cf. « Avant la catastrophe », chronique du .
  3. Dans son journal L'Année du Tigre (Le Seuil, 1999), Philippe Sollers cite et loue La Femme du premier ministre (p. 238).
  4. Traduit en anglais (A Corner of the Veil), en allemand (Der Beweis), en italien (La sesta prova nouvelle traduction 2014 : La prova nascosta), en espagnol (La punta del velo), en grec(Η απόδειξη) et en hébreu.
  5. Traduit en allemand (Der 31. Tag des Monats August), en russe (« 31 августа »), en italien (l'Incidente) et en anglais (An Accident in August).
  6. Traduit en anglais (A Novel Bookstore), en allemand (Der Zauber der ersten Seite), en italien (La libreria del buon romanzo), en grec (Στο καλό Μυθιστόρημα), en suédois (Drömbokhandeln), en espagnol (La buena novela) et en coréen (Au bon roman).
  7. Traduit en italien (Mandorle amare) et en anglais (Bitter Almonds).
  8. Traduit en slovaque (Už nepíšete ?), en chinois (2016).
  9. Réimpression d'un entretien publié dans Le Quotidien de Paris le .

Références

  1. Raymond Henri Michel Cossé (1916-2008).
  2. « L'Inconnu de la Grande Arche », sur IMDb (consulté le ).
  3. « Grand prix de littérature de l'Académie française », sur academie-francaise.fr (consulté le ).
  4. « Décret du 13 juillet 2016 », sur legifrance.gouv.fr.
  5. Voir sur monde.fr.
  6. « Abattre des cathédrales » sur lexpress.fr.
  7. Michèle Levaux, « Recensions - Laurence Cossé, Le 31 du mois d’août, Gallimard, 2003, 222 pages », Études, vol. 3,‎ (lire en ligne).
  8. Didier Jacob, « Au bon roman : Bonnes lectures ! », sur L'Obs, .
  9. Nick Diament, « Au bon roman », sur Bulletin des bibliothèques de France, .
  10. Entretien dans le magazine Panorama, no 397, mars 2004.
  11. Notice sur l’Académie française.
  12. « Prix Roland-de-Jouvenel », sur le site prix litteraires.net, consulté le .
  13. Rédaction, « Livres : le top ten de ELLE », sur Elle, .
  14. Lucie Agache, « Laurence Cossé, lauréate du Prix littéraire Drouot 2009 », sur Connaissance des arts, .
  15. Article du site Livres Hebdo du 2 mai 2016.

Voir aussi

Études

  • Le chapitre X de l'ouvrage L'Inde imaginaire de Christian Petr (éditions Kailash, 1995) est une analyse thématique du Premier pas d'amante et de la représentation qu'il donne de l'Inde.
  • L'article « Monuments à abattre » d'Alexandre Gady dans la revue Commentaire (no 94, été 2001) analyse les enjeux politiques sous-jacents au roman de Laurence Cossé Le Mobilier national.

Entretien

Liens externes

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