Laurent Bigorgne

| Président Le Choix de l'école | |
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| Président Agir pour l'école (d) | |
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| Membre du conseil d'administration Lycée international de Londres Winston-Churchill | |
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| Directeur Institut Montaigne | |
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Marie-Pierre de Bailliencourt (d) | |
| Directeur adjoint (d) Institut d'études politiques de Paris | |
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inconnu inconnu | |
| Directeur des études (d) Institut d'études politiques de Paris | |
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inconnu inconnu |
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Véronique Bolhuis (d) |
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Laurent Bigorgne, né le à Épinal, est un essayiste français.
Directeur de l'Institut Montaigne entre 2010 et 2022, il en démissionne après son interpellation par la police judiciaire intervenue à la suite de la plainte de Sophie Conrad, son ex-belle sœur et ancienne collaboratrice. Accusé d'avoir mis de la MDMA dans son verre dans l'intention de la violer, il est condamné en . L'affaire connaît un important écho médiatique, en raison du profil du mis en cause[1].
Membre du cercle rapproché d'Emmanuel Macron, il est un des premiers soutiens de La République en Marche[2].
Biographie
Origines et jeunesse
Laurent Bigorgne né le à Épinal dans les Vosges, est le fils d'un proviseur et d'une enseignante en informatique[3],[4]. Il grandit en Meurthe-et-Moselle[5] où son père est proviseur au lycée professionnel de Pompey[6].
Études et militantisme
Étudiant au Centre universitaire d'études politiques (CUEP) de l'université Nancy-II, il obtient un diplôme d'études universitaires générales (DEUG) d'histoire en 1994, puis est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, section Communication et ressources humaines, en 1996[7],[8],[9]. Il est reçu, après deux échecs[10], à l'agrégation d'histoire en 1999[3].
En parallèle de ses études, il milite à l'Union nationale des étudiants de France – Indépendante et démocratique (Unef-ID)[11], où il croise notamment Bruno Julliard[3].
Carrière
Alors qu'il vient d'être nommé, l'année précédente, dans un lycée de Nancy[5], il est recruté en 2000[9] par Richard Descoings pour organiser le développement des antennes régionales de l'Institut d'études politiques de Paris. Il devient en 2003[10] — à vingt-huit ans — directeur d'études de l'école[3], et quitte cette fonction en 2004[12].
Second de Richard Descoings en 2007[10], il est ensuite détaché un an durant[10] auprès de la London School of Economics[3].
À son retour en France[5], en 2009, sur l'insistance du PDG d'Axa Claude Bébéar, il entre à l'Institut Montaigne comme directeur des études pour seconder le directeur, François Rachline — qu'il remplace dès [3]. Il perçoit à ce titre un salaire de 13 000 € mensuel[13].
Il est introduit par Olivier Duhamel au club Le Siècle[13].
Il est également président des associations Agir pour l'école[14] et Le Choix de l'école (ex-Teach for France)[15]. En , Le Figaro révèle que trois femmes dénoncent le harcèlement moral de Nadia Marik-Descoings, veuve de Richard Descoings et ancienne directrice adjointe de l'IEP de Paris. À l'époque des faits, Laurent Bigorgne était vice-président de Teach for France[16].
Proche d'Emmanuel Macron[13], il le décrit comme un « ami de longue date »[17]. Ils se connaissent depuis les années 2000[18].
En 2016, sa femme, Véronique Bolhuis, figure dans les mentions légales du nouveau site en-marche.fr, avant d'en être retirée[19],[20],.
Selon une enquête de Mediapart, le mouvement La République en Marche (LREM) est à sa création par Emmanuel Macron le hébergé au domicile personnel de Laurent Bigorgne, alors directeur de l'Institut Montaigne[21].
Il soutient Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle de 2017[22] et le conseille sur les sujets liés à l'éducation[23]. Il apparaît dans les MacronLeaks, des courriels piratés de son équipe de campagne, dans l'entre-deux-tours[24]. Une fois Emmanuel Macron élu président, il est cité par certains observateurs comme potentiel ministre[25], sans toutefois être nommé au gouvernement.
D'après le journal Libération, il conseille le gouvernement français et disposerait d'un accès direct et permanent aux ministres[26].
Il participe à la réunion du groupe Bilderberg de 2015[27],[28]. En , il est nommé membre du Comité action publique 2022, installé par le Premier ministre Édouard Philippe pour concevoir le projet de réforme de l'État français[29].
Après la pandémie de Covid-19, il estime que les Français doivent travailler davantage afin de relancer l'économie[30]. Il propose notamment que le gouvernement supprime une semaine de vacances et permette aux entreprises de déroger au temps de repos obligatoire[31],[30].
Démission
À la suite de l'affaire le concernant, il démissionne en de l'Institut Montaigne[32],[33]. Il est remplacé par Marie-Pierre de Bailliencourt à partir du [34].
Affaire judiciaire
Faits reprochés
Le , Laurent Bigorgne est interpellé par la police judiciaire et placé en garde à vue à la suite d'une plainte de Sophie Conrad, l'une de ses collaboratrices à l'Institut Montaigne et son ex-belle-sœur[35]. Celle-ci l'accuse de l'avoir droguée à son insu lors d'une soirée de travail le . Se sentant extrêmement mal, ressentant des vertiges, elle parvient à sortir de chez lui et à prendre un taxi pour l'hôpital[36]. La plaignante signale que Laurent Bigorgne avait consommé de la cocaïne au cours de la réunion, et affirme qu'il avait pris l'habitude de lui envoyer régulièrement des messages à caractère sexuel.
Selon l'expertise toxicologique de l'hôpital, elle est testée positive à la MDMA, une drogue de synthèse de la famille des amphétamines aussi appelée ecstasy[37],[38],[39]. Durant la garde à vue, il reconnaît les faits qui lui sont reprochés, mais conteste le mobile sexuel[40],[41],[42]. Il reconnaît par ailleurs prendre régulièrement de la cocaïne « à haute dose »[26], et avoir déjà drogué sa compagne actuelle à son insu à l'automne 2021[43].
Procès et condamnation
Quelques jours avant le procès prévu le , le journal Mediapart pointe le fait que peu de témoins ont été entendus, et que le mobile sexuel est écarté par le parquet de Paris sur la seule base des déclarations du prévenu[43]. Sophie Conrad dénonce des pressions qui auraient été exercés sur les enquêteurs[44], et son avocat, Arié Alimi, porte plainte pour « obstruction à la manifestation de la vérité [et] faux en écriture publique » contre le directeur de la police judiciaire et la procureure de Paris, pour être intervenus personnellement pendant la garde à vue[45].
Le procès est finalement renvoyé au pour complément d'expertises[45],[46]. Le , dans une interview pour le magazine Elle, Sophie Conrad soutient que Laurent Bigorgne serait protégé par des proches du pouvoir, car, dit-elle, « la justice a minimisé ce que j'ai subi : à croire qu'une affaire de violence sexuelle ne devait pas éclabousser un proche d'Emmanuel Macron, à quelques mois de l'élection présidentielle »[47]. Laurent Bigorgne comparaît pour « administration de substance nuisible », le mobile de « tentative de viol » n'étant pas retenu. Au terme du procès, qui souligne son addiction à la cocaïne, le procureur requiert contre lui 18 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire[48].
Le , il est condamné à douze mois d'emprisonnement avec sursis et 2 000 € d'amende. Le tribunal correctionnel estime qu'il avait administré cette drogue « afin de commettre à son égard un viol ou une agression sexuelle », requalifiant ainsi les faits. En , il se désiste de son appel et est définitivement condamné[49].
Publications
- Avec Alice Baudry et Olivier Duhamel, Macron, et en même temps…, Plon, 2017 (ISBN 978-2259259866) 306 p.
- Avec Olivier Duhamel, Les Mots de Macron : petit dictionnaire de citations, Dalloz, 2019
- Avec Olivier Duhamel, Les Mots du coronavirus, Dalloz, 2020
Notes et références
- ↑ (en) « Emmanuel Macron ally convicted of spiking his ex-wife’s sister in attempted rape », sur The Telegraph, (consulté le ).
- ↑ Manuel Jardinaud, Antton Rouget et Faïza Zerouala, « Laurent Bigorgne et l’Institut Montaigne, les cerveaux de la Macronie », sur Mediapart, .
- Maryline Baumard, « Laurent Bigorgne, la revanche d'un provincial », Le Monde, .
- ↑ « Laurent Bigorgne », sur Who's Who in France, .
- Yann Verdo, « Laurent Bigorgne : de Richard Descoings à Claude Bébéar », Les Échos, .
- ↑ « Histoire du Lycée Bertrand Schwartz », sur lyc-schwartz.monbureaunumerique.fr (consulté le ).
- ↑ « Laurent Bigorgne », sur sciences-po.asso.fr.
- ↑ Sous la dir. de Nicolas Roussellier et Gilles Le Béguec, L'Après-Guerre politique de François Valentin : 1945-1961 : qu'est-ce qu'un retour en politique ? (mémoire de diplôme), Paris, Institut d'études politiques de Paris, , 223 p. (SUDOC 096740469).
- « He will be back! », sur sciences-po.fr, .
- Julien Bénéteau, « Laurent Bigorgne, le sommet de Montaigne », republicain-lorrain.fr, .
- ↑ Marie Bordet, « Laurent Bigorgne, de Montaigne à Macron », Le Point, .
- ↑ Marie Scot, Sciences Po, le roman vrai, Sciences Po, les presses, (ISBN 978-2-7246-3915-5).
- « Les relations toxiques de Laurent Bigorgne, figure des milieux du pouvoir à Paris », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Qu’est-ce qu’Agir pour l’école ? », La Voix du Nord, (consulté le ).
- ↑ « Teach For France », sur teachforfrance.org (consulté le ).
- ↑ Luc Lenoir, « Le clan Descoings, Bigorgne, Duhamel éclaboussé par une plainte pour harcèlement », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Ces réseaux économiques sur lesquels Emmanuel Macron peut s'appuyer », Le Figaro, .
- ↑ Caroline Beyer, « Laurent Bigorgne, du succès au sordide, la chute d'un homme de pouvoir », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Laurent Mauduit, « Le patronat héberge discrètement Emmanuel Macron », sur Mediapart, 7 avril 2016 (article publié dans l'édition datée du 8 avril 2016) (consulté le ), p. 7-8.
- ↑ « Le nouveau site de Macron hébergé par la galaxie patronale ? Un geste "d'ami" ! », Marianne, .
- ↑ « Macron : son mouvement, "En Marche!", intimement lié à l'Institut Montaigne », L'Express, (consulté le ).
- ↑ « Qui sont les soutiens du candidat Macron ? », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Caroline Beyer, « Éducation : ce que veut faire Macron », Le Figaro, .
- ↑ « Mais au fait, que trouve-t-on dans les Macron Leaks ? », La Voix du Nord, .
- ↑ « François Bayrou, Jean-Yves Le Drian, Edouard Philippe… En marche vers le pouvoir? », Le Journal du dimanche, .
- Jérôme Lefilliâtre, « Laurent Bigorgne, la dérive toxique d'une étoile de la macronie », Libération, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Macron : son mouvement, "En Marche!", intimement lié à l'Institut Montaigne », L'Express, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le groupe de Bilderberg : opacité, secrets et fantasmes », Challenges, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Emma Donada, « Qui sont les membres du CAP 22 et quel est leur parcours ? », Libération, (lire en ligne).
- « Ô surprise, l'institut Montaigne veut supprimer des vacances pour redresser l'économie après le Covid-19 », Marianne, .
- ↑ Thomas Leroy, « Suppression d'un jour férié ou d'une semaine de vacances... Le remède choc de l'Institut Montaigne », sur BFM TV, .
- ↑ « Démission de Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, soupçonné d’avoir drogué une collaboratrice », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ AFP, « Le directeur de l'Institut Montaigne démissionne », Les Échos, (consulté le ).
- ↑ « Marie-Pierre de Bailliencourt prend la tête de l'Institut Montaigne », Les Échos, (consulté le ).
- ↑ « L'ex-patron de l'Institut Montaigne, Laurent Bigorgne, devant le tribunal correctionnel pour avoir drogué l'une de ses collaboratrices », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Marie Terrier, « Sophie Conrad, qui accuse Laurent Bigorgne de l'avoir droguée, témoigne », sur news.yahoo.com, .
- ↑ Damien Delseny, Vincent Gautronneau et Jérémie Pham-Lê, « Le directeur de l’Institut Montaigne placé en garde à vue pour « administration de substance nuisible » », Le Parisien, (consulté le ).
- ↑ « Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne, en garde à vue, soupçonné d'avoir drogué une collaboratrice », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le directeur de l'Institut Montaigne en garde à vue, soupçonné d'avoir drogué une collaboratrice à son insu », Nice matin, (consulté le ).
- ↑ Vincent Gautronneau et Jérémie Pham-Lê, « Soupçonné d’avoir drogué une collaboratrice, l’influent Laurent Bigorgne sera jugé le 10 mars », Le Parisien, (consulté le ).
- ↑ « Procès de Laurent Bigorgne : "Je me suis dit "Ça y est, il a pas réussi à Marseille, il va la droguer et la violer" », Marianne, (consulté le ).
- ↑ « Laurent Bigorgne, l'ancien patron de l'Institut Montaigne, condamné à 12 mois de prison avec sursis pour avoir drogué une ex-collaboratrice », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
- Sarah Brethes, « Affaire Laurent Bigorgne : une enquête judiciaire expédiée »
, sur Mediapart, (consulté le ).
- ↑ Jérôme Lefilliâtre et Eve Szeftel, « Affaire Bigorgne : une enquête sous haute surveillance », Libération, .
- « Affaire Laurent Bigorgne : la victime dépose plainte contre le directeur de la police judiciaire et la procureure de Paris », sur France Info, (consulté le ).
- ↑ « Affaire Laurent Bigorgne, ancien directeur de l'Institut Montaigne : Sophie Conrad dépose plainte contre le directeur de la police judiciaire », La Dépêche du Midi, (consulté le ).
- ↑ « Affaire Laurent Bigorgne - Sophie Conrad : « La justice a minimisé ce que j'ai subi » », Elle, (consulté le ).
- ↑ Raphaëlle Bacqué, « Au tribunal, la « fête est finie » pour Laurent Bigorgne, accusé d'avoir drogué une collaboratrice », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « L'ex-patron de l'Institut Montaigne définitivement condamné pour avoir drogué à son insu une ex-collaboratrice », Le Nouvel Obs, .
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