Leïla Hagondokoff

| Naissance | |
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| Décès |
(à 86 ans) Neuilly-sur-Seine (France) |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
Laïkla Hagondokoff |
| Surnom |
La Circassienne |
| Nationalité | |
| Activités |
Mannequin, infirmière militaire |
| Père |
Konstantin Hagondokov (d) |
| Conjoint |
Ladislas du Luart (à partir de ) |
| Parentèle |
| Arme | |
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| Conflits | |
| Distinctions |

Leïla Hagondokoff ou Gali Hagondokoff (Le Gras du Luart, comtesse Ladislas), née le à Saint-Pétersbourg en Russie et morte le à Neuilly-sur-Seine en France, est une personnalité féminine devenue marraine de la Légion étrangère puis ayant reçu les décorations de commandeur de la Légion d'honneur et de grand officier de l'ordre national du Mérite.
Nom
Son nom de naissance en tcherkesse est Elmeskhan Hagundokue (kabarde : Эльмесхъан Хьэгъундокъуэ), russifié en Elmeskhan Hagundokova (russe : Эльмесхан Хагундокова). De la forme russe dérive la forme française Hagondokoff (transcription selon les usages de l’époque). Elle porte tour à tour les prénoms de Gali puis, après sa naturalisation, d'Irène et enfin de Leïla.
Biographie
Ses débuts d'infirmière
Elle est issue d'une famille princière tcherkesse de la Circassie ; son père, le général Konstantin Hagondokoff (ru) (1871-1958) est gouverneur militaire et commandant en chef des forces impériales en Extrême-Orient, ataman des cosaques du fleuve Amour. La jeune Gali est un temps élève du prestigieux institut Smolny, à Saint-Pétersbourg[1].
À Kislovodsk (où les surprend la Première Guerre mondiale), ville balnéaire du Caucase où les Hagondokoff se sont installés, Gali avec sa sœur aînée Nina s’emploient à l’hôpital où on leur confie de petites tâches, avant de servir comme infirmières[1]. Fin 1916, un jeune officier de la garde gravement blessé à la tête, Nicolas Petrovitch Bajenoff, vient se faire soigner. Puis Gali suit Nicolas à Petrograd où il reprend sa vie avec son régiment malgré l'invalidité consécutive à sa blessure[1].
En 1917 toujours, elle est infirmière bénévole à bord des trains militaires russes, puis à l’hôpital militaire de Circassie à 19 ans. Elle épouse le capitaine Nicolas Petrovitch Bajenoff, de la Garde impériale, grièvement blessé, le jour de la révolution d'Octobre[2], ce qui les oblige à fuir en Chine par le Transsibérien. Le ménage s’installe à Shanghai et a un fils. Elle fréquente les cercles français de la ville et s'engage comme mannequin chez Paris Couture qui présente les modèles de Chanel[3]. Elle divorce [4][réf. incomplète] en 1922 et quitte la Chine avec son fils.
Rejoignant les États-Unis puis la France et munie d'un passeport Nansen[5], elle devient mannequin chez Chanel et ouvre une parfumerie Paul Poiret à Deauville et à Paris[6],[7]. En 1934, se prétendant veuve et se convertissant au catholicisme, elle épouse le , à la mairie du 16e arrondissement de Paris, le jeune comte Ladislas du Luart[8], un passionné d'automobile qui l'encourage à passer son permis[7],[9]. Elle prend le prénom d'Irène, vite remplacé par celui de Leïla[3],[10].
Son innovation médicale dans les guerres
Pendant la guerre d'Espagne où elle soutient le camp nationaliste du général Franco[3],elle conçoit, crée, finance, mais surtout anime et dirige[11] une antenne chirurgicale mobile afin de porter assistance aux blessés. Cette antenne est constituée de médecins et chirurgiens militaires, aidés d’infirmières. Avec une quarantaine de véhicules aménagés qui permettent une grande rapidité de mise en place, elle participe à la bataille de France de mai à , la campagne de Tunisie de 1943, la campagne d’Italie[12] auprès du maréchal Juin, puis avec le maréchal de Lattre de Tassigny et la 1re Armée qu’elle suit jusqu’en Autriche. Ses installations de tentes-hôpital sont d'importants centres opératoires équipés qui permettent de réaliser des transfusions sanguines et de la chirurgie, d'administrer de la pénicilline et de procurer un accompagnement psychologique, soit un équipement de soins alors inégalé dans le monde qui aidera à sauver des milliers de vies[7].
Elle participe de la même manière aux conflits de la Seconde Guerre mondiale en première ligne, au plus près des blessés. Elle intervient notamment lors de l'épidémie de typhus en Algérie en prenant les chantiers de la voie ferrée Méditerranée-Niger.
En , près de Rabat au Maroc, la comtesse Ladislas du Luart accepte, à la demande du lieutenant-colonel Miquel, de devenir la marraine du 1er REC[13]. Ses actions militaires lui valent plusieurs citations et l’honorariat du 1er REC dans lequel elle est nommée légionnaire d’honneur de 1re classe, le , brigadier d’honneur, le et brigadier-chef d’honneur, le . Le soir de Noël 1943, elle offre aux légionnaires du 1er REC, rassemblés dans la clairière de la Mamora, leur premier cadeau de Noël.
Après 1945
Plus tard, elle crée un centre militaire de détente au camp de Chenoua pour les légionnaires et soldats du 2e corps d’armée qui séjournent à Alger[5]. Depuis le retour en France du 1er REC en 1967, elle honore de sa présence tous les grands moments de la vie du régiment : Noël, Saint-Georges, Camerone, passations de commandement[5]. Commandeur de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite, elle totalise six citations, dont trois à l’ordre de l’armée.
Elle meurt le à l’hôpital américain de Neuilly, âgée de 86 ans.
Honneurs

Les honneurs militaires sont rendus à sa dépouille, les obsèques se déroulent en l'église Saint-Louis-des-Invalides, puis elle est inhumée dans le carré de la Légion dans une chapelle du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois[2],[14]. Une stèle à sa mémoire est inaugurée le , au sein du quartier Labouche, à Orange[15].
Le , le colonel Yakovleff, chef de corps du 1er régiment étranger de cavalerie, inaugure au sein du quartier Labouche la nouvelle salle de souvenirs des brigadiers-chefs, dédiée à la comtesse du Luart.
Distinctions
Commandeur de la Légion d'honneur par décret du [16] ;
Officier de la Légion d'honneur par décret du [16] ;
Chevalier de la Légion d'honneur par décret du [16] ;
Grand officier de l'ordre national du Mérite par décret du [16].
Références
- Magazine Zélie Gali Hagondokoff
- Amicale des Anciens de la Légion Étrangère de Paris
- Virginie Bouyx, compte-rendu de La Circassienne, « Les milles [sic] vies de la comtesse du Luart », sur nonfiction.fr, .
- ↑ La Circassienne : En 1921, le couple, d'un commun accord, introduit une requête en divorce devant le juge Ivanoff chargé des affaires juridictionnelles pour la communauté russe de Shanghai.
- Ofpra Gali Hagondokoff
- ↑ Michèle Cointet, Les Françaises dans la guerre et l'Occupation, Fayard 2018 (sans pagination)
- Sophie Degano, Grâce à elles. 60 portraits de femmes qui ont inventé leur vie et changé le monde, Les Deux-Ponts, Éditions Ex-Voto,
- ↑ Ladislas du Luart (1900-1980), sénateur de la Sarthe de 1968 à 1977.
- ↑ ancien Sénateur de la Ve République
- ↑ acte de mariage établi à Paris 16e le (no 1253, vue 13/18)
- ↑ Jean Bernard, Jean Dausset, La Mosaïque humaine : Entretiens sur les révolutions de la médecine et le devenir de l'homme, ed. Calmann-Lévy, 2000, (ISBN 9782702148914)
- ↑ Jacques Duprey, L'Ambulance Hadfield spears ou la drôle d'équipe, p. 109, ed. Nouvelles Éditions Latines, 1953
- ↑ Emilio Condado Madera, Histoires de l'Histoire de la légion, p. 164, ed. Publibook, 2010 (ISBN 9782748359053)
- ↑ « La Légion étrangère célèbre sa princesse » Le Parisien, 25 janvier 2013
- ↑ Godmother of the first REC.
- Liste unique des décorés, « Hagondokoff Irène Leïla », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Guillemette de Sairigné, La Circassienne, Robert Laffont, 2011 (ISBN 2-221-11108-7) Lire (extraits partiels) en ligne
- Frédéric Pineau, Les femmes au service de la France, 1919-1940, vol. 1, p. 122-124, ed. Histoire et Collections, 2006, (ISBN 9782352500001)
- Volontaire Légion étrangère, les collections du citoyen / défense. Nane éditions
Liens externes
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