Le Caveau des Lorientais
| Surnom | Le Lorientais |
|---|---|
| Type | Club de jazz |
| Lieu |
Quartier de la Sorbonne et quartier latin Rive gauche, de Paris ( |
| Coordonnées | 48° 51′ 07″ nord, 2° 20′ 34″ est |
| Inauguration | 1946 |
| Fermeture | 1948 |
| Nb. de salles | 1 |
| Direction | M. et Mme Pérodo |
Le Caveau des Lorientais ou le Lorientais est un ancien club de jazz et de danse parisien du quartier de la Sorbonne et du quartier latin Rive gauche, voisin de Saint-Germain-des-Prés, installé dans la cave de l'« Hôtel des Carmes » du 5 rue des Carmes[1] dans le 5e arrondissement de Paris, et ouvert du à 1948.
Histoire
Ce club de jazz est fondé par des Bretons hôteliers, le couple Pérodo, dans le caveau de leur « Hôtel des Carmes », à deux pas du Panthéon de Paris. Il est nommé du nom des habitants de Lorient dans le Morbihan en Bretagne, ville à laquelle tous les bénéfices du club étaient reversés, la ville ayant été entièrement détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale[2]. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'ouverture du club avait été accordée.
Les belles années
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Cette « cave à zazous » d'après-guerre est fréquentée par la jeunesse parisienne de l'époque et des célébrités parisiennes du monde de la littérature et des arts, dont Raymond Queneau, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Marie Olivier, Jean-Bertrand Pontalis, Juliette Gréco[3], le musicien américain Tyree Glenn[4] « jamais il n'y eut une cave où les tarifs soient plus réduits[5] »,[6].
On joue du jazz américain et du jazz français, et danse le swing, le hot jazz, le Lindy hop ou le be-bop en vogue de l'époque, avec en particulier Claude Luter et son orchestre (ses Lorientais et son batteur Moustache[5]) souvent accompagnés par des bœufs de Boris Vian, qui trouvait l'ambiance « très très swing ». Dans son Manuel de Saint-Germain-des-Prés de 1951, Boris Vian décrit ainsi le personnage sous forme de fiche d'identité « Claude, Gérald, Georges, Luter, 26 ans, né à Paris, 1,84 m, châtain, 80 kg, pratique la clarinette depuis 1941 environ. Le plus connu en Europe des rénovateurs du style Nouvelle-Orléans. (…) C'est lui qui le premier lança une cave, Le Caveau des Lorientais... ».

« C'est sans doute aux Lorientais que commença à se préciser le style vestimentaire dit Tabou. Luter et ses copains, régulièrement fauchés, s'habillaient volontiers de leurs propres mains et il en résultait des accoutrements surprenants mais non dénués d'intérêt, allant de la combinaison laponne aux carreaux les plus abrutissants[7]. »
Fermeture
Le Caveau des Lorientais avait autorisation d'ouvrir ses portes de vingt heures à minuit. Bientôt des adultes (parents de zazous) firent valoir que la sortie de secours était trop étroite. Il manquait 5 cm par rapport aux normes de sécurité exigées de l'époque[8]. Les propriétaires du Caveau reçurent dès lors l'ordre de fermer les portes de l'établissement en 1948, au moment de l'ouverture d'une autre cave célèbre du même quartier, Le Tabou, vers qui la clientèle se retrouva[2]. À la fin des années 1970 la buanderie en sous-sol de l'hôtel montrait encore les fresques qui décoraient les murs du Caveau. Claude Luter a conservé un temps l'orchestre des lieux sous le nom de « Claude Luter et ses Lorientais », avec qui il a enregistré ses premiers disques à succès de jazz Nouvelle-Orléans[9] avant de poursuivre sa carrière avec son complice américain Sidney Bechet.
Au cinéma
- 1949 : Rendez-vous de juillet, de Jacques Becker. Le Caveau des Lorientais, fermé depuis deux ans, est reconstitué en studio avec son ambiance de l'époque, avec Claude Luter et ses Lorientais, pour le tournage de quelques scènes du film[10],[11].
Bibliographie
- Roland Brasseur, Je me souviens de "Je me souviens", Le Castor Astral, , 297 p. (ISBN 978-2-85920-342-9, lire en ligne)
- Philip Freriks, Agnès Lechat et Kim Andringa (trad. du néerlandais de Belgique), Le méridien de Paris : une randonnée à travers l'histoire, Les Ulis, Edp sciences, , 280 p. (ISBN 978-2-7598-0078-0)
- Boris Vian (préf. Noël Arnaud), Manuel de Saint Germain des Prés, Paris, éditions du Chêne, , 302 p.
Notes et références
- ↑ Brasseur 1998, p. 235
- Freriks, Lechat et Andringa 2009, p. 62
- ↑ « Juliette Greco parle des caves le Lorientais et surtout le Tabou », sur www.ina.fr
- ↑ « À Paris, le jazz illumine la Libération », Le Figaro, 9-10 mai 2020, p. 29 (lire en ligne).
- Vian 1974, p. 218
- ↑ « L’incroyable destin du Caveau des Lorientais », sur www.ouest-france.fr.
- ↑ Vian 1974, p. 219
- ↑ Google Livre "Le Méridien de Paris une randonnée à travers l'histoire éditions l'observatoire de Patrs", page 62 de Philip Freriks)
- ↑ « Claude Luter Et Ses Lorientais », sur www.discogs.com.
- ↑ [vidéo] « Rendez-vous de juillet (1949) », sur YouTube
- ↑ « Claude Luter et Daniel Gelin à propos du film Rendez-vous de Juillet », sur www.ina.fr
Voir aussi
Liens externes
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