Le Cercle (think tank)
| Fondation |
|---|
| Type | |
|---|---|
| Pays |
| Fondateurs |
Antoine Pinay, Jean Violet (d) |
|---|---|
| Président |
Le Cercle est un think tank de politique étrangère spécialisé dans la sécurité internationale.
Mis en place après la Seconde Guerre mondiale, le groupe compte des membres provenant de 25 pays et se réunit au moins deux fois par an, à Washington (États-Unis).
Histoire
L’histoire du Cercle est liée à la carrière transnationale de l’avocat d'affaires français Jean Violet (1917-2000). En 1952, Antoine Pinay, alors président du Conseil français, le recrute comme conseiller et collaborateur informel. Il sert d’intermédiaire entre Pinay et plusieurs hommes politiques allemands comme le chancelier Konrad Adenauer et le ministre Franz Josef Strauß. À partir de 1955, Jean Violet est également un correspondant bénévole du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE)[1].
Avec l'appui de Pinay et de Franz Josef Strauß, Jean Violet transforme dans les années 1960 et 1970 son réseau de contacts internationaux en un forum « privé » et discret de discussions et de négociations diplomatiques, réunissant des hommes politiques conservateurs issus de pays occidentaux. Deux ou trois conférences discrètes sinon secrètes sont organisées dans des endroits différents chaque année, en vue d’un « échange des avis et des informations sur la situation mondiale » et de la création de « relations interpersonnelles d’importance politique »[1].
À partir de la fin des années 1960, ce cercle informel accueille des membres américains et britanniques de plus en plus nombreux, à commencer par l'influent banquier David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank. Dans la seconde moitié des années 1970, le Cercle devient le « pivot d’une diplomatie parallèle visant à contrer la politique des gouvernements occidentaux jugée trop conciliante vis-à-vis du communisme »[1].
Le Cercle a fonctionné dans un anonymat presque complet depuis sa création avec seulement une poignée d'articles ayant été écrits à son sujet. Il a été mentionné dans les années 1980 par Der Spiegel en Allemagne à la suite de la controverse entourant Franz Josef Strauß, l'un des membres réguliers du Cercle[2]. Jean Violet est quant à lui mêlé à l’« affaire des Avions renifleurs », révélée en 1983. Le journaliste français Pierre Péan évoque Violet et le Cercle dans V : enquête sur l'affaire des avions renifleurs et ses ramifications proches ou lointaines (1984). Cela provoque le retrait de nombreux membres européens[1].
Dans les années 1990, le Cercle a reçu une certaine attention, après qu'un scandale impliquant Jonathan Aitken, à l'époque président du Cercle et membre du parlement du Royaume-Uni, ait éclaté[3]. Les membres qui ont été contactées par les journaux ont refusé de répondre à toutes les questions sur le groupe.
Le Cercle a survécu à la mort de son fondateur et principal animateur, Jean Violet, en décembre 2000. Il est devenu un think-tank de hauts fonctionnaires gouvernementaux, de conseillers politiques et d’anciens officiers de renseignement britanniques et américains[1].
Liste des présidents
Le poste de président du Cercle a probablement été successivement occupé par[4] :
| Date | Nom | |
|---|---|---|
| 1 | 1953 - 1971 | |
| 2 | 1971 - 1980 | |
| 3 | 1980 - 1985 | |
| 4 | 1985 - 1993 | |
| 5 | 1993 - 1996 | |
| 6 | 1996 - 2008 | |
| 7 | 2008 - 2013 | |
| 8 | 2013 - 2014 | |
| 9 | 2015 - 2018 |
Financement
En 1971, Shell a contribué à hauteur de £ 30 000 (38 000 €). La Fondation Ford a également fait don de £ 20 000 (26 000 €) sur trois ans[réf. nécessaire].
Littérature
- Adrian Hänni A Global Crusade against Communism. The Cercle in the Second Cold War dans Transnational Dimensions of Cold War Anticommunism. Actions, Networks, Transfers. Eds. Giles Scott-Smith (en), Luc van Dongen, Stéphanie Roulin. Palgrave Macmillan Transnational History Series, New York, 2014, p. 161-174
- Johannes Großmann, Die Internationale der Konservativen. Transnationale Elitenzirkel und private Außenpolitik in Westeuropa seit 1945, Munich, 2014
- Johannes Großmann, L’« Internationale des Conservateurs ». Cercles d’élites transnationaux, diplomatie informelle et biographies croisées en Europe occidentale depuis 1945, Histoire, économie & société, 2016/2, 35e année (lire en ligne)
Liens externes
- Transcript of presentation to Le Cercle, par Turki bin Faisal Al Saud (www.globalsecurity.org)
- Aitken dropped by the Right's secret club, par Chris Blackhurst (en) (www.independent.co.uk)
- First Cercle documents ever: Photocopies of membership lists, par Joël van der Reijden (ISGP, )
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Le Cercle » (voir la liste des auteurs).
- Johannes Grossmann, « L’"Internationale des Conservateurs". Cercles d’élites transnationaux, diplomatie informelle et biographies croisées en Europe occidentale depuis 1945 », dans Histoire, économie et société, 2016/2 (lire en ligne).
- ↑ Der Spiegel: Victory for Strauß. 37, 1982 (PDF)
- ↑ « The Arabian Connection: The UK Arms Trade to Saudi Arabia »
- ↑ « Le Cercle and the struggle for the European continent: Private bridge between Opus Dei and Anglo-American intelligence » sur isgp-studies.com
- Portail des relations internationales