Le Chevalier et la Mort

Le Chevalier et la Mort est un groupe sculpté en albâtre datant environ du XVIe siècle. Anciennement conservé dans la collégiale Sainte-Waudru à Mons, il constitue un monument funéraire inspiré du thème médiéval des Danses macabres. L'œuvre fait partie de la collection Jean Lescarts de l’Artothèque de la Ville sous la référence MAR-BVM-7-Sp.23[1],[2].
La sculpture représente un chevalier en armure confronté à la Mort figurée sous les traits d'un squelette. Cette iconographie reprend les codes des Danses macabres, un motif artistique et littéraire largement diffusé à la fin du Moyen Âge, dans lequel des personnages de toutes conditions sociales sont entraînés par la Mort. Le thème souligne l'égalité de tous devant le destin et rappelle que la mort n'épargne ni les puissants ni les humbles.
Le groupe évoque également la tradition du Dit des trois morts et des trois vifs, considéré comme l'un des précurseurs des Danses macabres. Ce récit met déjà en scène la rencontre entre des vivants issus de différents milieux sociaux et des figures de la Mort chargées de rappeler la fragilité de l'existence humaine.
Un voyageur ayant visité Mons en 1791 mentionne l'œuvre dans son récit et décrit « une figure de la mort saisissant au collet un homme casqué et armé de toutes pièces ». Selon ce témoignage, le groupe sculpté surmontait alors un tombeau situé au fond d'un bas-côté de la collégiale.
Une inscription figurait au pied du monument : « Nemini parcoCum fortis armatus custodierit atrium suum, in pace sunt omnia quae possidet ; si autem fortior eo supervenerit, universa ejus arma auferet in quibus confidebat, et spolia ejus distribuet ». L'expression latine Nemini parco (« Je n’épargne personne ») renvoie directement à la Mort. Le reste du texte est emprunté à l’Évangile selon saint Luc (XI, 21-23) et évoque la défaite du puissant face à une force supérieure.
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