Le Coucher de soleil écarlate
Le Coucher de soleil écarlate : une ville sur un fleuve

| Artiste | |
|---|---|
| Date |
1830 - 1840 |
| Type | |
| Technique | |
| Dimensions (H × L) |
13,4 × 18,9 cm |
| Format |
Raisin |
| No d’inventaire |
D24666 |
| Localisation |
Le Coucher de soleil écarlate ou Le Coucher de soleil écarlate : une ville sur un fleuve, en anglais The Scarlet Sunset : A town on A River, est une aquarelle du peintre britannique J. M. W. Turner, réalisée entre 1830 et 1840.
Le soleil couchant représenté sur cette peinture est de couleur dorée et irradie le ciel d'un rouge écarlate, en se reflétant dans un fleuve, avec au loin la silhouette grisée d'une ville avec ses bâtiments et son pont. L'identification de la ville et du fleuve sont encore débattus.
Cette peinture fait partie des collections de la National Gallery of British Art, qui devient la Tate Gallery puis la Tate Britain, à Londres.
Description
Cette aquarelle représente le soleil couchant dont la lumière illumine le ciel d'un rouge éclatant mêlé d'orange et de jaune, se reflétant sur le fleuve[1]. Le reflet du soleil doré dans l'eau est audacieusement figuré par une ondulation d'un seul coup de pinceau[1].
Une ville avec ses monuments et son large pont se profile au loin, de façon floue[1]. La rive au premier plan à gauche est représentée avec une charrette, deux chevaux et des personnages aux ombres allongées se reflétant aussi dans l'eau[1].
Technique
Cette peinture est une aquarelle et gouache, sur papier bleu[2].
Turner utilise souvent le papier bleu, il utilise ici un papier vélin bleu pâle contribuant à ce paysage avec une palette réduite de couleurs, et des contrastes entre les couleurs primaires[3].
Pour le pont, la ville et ses bâtiments, Turner utilise du blanc de plomb et un peu d'outremer naturel. Il réalise le soleil couchant en rouge vermillon et jaune, qui ne se chevauchent que dans le reflet du fleuve[3]. Les détails de la rive du côté gauche sont en ocre brun chaud appliqué sur le jaune, puis sur des lavis du même rouge vermillon[3]. Le ciel est peint de façon assez brute mais avec des transitions tant dans le ciel que dans son reflet[3].
Jugements
L'écrivain britannique et critique d'art John Ruskin indique que « ce dernier dessin appartient sans conteste au dernier groupe, qui est presque exclusivement formé de dessins dans lesquels l'élément principal est la couleur, à la fois intense et éclatante »[4],[2].
Ian Warrell, après avoir passé en revue les diverses localisations possibles, note que « quel que soit le sujet, le merveilleux coucher de soleil écarlate, avec ses ondulations de lumière reflétée sur l'eau en contrebas du pont, constitue véritablement le thème et la raison d'être de son exécution »[1].
Influence
Cette œuvre est souvent rapprochée de l'œuvre de Claude Monet Impression, soleil levant (1872-1873) dont la composition est similaire et qui a donné son nom au mouvement français de l'Impressionnisme. Mais Katharine Lochnan estime peu probable que Monet ait vu cette aquarelle de Turner[2]. Hayley Flynn est du même avis, bien que Monet ait vu quelques tableaux de Turner en 1870-1871, mais sûrement pas alors Le Coucher de soleil écarlate qui n'est publié qu'en 1891 dans le catalogue de John Ruskin[1].
Localisation du paysage
Diverses localisations ont été proposées comme cadre pour ce paysage. La plupart des spécialistes pensent que Turner a réalisé cette peinture au cours d'un de ses voyages en France. La première identification proposée par John Ruskin a pendant longtemps été Tours sur la Loire, mais cette localisation semble plus poétique que réelle[2]. Plus récemment, le Rhin est proposé ; Ian Warrell suggère par ailleurs que Turner a pu peindre en toute liberté à partir d'esquisses faites à Prague en 1835[2].
Historique et collections
Cette peinture fait partie du legs Turner accepté par l'État britannique en 1856. Elle est mentionnée par John Ruskin en 1891 dans son ctalogue du legs Turner. Elle fait partie dès lors des collections de la National Gallery of British Art à Londres, qui devient la Tate Gallery puis la Tate Britain.
Notes et références
- (en) Hayley Flynn, « Joseph Mallord William Turner, The Scarlet Sunset: A ?French Town on a River, c.1830 », sur tate.org.uk, Tate Research Publication, .
- Lochnan 2004, p. 92.
- (en) Joyce Townsend, « Joseph Mallord William Turner, The Scarlet Sunset: A ?French Town on a River, c.1830 - Technique and condition », sur tate.org.uk, Tate Britain, .
- ↑ (en) John Ruskin, Works, t. XIII, p. 385.
Bibliographie
- Katharine Lochnan (dir.), « Le Coucher de soleil écarlate : une ville sur un fleuve », dans Turner, Whistler, Monet, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, (ISBN 2-7118-4727-6), p. 92.
- (en) Alison Smith (dir.), « The Scarlet Sunset », dans Watercolour, Londres, Tate Britain, , p. 27, 199.
- (en) « Sunset over a French City », dans Denys Sutton, British Painters in France: Les Peintres anglais en France, Bristol, Royal West of England Academy, , no 150.
- (en) « French Town with River and Bridge: The Scarlet Sunset », dans Kenneth Clark, Michel Florisoone, Geoffrey Grigson et al., The Romantic Movement: Fifth Exhibition to Celebrate the Tenth Anniversary of the Council of Europe, Londres, Tate Gallery and Arts Council Gallery, , p. 266 no 449.
- (en) « Sunset: Rouen (?) », dans David Loshak, Andrew Wilton, J.M.W. Turner 1775-1851: Akvareller og Tegninger fra British Museum, Copenhague, Statens Museum for Kunst, , p. 57 no 55.
- Paul-Jacques Leveque-Mingam, Turner et la Loire, Chambray-lès-Tours, , p. 69.
Liens externes
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