Le Coup du parapluie

Le Coup du parapluie
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Pierre Richard reproduisant ses maladresses au parapluie lors d'un festival de cinéma en Ukraine, en 2010.
Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Acteurs principaux Pierre Richard
Gert Fröbe
Valérie Mairesse
Sociétés de production Gaumont International
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 90 minutes
Sortie 1980

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Le Coup du parapluie est un film comique français réalisé par Gérard Oury et sorti en 1980. Il s'agit de sa seconde collaboration avec Pierre Richard après La Carapate.

Le film met en scène Grégoire Lecomte, comédien sans envergure - ses contrats étant le plus souvent des spots publicitaires tels que « Ragoutoutou » - et coureur de jupons, qui se rend à un rendez-vous pour obtenir un rôle de tueur dans un film comique. À la suite d'un quiproquo, il se retrouve engagé par de véritables mafiosi comme tueur à gages, tout en croyant que le « contrat » en question est celui de son rôle dans le film. Il part ainsi pour Saint-Tropez, où il doit lors d'une soirée éliminer un trafiquant d'armes en usant d'un parapluie dont la pointe contient du cyanure. Mais Grégoire ignore que Moskovitz, le vrai tueur, est à ses trousses.

Synopsis

Dans un grand magasin du boulevard Haussmann, le tueur à gages Moskovitz abat un homme dans un photomaton. Éternel maladroit et coureur de jupons, Grégoire Lecomte n'a que quelques figurations et publicités à son actif. Il se rend à une audition, accompagné de son ami Frédo, dans l'espoir de décrocher le rôle d'un tueur. Le hasard veut que Moskovitz se rende dans le même immeuble pour rencontrer Don Barberini et son « filleul » Lorenzo, tous deux mafiosi. Le prenant pour un acteur concurrent, Frédo s’arrange pour le souiller de peinture afin de se débarrasser de lui. Se trompant de porte, Grégoire se rend chez Don Barberini, qui lui expose les termes d’un « contrat » pour le compte de politiciens africains, à savoir d’éliminer Otto Krampe, trafiquant d'armes surnommé « La Baleine », qui fête son anniversaire à Saint-Tropez.

Déjà pisté en permanence par les contractuelles – collègues de sa jalouse compagne, Josyane – Grégoire est désormais suivi par la Direction de la Surveillance du territoire (DST). En mission pour ce service secret, Sylvette, dite « Bunny », tombe délibérément dans les bras de Grégoire au café-théâtre où il joue un petit rôle. Elle s’arrange pour le séduire et l’accompagner à Saint-Tropez. Croyant toujours partir pour un film, l'acteur passe chez le tailleur Salvatore Bozzoni afin de récupérer l’accessoire demandé par Don Barberini, un parapluie, qui est en réalité muni d'une aiguille empoisonnée. Pratiquant un double-jeu, Bozzoni prévient Krampe de l’arrivée d’un tueur. Quant au véritable tueur, Moskovitz, il se met également sur la piste de Grégoire.

Après avoir salué son épouse Juliette, fleuriste, Grégoire prend l'avion avec Bunny. Sans s'en rendre compte, à bord de l’avion, il élimine d'un coup de son parapluie Stanislas, dit « la folle », envoyé par Krampe pour l'éliminer. Accueillis à l’aéroport de Nice-Côte d'Azur par Frédo, son épouse, Mireille, et leurs cinq enfants, ils provoquent sans le savoir l'accident fatal de l'homme de main, « le docteur », envoyé par Krampe pour les tuer. Devenue incontrôlable, la voiture finit ses cascades sur la plage.

Grégoire et Bunny arrivent sains et saufs au Byblos, hôtel où Krampe donne une réception pour son anniversaire. Cette fête somptueuse sur le thème de Gatsby le Magnifique a attiré les caméras, renforçant la conviction de l'acteur de se trouver sur les lieux d'un tournage. Croyant avoir affaire à un partenaire, Grégoire joue à Guillaume Tell avec Radj Kahn, le garde du corps hindou de Krampe. Découvrant la présence de Josyane dans sa chambre d'hôtel, il doit user de multiples stratagèmes pour empêcher que Bunny et elle ne se rencontrent.

Krampe cherche à proposer un marché à Grégoire, et envoie pendant ce temps Radj Kahn récupérer le parapluie dans sa chambre. Mais Moskovitz l’a devancé et tue Radj Kahn. Cherchant à échapper à ses deux maîtresses, Grégoire remonte vers sa chambre et tombe sur Moskovitz, qu’il affronte pour récupérer son précieux accessoire. Projeté dans la piscine, il amuse de nouveau la galerie, puis est rejoint par Krampe dans l'eau. Moskovitz lance ensuite le parapluie et réussit à tuer Krampe. Bunny abat ensuite Moskovitz, puis avoue tout à son bien-aimé Grégoire.

Un an plus tard, le festival de Cannes célèbre le succès de l'acteur (désormais marié à Sylvette), qui a écrit, réalisé et interprété cette histoire vécue, grâce au soutien financier de Don Barberini.

Fiche technique

Distribution

Autour du film

  • L'histoire est inspirée d'un fait réel : en 1978 eurent lieu deux tentatives d'assassinat sur les dissidents bulgares Vladimir Kostov et Guéorgui Markov, respectivement à Paris et à Londres à l'aide d'un parapluie empoisonné. Des deux, seul Vladimir Kostov survécut. De ce fait, Gérard Oury, qui avait initialement baptisé le scénario Le Coup du parapluie bulgare, fût contraint de retirer le dernier mot du titre, sous l'impulsion du producteur Alain Poiré. Cet événement est toutefois rappelé par Don Barberini qui parle du parapluie comme étant d'origine « bulgare ».
  • Ayant su que Pierre Richard et Valérie Mairesse avaient déjà joué ensemble dans C'est pas moi, c'est lui, Gérard Oury a exigé que l'actrice se teigne les cheveux en blond afin d'éviter la confusion entre les rôles. Peu après la fin du tournage, l'actrice, trouvant que ses cheveux ont été massacrés par la teinture, a décidé de les faire couper.
  • Lors de la scène au théâtre, après la chute de Pierre Richard au pied de l'échelle, on peut voir au mur une affiche de la pièce Amour, Coquillages et Crustacés écrite par la troupe du Splendid et dans laquelle joue Gérard Jugnot.
  • Le film est truffé de clins d'œil :
    • la musique du film Le Retour du grand blond, composée par Vladimir Cosma, où François Perrin (Pierre Richard) joue le rôle d'un pseudo espion, est reprise sur la musique du répondeur de Grégoire Lecomte (Pierre Richard) (air de James Bond) mais également la musique samba quand Josiane prépare un dîner à Grégoire.
    • « La Folle », homme de main de « La Baleine », a pour nom réel Stanislas Lefort, le même que Louis de Funès dans La Grande Vadrouille, autre film de Gérard Oury.
    • lors de la scène sur le parking de l'aéroport, quand le docteur monte en voiture, on aperçoit derrière lui un panneau blanc publicitaire sur une camionnette grise, avec écrit en grand, le nom du réalisateur, le nom du film et le nom de l'acteur principal.
    • on voit des extraits du film Le Capitan d'André Hunebelle avec Jean Marais
    • A la fin du film, en compagnie de Grégoire, Don Barberini dit qu'il lui a fait une "proposition qu'il ne pouvait pas refuser", ce qui fait allusion au film Le parrain de Francis F. Coppola.
  • À la période de tournage, l'hôtel Byblos n'est pas disponible à cause d'un incendie déclenché dans sa boîte de nuit, nécessitant des travaux[2]. Malgré un lourd devis, l'hôtel est reconstitué sur le plus grand plateau des studios d'Épinay par le décorateur Jean André[2]. Bien que coûteux, le procédé économise en contrepartie à la Gaumont des semaines de défraiements en restant à Paris plutôt que déplacer toute une équipe à Saint-Tropez[2].
  • Gert Fröbe, parlant couramment allemand, anglais et français, n'est pas doublé ; c'est sa véritable voix que l'on entend. À l'inverse, Gordon Mitchell s'est fait doubler lors de son unique réplique à l'aéroport (« À quelle heure le prochain vol ? »). En revanche, il prononce lui-même le chiffre 10 lorsque Pierre Richard lui demande son étage dans l'ascenseur.
  • Au début du film, sur une bande enregistrée, on entend Grégoire Lecomte (Pierre Richard) parler du Théâtre Expérimental de Maubeuge.
  • Le film est dédié à la mère du réalisateur, Marcelle Oury, morte le , un soir de tournage[3].

Notes et références

  1. « Chronique du Festival 1980 », sur fresques.ina.fr, journal de 20 heures d'Antenne 2, Institut national de l'audiovisuel (consulté le ).
  2. Oury 1988, p. 284.
  3. Thompson et Lavoignat 2019, p. 149.

Voir aussi

Bibliographie

Documentaire

  • Saint-Tropez sur Seine, documentaire sur la création du film, réalisé par Jérémie Imbert et Yann Marchet, Gaumont Vidéo, 25 minutes, 2005, supplément des éditions vidéo.
    Intervenants : Gérard Oury (images d'archives), Pierre Richard, Valérie Mairesse, Danièle Thompson, Yvon Crenn.

Liens externes

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