Le Démon au féminin
| Titre original | Le Démon au féminin |
|---|---|
| Réalisation | Hafsa Zinaï Koudil |
| Scénario | Hafsa Zinaï Koudil |
| Acteurs principaux |
Doudja Achachi Saïd Amrane Ahmed Benaïssa Fatiha Berber Djamila Haddadi |
| Sociétés de production | ENPA (Établissement National de Production Audiovisuelle) |
| Pays de production |
|
| Genre | Film dramatique |
| Sortie | 1993 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le Démon au féminin est un film algérien écrit et réalisé par Hafsa Zinaï Koudil, généralement daté de 1993. Le film traite d'une histoire vraie et aborde la violence faite aux femmes et les pratiques d'« exorcisme » commises par des groupes fondamentalistes dans l'Algérie des années 1990[1].
Le film reçoit le prix du public lors du festival international du film d'Amiens en 1994.
Synopsis
En Algérie, en pleine montée de l'intégrisme au début des années 1990, Ali, un père de famille, se laisse convaincre que sa femme est possédée par un « démon ». Il accepte alors des pratiques d'exorcisme violentes qui plongent son épouse dans un cauchemar. Le film suit le calvaire de la femme et le combat silencieux des Algériennes confrontées à la violence religieuse et sociale[2].
Fiche technique
- Réalisation : Hafsa Zinaï Koudil[3]
- Scénario : Hafsa Zinaï Koudil.
- Production : ENPA[4].
- Pays d'origine :
Algérie - Genre : Film dramatique
- Année : 1993
Distribution
- Doudja Achachi[3]
- Saïd Amrane[5]
- Ahmed Benaïssa[6]
- Fatiha Berber[7]
- Djamila Haddadi[8]
Production et contexte
Le tournage a eu lieu entre et , principalement en 16 mm, destiné initialement à la télévision algérienne (RTA)[9]. Le projet a bénéficié d’une subvention publique, soutenue par des intellectuels tels que Tahar Djaout, mais sa diffusion fut ensuite bloquée en Algérie en raison du climat politique et des pressions exercées[10].
Diffusion et controverses
À la suite du montage final, les autorités ont refusé la diffusion nationale. Hafsa Zinaï Koudil a reçu des menaces et a dû s’exiler temporairement[11]. Cette censure s’explique par le caractère sensible du sujet : l’exorcisme violent d’une femme ayant refusé le port du voile, inspiré d’un fait réel en 1991 à Alger[12],[13] ses agresseurs ont reçu une condamnation symbolique[14]. L’absence de sortie vidéo commerciale stable rend les copies du film rares : il circule principalement via des projections universitaires et des festivals[15].
Festivals et prix
Privé de sortie en Algérie, le film a circulé à l’étranger. Il a été projeté au festival international de films de femmes de Créteil et au festival international du film d'Amiens où il a remporté le Grand Prix du public[16],[13],[17]. Ces présentations ont permis au film de gagner une reconnaissance critique internationale malgré l’absence de distribution commerciale[18].
Analyse critique
Les chercheurs en cinéma classent l’œuvre dans le « cinéma de résistance » algérien. Elle est citée comme l’une des premières fictions portées par une réalisatrice à dénoncer directement l’intégrisme et la violence faite aux femmes durant la décennie noire[19]. Le film a été largement utilisé dans les études universitaires comme témoignage de la diabolisation des femmes et de la violence symbolique exercée au nom de la religion[20].
Références
- ↑ « Le Démon Au Féminin (fiche) », Africultures (consulté le )
- ↑ « Le Démon Au Féminin (fiche) », Africine (consulté le )
- « Le démon au féminin (IMDB) », IMDb (consulté le )
- ↑ « Histoire du cinéma algérien 1960-2010 », Izzoran (consulté le )
- ↑ « Fiche film (Africultures) », Africultures (consulté le )
- ↑ « Ahmed Benaïssa — fiche », Africine (consulté le )
- ↑ « Fatiha Berber — IMDB », IMDb (consulté le )
- ↑ « Entretien avec Hafsa Zinaï Koudil », Africine (consulté le )
- ↑ « Dictionary of African Filmmakers — Roy Armes », Indiana University Press (consulté le )
- ↑ « Article sur Hafsa Zinaï Koudil et son film », Le Monde (consulté le )
- ↑ Reda Sadki, « Hafsa Zinaï Koudil. « Je suis entrée dans le cinéma par bravade ». « Démon au féminin » », sur Libération, (consulté le ).
- ↑ « Clio — Femmes et violences en Algérie », Cairn (consulté le )
- « Une cinéaste algérienne qui ne se voile pas la face », sur L'Humanité, (consulté le ).
- ↑ Catherine Bedarida, « Hafsa Zinai Koudil, cinéaste diabolique », sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Entretien avec Hafsa Zinaï Koudil », Africultures (consulté le )
- ↑ « Le Démon au féminin — fiche Africultures », Africultures (consulté le )
- ↑ « Cinéma La voix de l'Algérie au festival d'Amiens », sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Le Démon au féminin — fiche Africine », Africine (consulté le )
- ↑ « Cinéma de résistance : les femmes algériennes disent non », Persée (consulté le )
- ↑ « The politics of language in Algerian and Moroccan films », King's College London (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- « Le Démon au féminin » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database
- Le Démon Au Féminin sur Africultures
- Le Démon Au Féminin sur Africine
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