Le Fantôme du vicaire

Le Fantôme du vicaire
Auteur Éric Fouassier
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman policier
Version originale
Langue Français
Version française
Éditeur Albin Michel
Date de parution 2022
Nombre de pages 384
Chronologie
Série Le Bureau des affaires occultes

Le Fantôme du vicaire (ou Le Bureau des affaires occultes : Le Fantôme du vicaire) est un roman policier français d'Éric Fouassier, paru en 2022. C'est le second roman de la saga du Bureau des affaires occultes.

Se déroulant en , quelques-mois après le premier roman, il raconte l'enquête de Valentin Verne, inspecteur de 24 ans et chef du service de la Brigade de la Sûreté Le Bureau des affaires occultes, sur un prétendu médium tandis que son ennemi juré, le Vicaire, est de retour à Paris[1].

Résumé

Deux proxénètes, la Tocasse et Bordelais, sont assassinés par le Vicaire en étant enfermé dans un enclos à ours. Or, ces deux proxénètes étaient des informateurs de Valentin Verne, chargé de retrouver son ancien tortionnaire.

Au Bureau des affaires occultes, nouvellement mis sur pied à la rue de Jérusalem, la situation du tout jeune service est compliquée : la situation politique instable de sous Louis-Philippe Ier oblige les présidents du Conseil à se succéder, risquant au passage d'y laisser le service de Valentin. Le service ne comporte alors que deux agents : Valentin et un jeune inspecteur de tout juste 20 ans, Isidore Lebrac. En l'absence de signe de la part de ses informateurs, Valentin accepte de se pencher sur une affaire plutôt singulière : une jeune femme de 28 ans, Mélanie d'Orval, épouse de l'ancien magnat désormais reclu Ferdinand d'Orval, soupçonne qu'un prétendu médium prénommé Paul Oblanoff cherche à attirer Ferdinand avec des promesses de résurrection de sa défunte fille, Blanche, pour possiblement le dérober. Pour les deux agents du Bureau des affaires occultes, c'est une aubaine : Ferdinand d'Orval étant un proche ami de l'actuel président du Conseil, Casimir Périer, démasquer un escroc s'étant immiscé auprès de l'ancien banquier serait un moyen d'éviter que le jeune service ne disparaisse en raison du tumulte politique. Cependant, pour Valentin, la joie n'est que de courtes durées puisqu'il apprend que les corps mutilés de la Tocasse et Bordelais ont été retrouvés dans l'enclos à ours où ils ont été piégés, sachant pertinemment que le Vicaire en est l'auteur. Sachant cela, Valentin se montre particulièrement hostile, au soir, lorsque son amie, Aglaé Marceau, lui présente Claire Démar, une femme proche du courant saint-simonien ; il finit par lui annoncer la nouvelle après qu'il eut rabroué Démar.

L'enquête d'Orval prend de plus en plus d'importance en raison de son caractère bien mystérieux : tables tournantes, apparitions de visages spectrales sur un plat. Valentin, perspicace, réussit facilement à comprendre les tours de passe-passe d'Oblanoff. En apprenant que la Tocasse travaillait comme garde dans le bordel de Joachim Ferrand, dit « Tata Belle-Cuisse », Valentin tente de s'y rendre mais se retrouve confronté à son ancien supérieur, le commissaire Grondin, fonctionnaire corrompu notoire qui protège Ferrand. Faisant fi des menaces proférés par Grondin à l'encontre d'Aglaé, Valentin fait une incursion violente dans le bordel de Ferrand, brutalisant les hommes du proxénète qui se mette sur son chemin. Au terme d'un raid particulièrement brutal, Valentin découvre dans la chambre de la Tocasse une lettre du Vicaire qui lui est adressée. Furieux des agissements de Valentin, Grondin met à exécution ses menaces et fait arrêter Aglaé et son amie Marie-Reine Guindorf par ses hommes pour qu'elles soit enfermées dans les prisons dédiées aux prostituées. C'est sans compter Valentin qui, furieux, fait appel à son proche ami Eugène-François Vidocq et à ses complices : ces derniers font chanter le commissaire ripoux pour qu'il cesse sa vendetta contre Valentin et ses proches tandis que l'inspecteur attaque, avec l'aide d'hommes de Vidocq déguisés en charbonniers, le dépôt où est retenu Aglaé et son amie. L'inspecteur et ses alliés ne se prive d'ailleurs pas de brutaliser les sergents des lieux pour s'en être pris à Aglaé. Après la libération d'Aglaé et de Marie-Reine, Valentin refuse une avance aguicheuse de l'actrice, qui éprouve des sentiments à son égard.

Pendant ce temps, les événements s'accélèrent chez les d'Orval : Oblanoff promet désormais de ressusciter Blanche d'Orval. Or, Valentin a découvert grâce à Vidocq qu'Oblanoff est le pseudonyme de Pierre Ouvrard, un ancien ramastiqueur qui a travaillé pour la foire de Désiré Frappart. Il a justement appris les tours d'illusion qu'il déssert à Ferdinand d'Orval dans cette foire. Le soir de la prétendu résurrection, une femme blonde apparaît au loin de la propriété dans un hameau de lumière. Cependant, après cette résurrection, où plusieurs personnalités de premier choix y ont assistés, l'escroc disparaît en même temps que les bijoux des d'Orval. Lorsque Ferdinand apprend, il meurt dans des circonstances troublantes qui rappel celles de la mort de sa fille. Entre-temps, le Vicaire s'est manifesté de nouveau et à plusieurs reprises auprès de Valentin : il s'attaque désormais à ses proches, d'abord à son ancienne mère adoptive, Jeanne, puis à un garçon des rues que Valentin avait pris sous son aile, Foutriquet. L'état mental de Valentin en est sévèrement touché. Il continue son enquête sur les d'Orval et parvient à retrouver Ouvrard dans l'appartement de son amante, une danseuse polonaise, qui n'est autre que celle qui a servi à faire croire à l'illusion de la résurrection de Blanche. Valentin se retrouve forcé de poursuivre Ouvrard sur les toits parisiens tandis que Lebrac maîtrise la danseuse. Ouvrard meurt finalement en chutant d'une cheminée et Valentin parvient, en interrogeant la danseuse (qu'il laisse ensuite repartir), à cerner le complot mis en place. Le lendemain, il attend patiemment à l'appartement pour y découvrir Mélanie d'Orval, portant les bijoux et également une bouteille de champagne. Valentin expose les faits : fille d'une famille de marchand négrier ayant tout perdu lors de la Révolution française, Mélanie s'était jurée de retrouver coûte que coûte sa richesse. Elle jeta ainsi son dévolu sur Ferdinand d'Orval, alors veuf, et sa fille, Blanche. C'est elle l'empoisonneuse de Blanche et Ferdinand : elle a usée d'un poison issue des fèves de Calabar, qui n'a d'effet que s'il n'est digéré que lentement (Mélanie, en présence de Lebrac, a sciemment but rapidement pour brouiller les soupçons tandis que Ferdinand, abasourdi, but lentement son verre d'alcool). Par la suite, elle prévoyait d'éliminer Ouvrard et Maria et de leur faire porter le chapeau pour le meurtre de Ferdinand. Niant les faits, Mélanie tente de charmer l'inspecteur, qui reste impassible et finit par l'arrêter lorsqu'elle tente de lui subtiliser son arme en le charmant.

Ayant résolu l'affaire d'Orval, Valentin découvre chez lui le corps de Lebrac, qui a été poignardé, tandis qu'Aglaé et sa gouvernante tout juste engagée, Eugénie Poupard, demeurent introuvable. Le majeur de la main droite d'Aglaé est disposé sur le bureau du logis secret de l'appartement de Valentin. Il comprend alors qu'Eugénie n'était autre que le Vicaire travesti afin de pouvoir l'approcher. Il lui a laissé une lettre, lui demandant de résoudre une énigme pour retrouver Aglaé, menaçant sinon de lui enlever d'autres morceaux de son anatomie. Valentin finit par trouver grâce aux indices du Vicaire l'endroit où Aglaé est retenue prisonnière, dans un moulin situé en pleine campagne. Durant la confrontation entre le tortionnaire et sa victime, le Vicaire parvient à capter l'attention de Valentin en lui révélant qu'il a été engagé pour Valentin spécifiquement. Il tente ensuite de tuer Valentin mais est frappé dans le dos par Aglaé à l'aide d'un couteau. Dans un dernier acte de mépris envers Valentin, le Vicaire refuse de donner le nom du commanditaire de son calvaire[2].

Accueil critique

Polars Culture-Tops soulève que le roman est un "thriller historique de haut vol avec ses rebondissements, ses personnages inquiétants, métamorphosés, un suspens de chaque instant rondement mené. Un roman dans lequel les années 1830 sont magnifiquement restituées. On passe des quartiers miséreux, aux réceptions de la haute bourgeoisie, où l’on converse avec Théophile Gautier, Alfred De Musset. Sans oublier Louis Daguerre et son diorama et l’ombre de Vidocq". Cependant, ce derniers s'accordent également à dire que certains passages du livre sont souvent caricaturaux[3].

Éditions

Références

Liens externes

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