Le Fils (pièce de théâtre)
| Le Fils | |
| Auteur | Florian Zeller |
|---|---|
| Date de création en français | février 2018 |
| Lieu de création en français | Comédie des Champs-Élysées |
| Metteur en scène | Ladislas Chollat |
| Rôle principal | Stephane Freiss et Rod Paradot |
Le Fils est une pièce de théâtre de Florian Zeller.
Elle est créée en à la Comédie des Champs-Élysées, avec Yvan Attal, Anne Consigny, Élodie Navarre et Rod Paradot dans une mise en scène de Ladislas Chollat[1]. Elle est reprise en , avec Stéphane Freiss, Florence Darel, Élodie Navarre et Rod Paradot et Daniel San Pedro.
Résumé
Nicolas a 17 ans et vit chez sa mère, Anne. Son père, Pierre, vient d'avoir un enfant avec sa nouvelle compagne, Sofia. Anne informe Pierre que le lycée lui a annoncé que leur fils, adolescent dépressif, n'est plus allé au lycée depuis trois mois. Pierre discute alors avec Nicolas qui demande à venir vivre avec Sofia et lui. Pierre accepte, le change de lycée et va mettre en œuvre tout ce qui lui est possible pour redonner le goût de vivre à son fils.
Accueil critique
Selon Le Point, la pièce est un « chef-d'œuvre »[2]. Selon Jacques Nerson, du Nouvel Obs, « Le Fils est sans conteste la meilleure pièce de Florian Zeller (...). On n'a plus affaire à un jeune surdoué grisé par son succès, mais tout simplement à un grand auteur de théâtre. » Selon Armelle Héliot, du Figaro, Le Fils est « une très grande œuvre contemporaine »[3]. Selon Christophe Barbier, de L'Express, Le Fils est une puissante quête d'émotion[4] : « À tous les pères d'un fils de plus de quinze ans, Florian Zeller plante un miroir dans le cœur ». Selon Fabienne Pascaud, de Télérama, il s'agit de « l'un de ses drames les plus bouleversants »[5].
Distribution
- Pierre : Yvan Attal, puis Stéphane Freiss
- Anne : Anne Consigny, puis Florence Darel
- Sofia : Elodie Navarre
- Nicolas : Rod Paradot
- Le docteur : Jean-Philippe Puymartin, puis Daniel San Pedro
- L'infirmier : Raphaël Magnabosco
Création internationale
La pièce a été traduite en anglais par Christopher Hampton sous le titre The Son et a été créée à Londres en dans une mise en scène de Michael Longhurst au Kiln theatre, avant d'être transférée dans le West End au Duke of York theatre. La pièce a par la suite été créée dans de nombreux pays.
Une trilogie théâtrale
Le Fils est la dernière pièce d'une trilogie qui compte également La Mère et Le Père. Cette trilogie a été conçue par l'auteur autour de la santé mentale (pulsions suicidaires dans Le Fils, dépression dans La Mère et démence sénile dans Le Père).
Lors d'édition de cette trilogie en un recueil en 2021, les éditions Gallimard présente ainsi les thèmes de l'oeuvre[6] :
« La douleur : tel est le motif commun de cette « trilogie involontaire », selon l’expression de son auteur. Celle du père, lorsque tout ce qui l’entoure se déforme peu à peu, lieux, visages, objets. Celle de la mère, que le sentiment de solitude terrasse, après le départ de son enfant. Celle du fils enfin, atteint d’un mal-être que rien ne semble pouvoir guérir. Mais, tandis que les certitudes se muent en sables mouvants, l’humour et la dérision ne cessent d’émailler les répliques, ancrant les personnages de ces « farces noires » dans une réalité illusoire, juste avant le point de bascule. Le sentiment tragique d’un trouble dans le réel rend ces pièces universelles, et fait de Florian Zeller l’auteur francophone vivant le plus joué dans le monde. »
La Mère
La Mère a été créée en 2010 au théâtre de Paris autour de Catherine Hiegel et a été reprise en 2014 au théâtre Hébertot. Elle a ensuite été créée à New York en avec Isabelle Huppert dans le rôle principal[7],[8].
Elle connait de nombreuses autres productions, comme à Madrid en 2023 autour de l'actrice Aitana Sánchez-Gijón[9] ou à Tokyo en 2024 au Metropolitan Theater[10].
Le Père
Le Père a été créée en 2012 autour de Robert Hirsch et a été reprise en 2015 à la Comédie des Champs-Élysées. Elle a été jouée dans plus de 45 pays[11] et a été, selon The Guardian, la pièce « la plus acclamée de la décennie »[12].
Selon l’Evening Standard, elle est l'une des « meilleures pièces du XXIe siècle »[13]. The Times la classe également parmi "les plus grandes pièces du siècle"[14].
Le Père a reçu de nombreux prix à travers le monde.
Distinctions
- 2018 : Molière de la révélation masculine pour Rod Paradot
- 2018 : Nomination au Molière du théâtre privé
- 2018 : Nomination au Molière de l'auteur francophone vivant pour Florian Zeller
- 2018 : Nomination au Molière du metteur en scène d'un théâtre de spectacle privé pour Ladislas Chollat
- 2018 : Nomination au Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé pour Yvan Attal
- 2018 : Nomination au Molière de la comédienne dans un second rôle pour Elodie Navarre
- 2018 : Nomination aux Globes de cristal pour Rod Paradot dans la catégorie meilleur comédien
- 2018 : Nomination aux Globes de cristal pour Le Fils dans la catégorie meilleure pièce de théâtre
Adaptation
Florian Zeller réalise lui-même l'adaptation cinématographique de la pièce, The Son, sortie en 2022.
Résumé par scène
Scène 1
Anne rend visite à Pierre et lui annonce que Nicolas va mal : il ne va plus à son lycée depuis 3 mois et ne répond plus à sa mère. Sofia les rejoint. Pierre annonce qu'il parlera à Nicolas pour essayer de régler les problèmes le lendemain.
Scène 2
C'est le lendemain de la visite d'Anne. Pierre demande à son fils la source de son mal-être, mais ce dernier ne répond à ses questions que par "oui", "non", "je ne sais pas" ou "rien". Finalement, Nicolas explique à son père qu'il préférait marcher seul dans la rue ou au parc pour se sentir mieux plutôt que d'aller au lycée. Il lui annonce ensuite que la vie lui pèse, et qu'il a envie de changements, ce qui l'amène à demander à son père s'il peut emménager avec lui et Sofia.
Scène 3
Sofia est d'abord contre l'idée d'accueillir Nicolas chez eux, mais elle finit par accepter quand Pierre lui annonce qu'il dormira dans son bureau et qu'il trouvera un lycée pour le rescolariser. Puis, il avoue à Sofia qu'il a vu des marques de scarification sur son avant-bras, et qu'il culpabilise d'avoir abandonné son fils. Il se met à la place de son fils : ayant vécu, comme lui, un abandon de ses parents. En effet, le père de Pierre ne rendait jamais visite à sa femme à l'hôpital ou à son fils déprimé, préférant "vivre sa vie", chasser. Finalement, Sofia accepte, à condition qu'ils s'occupent toujours autant de Sacha.
Scène 4
Le lendemain matin, Pierre, en se réveillant, remarque Nicolas sur le canapé, réveillé. Ce dernier lui avoue avoir l'impression de déranger son père et Sofia. Puis, il dit n'être pas prêt pour retourner au lycée, avoir peur des moqueries et de ses lacunes scolaires liées à ses absences : il n'est pas sûr d'avoir son bac. Une discussion s'ensuit, où Pierre encourage Nicolas à se reprendre en main : il doit passer outre à ses problèmes et comprendre que sa déprime n'est que passagère. Nicolas sort de la pièce, l'air un peu vexé, mais finit par dire "Merci pour tout ce que tu as fait pour moi".
Scène 5
C'est Lundi matin, Nicolas doit reprendre les cours. Sofia lui prépare son petit-déjeuner, mais il fond en larme. Sofia le rassure : il a une chambre chez eux comme il le voulait, et il a un petit frère. Elle lui assure que son père tient beaucoup à lui. Nicolas lui demande alors si elle savait que son père était marié, si elle s'en moquait prenant Sofia au dépourvu.
Scène 6
C'est l'après-midi, et Pierre rend visite à Anne pour la rassurer car Nicolas ne lui donne pas de nouvelles. Il va mieux, reprend les cours, et trouve même que son lycée a une bonne ambiance. Mais Anne lui confie que Nicolas est très triste, plus que les autres adolescents, qu'il est différent. Elle change de sujet et demande des nouvelles de son interlocuteur, ce dernier lui annonce qu'un certain Signoret — qu'Anne semble tout de même connaitre — lui a proposé de rejoindre son équipe de campagne et de devenir son conseiller. Cependant, il n'est pas sûr qu'il va accepter sa requête. Le sujet porte ensuite sur Sofia, si elle est à l'aise avec l'arrivée de Nicolas, ce que Pierre confirme. Soudain, Anne fond en larme et dit qu'elle a l'impression d'avoir tout raté, car son mari et son fils l'ont abandonné. Pierre la rassure, ils se commémorent leur passé. Mais Anne dit à son ex-mari qu'elle a un mauvais pressentiment, et qu'elle a peur que tout tourne mal.
Scène 7
À table, Pierre offre des boucles d'oreille en nacre à sa femme. Il la remercie d'être présente pour Sacha et Nicolas. Mais, il lui anonce qu'il ne veut pas accepter l'offre de Signoret puis qu'ils ne pourront pas partir en vacances en Italie à deux, car il doit s'occuper de Nicolas. Sofia est d'abord contrariée, mais se détend rapidement. Elle le remercie pour les boucles d'oreille, puis Pierre va rejoindre Nicolas dans sa chambre.
Scène 8
Nicolas se regarde devant un miroir avec la nouvelle veste que lui a acheté son père, mais a peur d'être ridicule. Son père le rassure. Nicolas dit alors qu'il n'est pas sûr d'aller à cette fête in omnibus casibus car il n'en voit pas l'intérêt. Il avoue être nostalgique de sa vie d'antan, et ajoute qu'il ne sait pas danser. Pierre lui assure, ironiquement, que Sofia va pouvoir lui apprendre. Cette dernière rappelle à Pierre qu'il ne peut pas vraiment lui faire de réflexion, au vu de sa manière de danser. Elle lui demande alors de montrer son "fameux déhanché". Pierre commence dès que Sofia lance la musique, Sofia et Nicolas éclatent de rire, Pierre en rajoute, et Nicolas, puis Sofia, le suivent. Tout d'un coup, Nicolas s'arrête, envahi d'une tristesse intense, et rentre dans sa chambre. Son père et Sofia viennent à sa porte, mais elle est fermée à clefs. Nicolas ne leur répond pas.
Scène 9
C'est dimanche, Pierre travaille et Sofia s'apprête à sortir avec Sacha au parc. Sofia veut parler à Pierre : elle a retrouvé un couteau de cuisine sous le matelas de Nicolas pendant qu'elle rangeait sa chambre, et demande à Pierre de parler à Nicolas. Pierre croit que ce dernier a ce couteau car il se scarifie les avant-bras, mais il ne comprend pas car il semble aller mieux : il va en cours et est souriant. Après que Sofia soit sortie, Nicolas sort de sa chambre. Pierre lui annonce qu'il veut discuter, et lui demande ce qu'il faisait avec un couteau caché sous son matelas. Nicolas lui répond que c'était pour se défendre des voleurs car il aurait entendu un bruit la nuit précédente, et que sur le moment il avait eu peur. Cette réponse ne suffisant pas à Pierre, ce dernier prend le bras de son fils, soulève sa manche et voit les traces de scarification. Il demande alors à Nicolas de se justifier, il lui répond que c'est pour canaliser l'angoisse. Son père lui interdit de recommencer. Nicolas demande alors si Sofia a fouillé dans ses affaires et a trouvé le couteau, chose que son père confirme. Il relativise : son père a aussi une arme : il cache un fusil derrière l'armoire de la remise. Pierre lui répond que son père le lui avait offert et qu'il n'a pas de cave pour le ranger. Puis, il lui demande s'il a des problèmes dans son lycée, Nicolas ne répond pas. Son père lui conseille d'aller faire du sport pour canaliser ses angoisses. Finalement, il lui dit que quand son fils se fait du mal, c'est comme si c'était à lui qu'il en faisait. Ce à quoi Nicolas répond froidement que lorsqu'il a quitté sa mère, c'est à lui qu'il a fait du mal.
Scène 10
C'est le samedi soir, celui où Laurent a invité Sofia et Pierre pour qu'ils mangent chez lui. Sofia a perdu ses boucles d'oreilles en nacre et les cherche, tout en se préparant pour le dîner. Pierre demande à Nicolas si, à la place de manger des céréales dans l'appartement, il ne veut pas plutôt aller voir des amis ou aller au cinéma, mais ce dernier répond qu'il n'a pas d'amis. Pierre reçoit un appel, et répond. C'est Laeticia, la personne qui devait s'occuper de Sacha pendant leur absence, mais elle est a de la fièvre. Marie, l'autre personne qui pouvait garder Sacha, n'est pas disponible, alors Nicolas propose de le garder. Pierre est d'accord, mais Sofia refuse gentiment. Nicolas sort de la pièce, et Pierre demande à Sofia pourquoi elle ne veut pas, et Sofia, après une longue discussion, finit par répondre que Nicolas est étrange et qu'elle ne veut pas lui confier son enfant car il sort d'une phase de dépression, juste au moment où Nicolas rentre dans la pièce pour annoncer à Sofia qu'il a retrouvé ses boucles d'oreilles. Énervé, il sort de la pièce et va dans sa chambre. Pierre lance un regard noir à Sofia.
Scène 11
Nicolas est retourné dans l'appartement d'Anne.
Notes et références
- ↑ « Anne Consigny et Yvan Attal dans Le Fils de Florian Zeller en février 2018 », sur Sceneweb, (consulté le ).
- ↑ Jérôme Béglé, « Yvan Attal et Rod Paradot bouleversants dans « Le Fils » », sur lepoint.fr, (consulté le ).
- ↑ Armelle Héliot, « Le fils, heureuse reprise avec Stéphane Freiss et Florence Darel », Le Figaro, (lire en ligne
, consulté le ).
- ↑ « La chute de l'ange », sur L'écharpe rouge, (consulté le ).
- ↑ Fabienne Pascaud, « “Le Fils” : le drame bouleversant de Florian Zeller brillamment adapté », Télérama, (lire en ligne
, consulté le ).
- ↑ https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-theatre/Le-Pere-La-Mere-Le-Fils
- ↑ « À New York, Isabelle Huppert interprète La Mère de Florian Zeller », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ « Review:the mother, Isabelle Huppert », The New York Times, (lire en ligne).
- ↑ https://elpavonteatro.es/programacion/la-madre/
- ↑ https://jstages.com/tag/the-mother/
- ↑ Sébastien Le Fol et Jérôme Béglé, « Florian Zeller : « Il ne faut pas banaliser le malheur » », sur lepoint.fr, (consulté le ).
- ↑ « The most acclaimed new play of the decade transfers to the West End for 8 weeks only THE FATHER at the Wyndham’s Theatre, London », sur londontheatredirect.com, Tom Stratford, (consulté le ).
- ↑ (en) Nick Curtis, Jessie Thompson, « The 50 best plays of the 21st century », sur standard.co.uk, (consulté le )
- ↑ (en) Clive Davis, Alice Jones et Dominic Maxwell, « The 25 best plays of the century », The Times, (lire en ligne
, consulté le ).
Liens externes
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