Le Flibustier (torpilleur)

Le Flibustier
illustration de Le Flibustier (torpilleur)
Son sister ship Le Hardi au mouillage

Autres noms Bison (1er avril 1941)
Type torpilleur
Classe classe Le Hardi
Histoire
A servi dans  Marine nationale
Chantier naval Forges et chantiers de la Méditerranée, La Seyne-sur-Mer Drapeau de la France France
Commandé 24 mai 1937
Quille posée 11 mars 1938
Lancement 19 décembre 1939
Commission 1er juin 1940
Statut Coulé en 1944 et ferraillé
Équipage
Équipage 187 officiers et hommes du rang
Caractéristiques techniques
Longueur 117,2 m
Maître-bau 11,1 m
Tirant d'eau 3,8 m
Déplacement 1800 tonnes
À pleine charge 2577 tonnes
Propulsion
Puissance 58000 ch (42659 kW)
Vitesse 37 nœuds (69 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement
Rayon d'action 3100 milles marins (5700 km) à 10 nœuds (19 km/h)

Le Flibustier est l’un des douze torpilleurs de classe Hardi construits pour la Marine nationale française à la fin des années 1930. Inachevé lorsque les Français signent un armistice pour mettre fin à la bataille de France, des pénuries de matériaux empêchent de le terminer et il est placé en réserve. Le navire a été rebaptisé Bison au début de l’année 1941. Lorsque les Alliés ont débarqué en Afrique du Nord française en novembre 1942, les Allemands ont occupé la France de Vichy et ont tenté de s’emparer de la flotte française intacte. Le Flibustier a été l’un des rares bâtiments de la flotte à ne pas être sabordé pour empêcher une capture. Il a été remis à la Regia Marina (Marine royale italienne) en 1943, mais a été saisi par les Allemands après l’armistice signé par les Italiens en septembre. Le navire a été récupéré en 1945 et plus tard mis au rebut.

Conception

La classe Le Hardi a été conçue pour escorter les cuirassés rapides de la classe Dunkerque et pour contrer les grands destroyers des classes Navigatori italienne et Fubuki japonaise[1]. Ces bâtiments étaient longs de 117,2 mètres, larges de 11,1 mètres[2] avec un tirant d'eau de 3,8 mètres. Déplaçant 1 772 tonnes (lège) et 2 577 tonnes à pleine charge, ils étaient propulsés par deux turbines à vapeur à engrenages, chacune entraînant un arbre d'hélice, utilisant la vapeur fournie par quatre chaudières à circulation forcée Sural-Penhoët. Les turbines ont été conçues pour fournir 58 000 chevaux (42 659 kW), procurant une vitesse maximale de 37 nœuds (69 km/h). Avec 470 tonnes de mazout, leur autonomie était de 3 100 milles marins (soit 5 700 km) à 10 nœuds (19 km/h). L’équipage était composé de 10 officiers et de 177 marins[3].

L’armement principal des torpilleurs de la classe Le Hardi consistait en six canons de 130 mm modèle 1932 dans trois tourelles jumelées, une à l’avant et les deux autres (dont une surélevée) à l’arrière des superstructures. Leur armement antiaérien se composait d’un affût double pour les canons de 37 mm modèle 1925 sur la superstructure arrière et de deux mitrailleuses Hotchkiss de 13,2 mm modèle 1929 antiaériennes sur le toit des treuils d’obus pour la tourelle avant de 130 mm. Ces bâtiments étaient dotés d'une plateforme triple et de deux plateformes doubles de tubes lance-torpilles de 550 millimètres, toutes au-dessus de la ligne de flottaison. Une paire de rampes de lancement de grenades anti-sous-marines était montée à l’arrière, dotée d'une douzaine de grenades anti-sous-marines de 200 kilogrammes[4].

Carrière

Commandé le , Le Flibuster a été construit par les Forges et chantiers de la Méditerranée dans leur chantier naval de La Seyne-sur-Mer. Il a été mis en chantier le et lancé le . Le bâtiment resta à Toulon après la capitulation française le et commença ses essais le lendemain, bien qu’il n’ait toujours pas reçu son armement. Il a ensuite été placé en réserve. Le , Le Flibuster a été rebaptisé Bison pour commémorer le grand contre-torpilleur du même nom qui a été coulé en 1940 pendant la campagne de Norvège[5].

Contrairement à la plupart des bâtiments de la flotte française de Toulon, le Bison n’a pas été endommagé lorsque les Allemands ont tenté de les capturer le , car il était toujours en réserve et n’avait pas d’équipage affecté pour le saborder. Les Italiens rejettent une demande allemande de le terminer et le rebaptisent FR35. Après l’armistice signé par les Italiens en septembre, il a été utilisé par les Allemands comme ponton générateur de fumée artificielle. Il a d’abord été endommagé lors d’un raid aérien allié au début de l’année 1944, puis par une collision avec un sous-marin allemand le . Le torpilleur coule dans le port de Brégaillon-Toulon. Il a été renfloué l’année suivante et mis au rebut[6],[7].

Notes et références

  1. ↑ Jordan & Moulin, p. 180-181.
  2. ↑ Roberts, p. 270.
  3. ↑ Jordan & Moulin,, p. 181-186, 190.
  4. ↑ Jordan & Moulin, p. 186-190.
  5. ↑ Jordan & Moulin, p. 182, 231, 236-237.
  6. ↑ Jordan & Moulin, p. 249.
  7. ↑ Whitley, p. 52.

Bibliographie

  • (en) Roger Chesneau, Conway's All the World's Fighting Ships 1922-1946, New York, Mayflower Books, (ISBN 0-8317-0303-2), p. 255-279.
  • (en) John Jordan et Jean Moulin, French Destroyers: Torpilleurs d'Escadre & Contre-Torpilleurs 1922-1956, Barnsley, UK, Seaforth Publishing, (ISBN 978-1-84832-198-4).
  • (en) M. J. Whitley, Destroyers of World War Two: An International Encyclopedia, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-326-1).
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