Le Sang des bêtes
| Réalisation | Georges Franju |
|---|---|
| Sociétés de production | Forces et Voix de France |
| Pays de production |
|
| Genre | Court métrage documentaire |
| Durée | 21 minutes |
| Sortie | 1949 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le Sang des bêtes est un film documentaire de Georges Franju sorti en 1949.
Montrant la mort des animaux dans les abattoirs parisiens de la Villette et de Vaugirard, ce film vériste est un des documentaires les plus directs sur cet univers de travail.
Liminaire
Georges Franju travaille depuis 8 ans sous la direction de Jean Painlevé à l’Institut de Cinématographie Scientifique (ICS). Il est fasciné par le film du Docteur de Martel Trépanation pour crise d'épilepsie Bravais-Jaksonienne dans lequel on voit le patient sourire pendant l'opération[1]. « Je pense que jamais la plastique, jamais l'épouvante, la poésie, le hasard ne les avait fait éclater, rassemblées, avec autant d'efficacité par le réalisme, et de beauté par le surréalisme, que dans ce film où on ne les cherchait pas[2]. »
C'est au cours d'une promenade dans le quartier des abattoirs qu'il décide de faire ce film où il cherche à rendre « la sombre et cruelle harmonie [de ce qui se passe à l'intérieur des abattoirs] avec le romantisme du paysage environnant »[3].
C'est Jean Painlevé qui obtient pour lui les autorisations de tournage auprès de la préfecture[1].
Le film se voit interdit au moins de 16 ans, mais il rencontre le succès dans le réseau des ciné-clubs.
Jean Cocteau a encensé le film, il écrit :
« Un monde noble et ignoble qui roule sa dernière vague de sang sur une nappe blanche où le gastronome ne doit plus songer au calvaire des victimes dans la chair desquelles il plante sa fourchette. Autour de la table des sacrifices, c'est la ville faite de plusieurs villes et de plusieurs villages, la ville qu'on croit connaître et qu'on ne connait pas, son ciel maritime funeste au-dessus des très insolites décors du canal de l'Ourcq[4].»
Synopsis
Fiche technique
- Titre : Le Sang des bêtes
- Réalisation et scénario : Georges Franju
- Commentaire : Jean Painlevé, dit par Georges Hubert et Nicole Ladmiral
- Photographie : Marcel Fradetal
- Musique : Joseph Kosma
- Montage : André Joseph
- Société de production : Forces et Voix de France
- Pays de production :
France - Format : noir et blanc — 35 mm
- Genre : documentaire
- Durée : 21 minutes
- Date de sortie : 1949
Postérité littéraire
Jonathan Coe l'évoque longuement dans Testament à l'anglaise : « un soir, alors que j'avais vingt-quatre ans, j'allai assister à un festival de films français organisé par le ciné-club de l'université. On projeta d'abord Le Sang des bêtes, court documentaire de Georges Franju sur un abattoir parisien. La salle s'était à moitié vidée avant la fin. C'était un public typique de ciné-club : amateurs endurcis de films d'horreur, pour la plupart (...). Mais qu'y avait-il dans ce film précis, tellement délicat et mélancolique à maints égards, pour faire crier de dégoût les femmes, et pousser les hommes vers la sortie ? »[5].
Muriel Pic cherche en 2017 à se confronter aux images des anciens abattoirs parisiens de Vanves et de la Villette, en ayant recours aux archives inédites du tournage du film de Franju, à des fragments de récits autobiographiques, et à des réflexions sur le rapport des sociétés à l’abattage de masse[6].
L'écrivain Joseph Ponthus y fait référence dans son livre À la ligne, alors que lui-même travaille en abattoir : « Le Sang des bêtes est un documentaire réalisé en 1949 par Georges Franju dans les abattoirs de Vaugirard et de La Villette qui fait passer n'importe quelle vidéo de L214 pour un épisode gentillet de La Petite Maison dans la Prairie », et indique « Le Sang des bêtes est insoutenable et c'est pour ça qu'il faut le voir, parce qu'il montre précisément le métier »[7].
Notes et références
- Roxane Hamery, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire », 2009, 312 p. à la page 180.
- ↑ Georges Franju, Réalisme et surréalisme, dans Gabriel Vialle, Georges Franju, Seghers, 1968, p.86, cité par Roxane Hamery.
- ↑ Georges Franju, « Tueurs sans haine », dans Georges Franju cinéaste, EPPV Maison de la Villette, 1992, p. 20, cité par Roxane Hamery.
- ↑ Jean Cocteau, « Le sang des bêtes », Paris Presse Intransigeant, 8 septembre 1949, cité par Roxane Hamery.
- ↑ Jonathan Coe, Testament à l'anglaise, Paris, Gallimard, , 679 p. (ISBN 2070403262), p. 349-351
- ↑ « Muriel Pic : En regardant le sang des bêtes », sur Cahier Critique de Poésie, (consulté le )
- ↑ Joseph Ponthus, À la ligne, Paris, La Table ronde, , 277 p. (ISBN 9782072881862), p. 218-219
Voir aussi
Bibliographie
- Roxane Hamery, « Le Sang des bêtes : quand le documentaire absorbe la vie à l’état de traces », dans Dominique Bluher et François Thomas (dir.), Le court métrage français de 1945 à 1968 : De l'âge d'or aux contrebandiers, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753526877, lire en ligne), p. 229-234
Liens externes
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- [audio]Filmer le sang des bêtes, une histoire des images, de Georges Franju aux vidéos de L.214 : émission de France Culture en 2019.
- [vidéo]Le Sang des Bêtes sur Internet Archive.
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