Le Socialiste

Le Socialiste
Pays France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire puis mensuel
Prix au numéro 10 centimes
Diffusion 1500 ex. (1891)
Fondateur Jules Guesde
Date de fondation 25 août 1885
Date du dernier numéro 1923
Ville d’édition Paris

ISSN 0249-0579

Le Socialiste est un bulletin politique socialiste publié en France entre 1885 et 1923.

Histoire

En 1883, après la disparition de L'Égalité[1], un hebdomadaire socialiste fondé en 1877 et dont Jules Guesde était le rédacteur en chef, ce dernier devint l'un des principaux collaborateurs du Cri du peuple de Jules Vallès[2]. Ce quotidien offrait ainsi une tribune au jeune Parti ouvrier de Guesde et Paul Lafargue, mais celui-ci avait encore besoin d'un organe de presse officiel. Lors du septième congrès national du Parti ouvrier, à Roubaix, en avril 1884, il fut décidé de constituer un comité central de rédaction afin d'assurer la propagande de ce parti marxiste[3].

Il fallut cependant attendre encore un an, à l'approche des élections législatives d'octobre 1885, pour voir la naissance d'un nouvel hebdomadaire, Le Socialiste, sous-intitulé Organe du Parti ouvrier, dont le premier numéro est daté du 25 août 1885. Son comité de rédaction était composé de Guesde, de Lafargue et de Gabriel Deville, ancien rédacteur de L'Égalité, ainsi que de Raoul Frenot, dit Fréjac, et d'Auguste Le Tailleur, dit Letailleur[4].

Tout au long de sa histoire, Le Socialiste a souffert de problèmes de financement. Sa deuxième série (du 11 juin 1887 au 4 février 1888) ne fut publiée que grâce à un don de Deville. Malgré une résolution du congrès de Romilly (1895) imposant aux groupes du Parti ouvrier de s'abonner à l'organe central, le tirage ne dépassera jamais 1500 exemplaires. La concurrence de feuilles socialistes provinciales ou nationales plus attrayantes et moins doctrinales explique en grande partie cet insuccès[5].

Les sous-titres successifs du Socialiste reflètent l'évolution du parti guesdiste. Ainsi, en février 1896, l'adjectif « français » y est ajouté, le Parti ouvrier étant devenu le Parti ouvrier français (POF). Le 19 octobre 1902, ce sous-titre devient Organe central du Parti socialiste de France (U.S.R.), actant ainsi la fusion du POF guesdiste avec les blanquistes du Parti socialiste révolutionnaire (PSR) au sein du PSdF. Enfin, le 7 mai 1905, soit moins de deux semaines après le Congrès du Globe, un nouveau sous-titre, Organe central du Parti socialiste (Section française de l'Internationale ouvrière), est imposé par l'unité socialiste obtenue par la fusion du PSdF avec les jauréssiens du Parti socialiste français (PSF) et les allemanistes du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR).

Le Socialiste a connu deux longues interruptions, entre février 1888 et septembre 1890 puis entre février 1896 et juillet 1898, malgré quelques numéros isolés au cours de cette dernière période[5]. La publication hebdomadaire s'interrompt une nouvelle fois en juillet 1913, au profit d'une publication mensuelle qui débute au mois de septembre suivant. Ce bulletin mensuel disparaît dix plus tard, faute de commandes suffisantes pour en assurer le financement[6].

Notes et références

  1. Le Cri du peuple, 3 janvier 1884, p. 2.
  2. Le Cri du peuple, 28 novembre 1883, p. 1.
  3. Le Cri du peuple, 7 avril 1884, p. 3.
  4. Le Socialiste, 25 août 1885, p. 1.
  5. Willard, passim.
  6. Le Populaire, 17 septembre 1923, p. 4.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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