Le Temple du démon

Le Temple du démon

Titre original 鬼の棲む舘
Oni no sumu yakata
Réalisation Kenji Misumi
Scénario Kaneto Shindō
d'après Jun'ichirō Tanizaki
Musique Akira Ifukube
Acteurs principaux Shintarō Katsu
Hideko Takamine
Michiyo Aratama
Kei Satō
Sociétés de production Daiei
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre Drame, jidai-geki
Durée 76 minutes
Sortie 1969

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Le Temple du démon (鬼の棲む舘, Oni no sumu yakata) est un film japonais réalisé par Kenji Misumi et sorti en 1969. C'est une adaptation de la pièce de théâtre Aveuglement et Passion (無明と愛染, Mumyō to Aizen), de Jun'ichirō Tanizaki, publiée en 1924.

Synopsis

Durant l'époque troublée de Nanboku-chō, un seigneur a tout abandonné — son fief, son rang et son épouse — par passion pour Aizen, une ancienne shirabyōshi. Connu désormais sous le nom de Tarō des Ténèbres — Mumyō no Tarō (無明の太郎?) —, il vit en brigand dans un temple en ruine, perdu dans les montagnes aux abords de l'ancienne capitale Kyoto[1], dévastée par la guerre et les révoltes. Entre lui et Aizen règne une passion charnelle d'une rare intensité.

Au début du film, l'équilibre de ce refuge est rompu par l'arrivée de Kaede, l'épouse délaissée, venue retrouver celui qui l'a abandonnée. Sa présence ravive les tensions, opposant l'attachement conjugal de l'épouse à l'emprise charnelle qu'Aizen exerce sur son mari.

L'arrivée d'un moine itinérant précipite le drame. Lui aussi, jadis, fut un jeune guerrier épris d'Aizen : un duel pour elle l'avait conduit à prendre la robe. Le passé resurgit, et avec lui le cœur même du film — l'enchevêtrement de l'aveuglement, mumyō (無明), et de la passion, aizen (愛染), les deux forces cardinales qui enchaînent les êtres au cycle des renaissances, et que la sainteté elle-même ne suffit peut-être pas à éteindre.

Fiche technique

Distribution

  • Shintarō Katsu : Tarō des Ténèbres — 無明の太郎 (Mumyō no Tarō)
  • Hideko Takamine : Kaede — "érable" (, kaede), l'épouse délaissée
  • Michiyo Aratama : Aizen — "passion-attachement" (愛染, aizen), la maîtresse
  • Kei Satō : le moine itinérant, un saint homme du mont Kōya[4]高野の上人 (Kōya no Shōnin)
  • Ryūtarō Gomi (ja) : un seigneur de guerre — 武将 (bushō)
  • Gen Kimura (ja) : un général — 中将 (chūjō)
  • Saburō Date (en) : un guerrier — 武者 (musha)
  • Yūtarō Ban (ja) : un homme d'armes — 武下 (bushita)

Autour du film

Le film a été projeté dans le cadre de deux rétrospectives : l'une consacrée au directeur de la photographie, Kazuo Miyagawa, au MoMA[5] en 2018 ; l'autre au réalisateur Kenji Misumi à la Cinémathèque française[6] en 2024.

Le Temple du démon est l'un des films les plus étonnants de Kenji Misumi, triangle amoureux retors, et huis clos claustrophobe, magnifié par la lumière du chef opérateur Kazuo Miyagawa. Shintarō Katsu délivre ici l'une de ses performances les plus folles, quand Michiyo Aratama dessine l'un des personnages féminins les plus forts et dérangeants du cinéma japonais d'après-guerre[2].

Notes et références

  1. « Le temple du démon (1969) », sur www.imdb.com (consulté le ).
  2. « Le Temple du démon », sur cinematheque.fr (consulté le ).
  3. (ja) Le Temple du démon sur la Japanese Movie Database.
  4. « [NFAJ] Oni no sumu yakata (1969) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le ).
  5. « Kazuo Miyagawa: Japan’s Greatest Cinematographer | MoMA », sur The Museum of Modern Art (consulté le ).
  6. « Kenji Misumi - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le ).

Liens externes

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