Les Enfants du Brésil
| Les Enfants du Brésil | |
| Auteur | Kangni Alem |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Roman |
| Éditeur | Éditions Graines de Pensées (2017) |
| Nombre de pages | 198 |
| ISBN | 9782916101699 |
Les Enfants du Brésil est un roman de l’écrivain togolais Kangni Alem, publié en 2017 aux Éditions Graines de Pensées à Lomé au Togo et Frat’Mat Éditions à Abidjan en Côte d'Ivoire. Il s’agit du cinquième roman de l’auteur, présenté comme la suite de son ouvrage Esclaves (2009). Le texte explore les liens historiques, mémoriels et identitaires entre l’Afrique de l’Ouest et le Brésil, à travers la quête personnelle d’un archéologue afro-brésilien confronté à l’héritage de la traite négrière transatlantique[1],[2].
Résumé
Le roman suit Candinho Santana, archéologue des fonds marins travaillant pour l’UNESCO au sein du programme Archeos, chargé de recenser les épaves de navires négriers. Invité à une série de conférences au Brésil, à Rio de Janeiro, Recife et Salvador de Bahia; Santana découvre, au-delà de son travail scientifique, une quête intime: celle de ses origines dispersées entre les deux rives de l’Atlantique. À travers ses rencontres, notamment avec Dalva dos Santos Boivin, une anthropologue brésilienne blanche consciente de ses ascendances africaines, le narrateur explore les thèmes de la mémoire, du métissage, et du pardon. Le récit mêle présent et passé, entre les souvenirs de Ti-Brava, village africain marqué par l’histoire des Aguda (descendants d’esclaves revenus du Brésil), et les traces laissées au Brésil par la diaspora africaine. Le roman se clôt sur une réconciliation symbolique entre les héritages africain et brésilien[3],[4],[5],[1],[6].
Thèmes
Les Enfants du Brésil aborde plusieurs thèmes majeurs:
- La mémoire de la traite négrière et la nécessité d’un travail de réappropriation historique par les descendants africains;
- La quête identitaire et la reconstruction de soi face à un passé occulté;
- Les liens culturels et spirituels entre l’Afrique et le Brésil, notamment à travers les croyances du Vodoun;
- La question du métissage et du dévoilement des origines.
Selon l’auteur, il s’agit de « remonter le cours du temps pour exhumer les débris poisseux de la mémoire », et de refuser que « les esclavagistes écrivent l’histoire à la place des esclaves »[4],[1].
Contexte et genèse
Kangni Alem a expliqué avoir conçu Les Enfants du Brésil à partir d’un voyage au Brésil entrepris en 2006, lors de ses recherches pour Esclaves. Ce séjour l’a conduit à Recife, Salvador de Bahia et Rio, où il a collecté des notes de terrain et rencontré une étudiante en anthropologie qui inspira le personnage de Dalva. L’auteur évoque la genèse du roman comme une exploration de ce qu’il n’avait pas trouvé dans Esclaves: « Dans la démarche d’un écrivain, ce n’est pas ce qu’on trouve qui est intéressant. C’est ce qu’on n’a pas trouvé » Kangni Alem, entretien à Lomé, 2017[4],[5],[1],[7].
Liens avec Esclaves
Les Enfants du Brésil reprend plusieurs personnages et motifs du roman Esclaves (2009). Les deux récits forment un diptyque autour de la mémoire des Afro-Brésiliens (Aguda), ces anciens esclaves revenus du Brésil pour s’installer au Bénin et au Togo au XIXᵉ siècle. L’auteur poursuit ici la réflexion sur la responsabilité africaine dans la traite, mais la déplace vers une interrogation existentielle: comment vivre avec un héritage partagé entre bourreau et victime[3],[4],[5],[7]?
Réception critique
L’ouvrage a été salué par la critique pour sa profondeur historique et sa construction non linéaire, entremêlant récit de voyage, introspection et enquête mémorielle. Selon Jeune Afrique, le roman « met en lumière la nécessité pour Africains et Brésiliens d’écrire eux-mêmes leur histoire ». Des analyses universitaires, notamment à l’Université de Lausanne (Gonzalez, Géocritique du voyage en Amérique latine, 2021), soulignent la portée géocritique du texte et sa place dans une trilogie diasporique aux côtés de Filles de Mexico de Sami Tchak et Les coqs cubains chantent à minuit de Tierno Monénembo[8],[3],[4].
Éditions
- 2017 : Les Enfants du Brésil, Éditions Graines de Pensées / Frat’Mat Éditions, Lomé-Abidjan, 198 p. (ISBN 9782916101699)[9],[2]
Voir aussi
- Cola Cola jazz
- Esclaves (roman, 2009)
- Kangni Alem
- Octaviano Olympio
- Sylvanus Olympio
Notes et références
- « Les enfants du Brésil, Kangni Alem (2017) - Chroniques littéraires africaines », (consulté le )
- « Kangni Alem - Les enfants du Brésil », sur Librairie La Procure (consulté le )
- « « Les enfants du Brésil » : l’histoire est une affaire de dévoilement », sur Mosaïques (consulté le )
- « Littérature : et il est comment le dernier… Kangni Alem ? », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- « Kangni Alem : Les enfants du Bresil » (consulté le )
- ↑ « Kangni Alem | Les enfants du Brésil », sur Africa Vivre (consulté le )
- Anani AGBOH, « Kangni Alem : "Et moi, pour lui rendre hommage à la fin, j’ai décidé d’écrire un roman dans lequel elle serait le personnage" », sur Lomé Inside, (consulté le )
- ↑ Axel Gonzalez, « Géocritique du voyage en Amérique latine dans "Les enfants du Brésil" de Kangni Alem, "Les coqs cubains chantent à minuit" de Tierno Monénembo et "Filles de Mexico" de Sami Tchak. », iris.unil.ch, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Livre : Les enfants du Brésil écrit par Kangni Alem - Graines de pensées (lire en ligne)
- Portail du Togo
- Portail de la littérature française et francophone
- Portail de l’esclavage