Les Forges de Tarbes

Les Forges de Tarbes
Ancien nom Tarbes Industry
Création 2020
Dates clés 1796-1799 : Fonderie de canon à Tarbes[1]

1871 : Déplacement de l'Arsenal de Meudon vers l'Arsenal de Tarbes[2]
1971 : Intégration de l'Arsenal au GIAT[3]
2006 : Fermeture puis reprise par Vallourec[3]
2011 : Retour de la production des obus[3]
2018 : Fermeture annoncée puis reprise par Altifort[3]
2019 : Redressement judiciaire[3]
2020 : Frank Supplisson récupère le site et crée Tarbes Industry[3]
2021 : Cession de la société à Europlasma qui la renomme Les Forges de Tarbes[3]

Fondateurs Frank Supplisson
Forme juridique Société anonyme à conseil d'administration
Siège social Tarbes
Drapeau de la France France
Direction Jérôme Garnache-Creuillot
Activité Métallurgie des poudres, défense
Produits Obus[4]
Société mère Europlasma
Effectif + 20
SIREN 880623509
Site web www.europlasma.com

Les Forges de Tarbes est une filiale du groupe Europlasma depuis 2021[5]. Son histoire est conjointe à celle de l'arsenal de Tarbes, créé en 1871[3]. La société, fondée en 2020 sous le nom de Tarbes Industry, est aujourd'hui composée d'une usine spécialisée dans les corps creux pour les industriels de la défense[6].

Historique

Le site est fondé en 1871 dans les hautes Pyrénées afin de maximiser son éloignement géographique par rapport à la puissance de l'empire allemand[3],[7],[8].

Lors de la Première Guerre mondiale, 12 000 ouvriers travaillaient au sein de l’Arsenal qui est alors classé Secret-Defense[9].

En 1971, le site industriel de l’arsenal fait partie de l'ensemble industriel Giat au service du ministère de la Défense[3].

En 1982, le site industriel emploie 3 000 personnes[7].

A partir des années 1990, le site est alors pris dans la vague de désindustrialisation qui touche la France. De plus, la fin de la guerre froide et la diminution des programmes d'armements qui s'ensuit avec le passage d'une industrie de défense au second plan, impacte directement l'activité historique de l'arsenal[3],[7].

Le site est intégré dans le groupe Nexter en 2004[8].

Série de cessions

En 2006, dans le cadre d'une r[8]structuration nationale, GIAT Industries ferme l'activité « mécanique » de son site à Tarbes. Ce plan, qui a pour but de faire baisser les effectifs nationaux de l'entreprise, permet à Sagem et Vallourec le transfert de certains postes[10]. L'ancien site est ainsi récupéré par la mairie de Tarbes, Vallourec et Sagem[11].

De ce fait, des 800 employés du site ne restent plus que 80 salariés employés à GIAT, au département pyrotechnique, travaillant notamment en 2021 à dispenser des formations sur les explosifs primaires[12].

Le site de Sagem, ouvert en 2004[13], est quant à lui racheté par Alcen en 2011 et regroupé au sein d'Alsyom[14]et compte, en 2019, 185 employés[15].

Vallourec, qui a repris l'atelier des forges[11], entame la procédure de vente de son site en 2017[16]. En 2018, Altifort rachète le site de Tarbes[17].

En 2020 la société Tarbes Industry est créée par Frank Supplisson[18], avec la cession du site de Altifort[17] pour 1000 euros[19].

En 2021, Frank Supplisson est mis en examen pour abus de biens sociaux et blanchiment en bande organisée de fraude fiscale aggravée dans le cadre du rachat d’Ascometal en Lorraine[3],[20].

Il accepte l'offre[21] d'Europlasma de céder Tarbes Industry pour 10 000 euros[22]. Le site dispose alors d'une vingtaine d'employés et de la capacité à produire des corps creux[23] pièce essentielle notamment pour les obus de 155 mm standard de l'artillerie en vigueur au sein de l'Otan et employée dans les munitions du canon Caesar.

Cet achat a aussi pour objectif de permettre à l'entreprise de produire elle-même les pièces nécessaires à ses torches à fusion[9],[24].

Les besoins en obus de l'Ukraine suite à l'invasion russe de février 2022 vont relancer les Forges de Tarbes dans le coeur de métier historique[7].

Production

Avant la guerre en Ukraine de Février 2022, la production était de 2 000 unités par an. La prise de conscience à l'échelle de l'Europe et du monde entraine une demande de réarmement globale en munitîons. La production est alors multipliée par 50[25].

En effet, la crise a « remis au premier plan la question de la souveraineté industrielle en matière de défense et rendu de nouveau important l’intérêt de maîtriser la chaîne complète de fabrication des munitions » comme l'analyse le directeur adjoint de l'usine, Anthony Cesbron[26].

Les Forges de Tarbes font passer leur production de corps creux de gros calibres pour obus d'artillerie de 40 000 pièces en 2023 à 160 000 pièces par an en 2025 avec un investissement d'environ 15 millions d'euros suite à la demande engendrée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les Forges obtiennent des prêts de l'état français pour un total de 7,1 millions d'euros répartis entre 2023 et 2025[27].

Notes et références

  1. « Les grandes industries de Tarbes », sur persee.fr (consulté le ).
  2. « Les débuts de la Troisième République dans les Hautes-Pyrénées », sur persee.fr (consulté le ).
  3. « Les Forges de Tarbes, qui usinent les obus des canons Caesar, relancées par la guerre en Ukraine », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « https://www.nrpyrenees.fr/2025/02/24/letat-avance-41-millions-deur-aux-forges-de-tarbes-pour-soutenir-sa-montee-en-puissance-et-quadrupler-la-production-12524806.php »
  5. « Acquisition de Tarbes Industry – Europlasma Group » (consulté le )
  6. « INDUSTRIES – Europlasma Group » (consulté le )
  7. Euractiv avec AFP, « Les besoins en obus de l'Ukraine relancent les Forges de Tarbes » Accès libre, sur https://euractiv.fr/, (consulté le )
  8. Pascal RABILLER, « Armement : comment les Forges de Tarbes ont retrouvé un avenir industriel à l’épreuve de la guerre », Sud-Ouest,‎ (lire en ligne)
  9. Hugues Olivier DUMEZ, « Il avait failli fermer avant la guerre en Ukraine, ce site industriel est devenu stratégique » Accès libre, sur https://actu.fr/, (consulté le )
  10. « Giat Industries ferme son site de Tarbes. », sur ladepeche.fr (consulté le )
  11. Laurent Marcaillou, « Tarbes réinvestit l'ancien site de Giat Industries », Les Echos,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  12. « Pyrotraining : Un nouveau centre de formation pyrotechnique à la Chapelle-Saint-Ursin » Accès libre, sur knds.fr, (consulté le )
  13. EETimes, « Sagem ouvre une nouvelle entité industrielle à Tarbes », sur EE Times, (consulté le )
  14. « Sagem Défense et Sécurité : Le site tarbais passe dans le giron d'Alcen », sur ladepeche.fr (consulté le )
  15. « Alsyom connaît un succès atomique », sur ladepeche.fr (consulté le )
  16. L'Usine Nouvelle, « Six candidats intéressés par la reprise du site de Vallourec à Tarbes », L'Usine Nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Déconfinement : les salariés de Tarbes Industry, ex-Vallourec et ex-Altifort de nouveau inquiets pour leur avenir », sur France 3 Occitanie, (consulté le )
  18. « Société LES FORGES DE TARBES : Chiffre d'affaires, statuts, extrait d'immatriculation », sur www.pappers.fr (consulté le )
  19. « Tarbes. Vallourec devenue Altifort : mêmes causes, mêmes effets… », sur ladepeche.fr (consulté le )
  20. « Le repreneur d’entreprises en difficulté Frank Supplisson mis en examen », sur SudOuest.fr, (consulté le )
  21. « Hautes-Pyrénées : un accord de reprise signé pour l'usine Tarbes Industry - ici », sur ici, le média de la vie locale, (consulté le )
  22. « Le tribunal de commerce valide la reprise de Tarbes Industry par Europlasma », sur nrpyrenees.fr (consulté le )
  23. « Hautes-Pyrénées : Europlasma va racheter Tarbes Industry et investir sur le site », sur ladepeche.fr (consulté le )
  24. Frank Niedercorn, « Déchets : Europlasma cible Tarbes Industry pour fabriquer ses torches à plasma », Les Echos,‎ (lire en ligne Accès libre)
  25. Agathe MAHUET, « "Si ce n’était pas nous, d’autres auraient produit ça ailleurs" : avec la guerre en Ukraine, les Forges de Tarbes multiplient par 50 leur production d'obus » Accès libre, sur https://www.franceinfo.fr/, (consulté le )
  26. Euractiv avec AFP, « Les besoins en obus de l'Ukraine relancent les Forges de Tarbes » Accès libre, sur https://euractiv.fr/, (consulté le )
  27. Enzo Legros, « L’État avance 4,1 millions d’€ aux Forges de Tarbes pour soutenir sa montée en puissance et quadrupler la production », sur La Nouvelle République des Pyrénées,

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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