Les Fusils de la mère Carrar

Les Fusils de la mère Carrar
Titre original
(de) Die Gewehre der Frau Carrar
Format
Langue
Auteur
Genre
Date de création
Date de parution
Œuvre dérivée
De geweren van vrouw Carrar (d)
Die Gewehre der Frau Carrar (en)

Les Fusils de la mère Carrar (Die Gewehre der Frau Carrar en allemand) est une pièce de théâtre du dramaturge allemand Bertolt Brecht écrite en 1937, en collaboration avec Margarete Steffin. Elle est créée en à Paris.

La pièce

L'action se déroule l'espace d'une journée dans une petite maison de pêcheurs d'un village andalou près de Malaga, en Espagne, où vivent Teresa Carrar et ses deux fils ; leur père, Carlo, est mort pendant la guerre civile d'une balle dans le poumon. Les fils de Teresa voudraient rejoindre le front républicain ; leur mère s'y oppose. Juan, âgé de 20 ans, part pêcher en mer, tandis que son frère José, âgé de 15 ans, veille à la fenêtre pour voir si la lampe de Juan est toujours allumée. Pedro, le frère de Teresa, de retour du front, vient leur rendre visite ; il n'est intéressé que par les fusils du défunt. Ils commencent à discuter de la guerre et, peu à peu, différentes personnes, dont Manuela, une milicienne amie de Juan, se joignent à eux, chacune ayant une opinion différente sur la guerre. Pedro et Manuela soutiennent que s'abstenir d'agir revient à soutenir objectivement Franco. Teresa Carrar veut se tenir à l'écart de la guerre civile avec ses deux fils, car « ceux qui prennent l'épée périront par l'épée » (Évangile selon Matthieu 26, 52). Elle cache les fusils de son mari.

Soudain, des femmes et deux pêcheurs arrivent chez elle avec Juan, enveloppé dans une voile imprégnée de sang : le fils de Teresa a été abattu par un navire franquiste qui passait par là. Sa mère change alors brusquement d'attitude : lorsqu'elle apprend la percée des franquistes près de Malaga, elle tire les trois fusils de leur cachette, en prend un elle-même et part au front avec son frère et son fils[1].

Représentations

Premières

La première a lieu en France les 16 et à Paris salle Adyar[N 1],[3], dans une mise en scène de Slátan Dudow[2], avec Helene Weigel dans le rôle-titre de Theresa Carrar, Steffie Spira (de), Hans Altmann, Werner Florian, Günter Ruschin, S. Schidloff et Claude Vernier sous le pseudonyme de Rolf Hain[4]. Bertolt Brecht y concrétise pour la première fois son désir de documenter visuellement ses spectacles et s’adjoint la collaboration du photographe allemand Josef Breitenbach (de) qui avait fui l’Allemagne nazie en 1933 et ouvert à Paris un atelier de photographie[5],[6].

La première allemande a lieu après la Seconde guerre mondiale le au Hebbel Theater (de) à Berlin[7].

En Allemagne

En France

À la télévision

Notes et références

Notes

  1. ↑ Petite salle de spectacle datant de 1912, square Rapp dans le 7e arrondissement[2].

Références

  1. ↑ Henri Plard, « Les écrivains allemands », dans Marc Hanrez (dir), Les écrivains et la guerre d'Espagne, Paris, Pantheon Press France, coll. « Les Dossiers H », (lire en ligne Accès libre), p. 27.
  2. Mélanie Trugeon, « Un cinéaste antifasciste à Paris : Slatan Dudow (1934-1939) », 1895 - Mille huit cent quatre-vingt-quinze, no 60,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  3. ↑ (en) Anthony Squiers, An Introduction to the Social and Political Philosophy of Bertolt Brecht: Revolution and Aesthetics, Amsterdam, Rodopi, (ISBN 9789042038998), p. 188.
  4. ↑ Exilés en France : souvenirs d'antifacistes allemands émigrés (1933-1945) (préf. Gilbert Badia), Paris, François Maspero, (lire en ligne), p. 29.
  5. ↑ Massimo Agus, « Bertolt Brecht et les Modellbücher. Genèse d’un paradigme représentatif », Focales, no 3,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  6. ↑ Frédérique Fanchette, « Breitenbach, une autre Allemagne », Libération,‎ (lire en ligne).
  7. ↑ (de) Werner Hecht, Brecht Chronik 1998–1956, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, (ISBN 978-3-518-41858-1), p. 59.
  8. ↑ Marielle Silhouette, « Ruth Berghaus, directrice du Berliner Ensemble (1971-1977) », Théâtre/Public, vol. 3, no 209,‎ , p. 136-142 (lire en ligne Accès libre).
  9. ↑ « Les Fusils de la mère Carrar [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  10. ↑ « Les Fusils de la mère Carrar à Ivry-sur-Seine », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Les Fusils de la mère Carrar de Bertolt Brecht », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. ↑ « Les Fusils de la mère Carrar [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  13. ↑ René Solis, « Brecht, la guerre le temps d'une fournée », Libération,‎ (lire en ligne)
  14. ↑ « Les Fusils de la mère Carrar [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  15. ↑ « Les Fusils de la mère Carrar », sur Théâtre de l'Épée de Bois, .
  16. ↑ Yves-Alexandre Julien, « Les fusils de la mère Carrar ou le pacifisme selon Brecht ... », sur sites.theatrotheque.com, .
  17. ↑ (de) Werner Hecht (dir.), Alles was Brecht ist ... Fakten – Kommentare – Meinungen – Bilder, Francfort sur-le-Main, Suhrkamp, 1997, p. 267-270 (ISBN 978-3-518-40911-4).

Bibliographie

  • Michel Vanhelleputte Michel, « Bertolt Brecht et la Guerre d'Espagne », Revue belge de philologie et d'histoire, t. 65, no 3,‎ , p. 515-521 (lire en ligne Accès libre).

Liens externes

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