Les Gangsters
| Les Gangsters | ||||||||
| Auteur | Hervé Guibert | |||||||
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| Pays | France | |||||||
| Genre | roman autobiographique | |||||||
| Éditeur | Éditions de Minuit | |||||||
| Date de parution | 1988 | |||||||
| Type de média | Livre | |||||||
| Nombre de pages | 108 | |||||||
| ISBN | 2707311766 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Les Gangsters est un roman d’Hervé Guibert paru aux Éditions de Minuit en 1988. Empruntant la forme d’un roman noir, le récit relate le dépouillement des tantes de l’auteur par des escrocs se faisant passer pour des ouvriers du bâtiment. Durant le dernier tiers du roman, le narrateur, atteint d’un zona, abandonne peu à peu l’enquête au profit d’une démarche introspective.
Résumé
Alors que le narrateur souffre d'un zona qui lui donne d'insupportable démangeaisons, il est forcé de surmonter son mal pour essayer de sauver ses deux vieilles tantes, Suzanne et Louise, qui sont en train de se faire dépouiller par une bande d'escrocs. Ces derniers, sous prétextes de bricolage au noir dans le pavillon des vieilles femmes, leur ont extorqué plus de 600 000 francs d'économies et des bons du Trésor[1].
Historique
Le livre est publié en même temps que Mauve le Vierge. Il sort aux Éditions de Minuit, imprimé sans résumé de quatrième couverture ni sous-titre. En recoupant certaines informations du texte, on peut constater qu'il a été écrit à partir du et que l'action dure du au . Son écriture a du avoir lieu peu après celle de Mes parents et en même temps que celle de Vous m’avez fait former des fantômes[2].
Analyse
Seul le nom de zona est mentionné dans le texte. La maladie, le sida, est tenue à distance du texte, refoulée mais pourtant omniprésente. À ce titre, le texte est à rapprocher de Fou de Vincent et de L'incognito[3].
Dans une sorte de roman noir, Guibert met en scène ses tantes Suzanne et Louise comme personnages principaux. Les deux femmes avaient pour la dernière fois été au centre d'un livre de l'écrivain dans Suzanne et Louise. Cela avait aussi failli être le cas dans Mes parents, avant que le livre ne prenne une autre direction[2].
Guibert décrit d’abord les atteintes du temps sur les deux femmes âgées, ce temps qui est maintenant compté : « C’est fou ce que l’écriture va vite, comme une flèche dans l’inanité du temps ». Leur souffrance interpelle la sienne. Il tente sans succès de fuir son angoisse[4] en abandonnant le récit[1]. En effet, après les deux tiers du livre, l'histoire de gangsters paraît s'essouffler, comme si l'auteur s'en désintéressait. Il raconte trois histoires à son père, puis part en voyage avec son amant Vincent[2]. Durant ce voyage il écrit des lettres à « T. »., un autre de ses amants. Ces lettres, qui terminent le roman, sont un prétexte du narrateur pour mettre en sécurité ses écrits en les envoyant à un tiers. Grâce à ce procédé littéraire, Guibert substitue à une véritable correspondance une sorte de journal, plus centré sur lui que sur un éventuel correspondant[5].
Guibert ravive l'aspect roman noir du livre dans la dernière phrase. Alors qu'il visite avec Vincent une grotte où battent les vagues, il écrit : « Je ne l’ai pas entendu venir, je sens les mains de Vincent dans mon dos. Est-ce qu’elles me poussent ou est-ce qu’elles me caressent ? »[2]. La mention de la chute, qui ferme le texte, ouvre Fou de Vincent[6].
Certains auteurs ont souligné les références à des codes homosexuels dans la dernière partie du texte : trou du diable, voleurs[7].
Bibliographie
- Jean-Pierre Boulé, « Les Gangsters/Fou de Vincent », dans Hervé Guibert: Voices of the Self, Liverpool University Press, (ISBN 9780853238614), p. 165-175
Notes et références
- « Hervé Guibert, pervers polymorphe », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- Boulé 2004.
- ↑ Carole Dornier (dir.) et Renaud Dulong (dir.), Ésthétique du témoignage, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, (ISBN 2-7351-1052-4), p. 205
- ↑ Mathieu Lindon, Je vous écris, récits critiques, P.O.L., (ISBN 2867449898), p. 19
- ↑ Arnaud Genon, L’Aventure singulière d’Hervé Guibert, Mon Petit Éditeur (ISBN 9782748384567), p. 52
- ↑ Bruno Blanckeman, Les récits indécidables: Jean Echenoz, Hervé Guibert, Pascal Quignard, Presses universitaires du Septentrion, (ISBN 2859396136), p. 119
- ↑ Ralph William Sarkonak, Angelic echoes, (ISBN 0-8020-4794-7, BNF 37691755), p. 126
Liens externes
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