Les Noces rouges
| Réalisation | Claude Chabrol |
|---|---|
| Scénario | Claude Chabrol |
| Acteurs principaux |
Claude Piéplu Michel Piccoli Stéphane Audran Clotilde Joano |
| Sociétés de production |
Les Films de La Boétie Canaria Film Italian International Film |
| Pays de production |
|
| Genre | drame |
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 1973 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Les Noces rouges est un film franco-italien de Claude Chabrol et sorti en 1973.
Synopsis
Paul Delamare (Claude Piéplu) est député-maire d'une petite ville de l'Indre[1]. Sa femme, Lucienne (Stéphane Audran), a un amant, Pierre Maury (Michel Piccoli). Il a la possibilité d'influer sur l'achat d'un terrain pour la ville et est engagé comme adjoint du maire. Pierre, marié à Clotilde (Clotilde Joano), continuellement malade pour une raison non précisée, finit par empoisonner sa femme.
Paul Delamare convoque un jour Pierre et Lucienne pour leur dire qu'il sait tout de leur relation. Les deux amants assassinent alors Paul en simulant un accident de voiture ; celui-ci ne donne lieu à aucune enquête et l'affaire est aussitôt classée sans suite à la demande du « président »[2], compte tenu de l’importance politique de Paul.
Mais Hélène, la fille de Lucienne, qui a deviné que Pierre est l'amant de sa mère, demande à celle-ci de lui dire la vérité sur cette relation. Lucienne lui avoue que Pierre est bien son amant, sans en dire plus. Hélène, ne sachant que penser de la culpabilité de sa mère, envoie à la police une lettre qui relance l'enquête. Pierre avoue rapidement les deux crimes.
La dernière image du film montre Pierre et Lucienne, menottés, main dans la main, dans un fourgon de gendarmerie, alors que l'officier chargé de l’enquête leur demande benoîtement pourquoi ils ne sont pas partis pour refaire leur vie ailleurs.
Fiche technique

- Titre : Les Noces rouges
- Réalisation : Claude Chabrol, assisté d'Alain Wermus
- Scénario : Claude Chabrol, d'après un fait réel survenu dans le département de la Creuse
- Photographie : Jean Rabier
- Montage : Jacques Gaillard
- Son : Guy Chichignoud
- Décors : Guy Littaye
- Costumes : Karl Lagerfeld
- Maquillage : Alexandre Marcus
- Musique : Pierre Jansen ; orchestre dirigé par André Girard
- Producteur : André Génovès
- Sociétés de production : Les Films de La Boétie (France) et Canaria Film, Italian International Film (Italie)
- Société de distribution : Les Films de La Boétie
- Pays de production : France et Italie
- Langue originale : français
- Format : couleur (Eastmancolor) — 35 mm — Ratio 1,66:1 — Mono
- Genre : drame
- Durée : 92 min
- Date de sortie :
- France :
Distribution
- Michel Piccoli : Pierre Maury
- Stéphane Audran : Lucienne Delamare
- Claude Piéplu : Paul Delamare
- Clotilde Joano : Clotilde Maury
- Eliana de Santis : Hélène Chevalier, la fille de Lucienne
- Daniel Lecourtois : le préfet
- Ermano Casanova : le conseiller
- Pippo Merisi : Berthier
- François Robert : Auriol, l'officier de police
- Henri Berger (non crédité)
- Maurice Fourré (non crédité)
- Philippe Fourré (non crédité)
- Gilbert Servien (non crédité)
Box Office
Le film a accueilli 829 232 spectateurs en salles françaises à sa sortie[3].
Production
Fait divers originel
L'histoire s'inspire de l'affaire criminelle des amants diaboliques de Bourganeuf dans la Creuse en 1970. Le , René Balaire, artisan-commerçant en chauffage sanitaire, meurt brûlé vif dans l'accident de la voiture conduite par son épouse Yvette Balaire, qui en réchappe « miraculeusement ». L'enquête révèle qu'il a été abattu de deux balles de revolver par l'amant d'Yvette, Bernard Cousty. Le procès, à Limoges, en 1972, conduit à la condamnation de Bernard Cousty, le , à la peine de mort pour le double assassinat de sa femme et de René Balaire, et, pour Yvette, à dix ans de réclusion pour complicité[4],[5],[6].
Un recours en cassation fut introduit, et le jugement renvoyé devant la cour d'assises de Bordeaux, qui siégea du 26 au , et condamna Bernard Cousty à la prison à perpétuité[6],[7].
Chabrol s'inspira directement de ces faits pour l'écriture de son scénario.
Générique
Le film s'ouvre sur une citation d'Eschyle tirée des Euménides (acte IV scène 1)[8] :
— Oreste : « Déesses, décidez si je suis innocent ou coupable. Quel que soit votre arrêt, je m'y soumets. »
— Minerve : « Cette cause est difficile. Quel mortel oserait la juger ? »
Tournage
Le tournage du film se déroule du au à Valençay et dans la Brenne, dans le département de l'Indre[9],[10].
Sortie et accueil
Date de sortie
Les Noces rouges est le dernier film français relatant une affaire judiciaire à avoir vu sa sortie reportée de quinze jours sur décision administrative et non judiciaire. En effet, le visa d'exploitation fut demandé le , soit deux mois avant le procès ; mais cette sortie allait tomber au beau milieu du procès aux assises des accusés de l'affaire de Bourganeuf. La Commission de classification des œuvres cinématographiques, par une décision du , estima que la sortie du film risquait de nuire à la sérénité des débats[6],[11],[12],[13].
Le film sort sur les écrans français le avec une interdiction aux moins de 13 ans ; le film sera classé tous publics en 1990[12].
Critique
Box-office
Références
- ↑ La ville et la population de Valençay sont remerciés au générique.
- ↑ À la sortie du film, le président de la République est Georges Pompidou, visible sur le portrait officiel affiché en mairie.
- ↑ « Les noces rouges », sur JP Box Office (consulté le )
- ↑ Bernard Gilles, « Les amants diaboliques de Bourganeuf », Le Populaire, .
- ↑ Sylvain Larue, Les Grandes Affaires criminelles. Crimes passionnels, Paris, Éditions De Borée, , p. 352-367.
- « Interdiction temporaire du film Les Noces rouges » sur lemonde.fr du .
- ↑ « Peine de mort : quarante ans après le discours de Badinter, retour sur le dernier condamné à mort à Limoges », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, (consulté le ).
- ↑ « Ciné-club : Les noces rouges de Claude Chabrol », sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
- ↑ « 1973 : dans les coulisses du film Les Noces rouges de Claude Chabrol », sur ina.fr (consulté le ).
- ↑ « Pour ses Noces rouges, Claude Chabrol avait choisi l’Indre », sur lanouvellerepublique.fr, (consulté le ).
- ↑ Mathilde Lemaire, « Abus sexuels dans l'Église : la sortie du film "Grâce à Dieu" sera-t-elle reportée ? », France TV Info, .
- « Conseil d'État, Assemblée du 8 juin 1979, 05164, publié au recueil Lebon » [archive du ], sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Georges Meyer, « Chapitre 3. La censure politique », Culture et Société, , p. 95–127 (ISSN 0993-6416, lire en ligne, consulté le )
Annexes
Bibliographie
- Les Noces rouges par Françoise Audé-Jeancolas, Jeune Cinéma, no 70, , p. 28.
- Gérard Legrand, Positif, no 149, , p. 72.
- Jacqueline Lajeunesse, La Saison cinématographique 73, , p. 264.
Liens externes
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Résumé et analyse sur cineclubdecaen.com.
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