Les Répondeuses

Les Répondeuses
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Siège
Pays
Organisation
Fondatrices
Carole Roussopoulos, Mimi Bastille (d), Danielle Prévôt (d)

Les Répondeuses est un collectif féministe en non-mixité créé en qui a proposé, jusqu'en , un dispositif d'information par téléphone, sur répondeur.

Historique

L'initiative, créée le par des militantes du Mouvement de libération des femmes, est portée par une dizaine de femmes[1], incluant notamment Carole Roussopoulos[2],[3]. Un répondeur téléphonique est mis en place au 545-35-35 : on peut y laisser une information féministe ou une question, après avoir écouté le message de répondeur, changé chaque soir, qui résume en trois minutes les informations reçues[4].

Le service est interrompu en et reprend en au 539-80-30[5], le numéro 545-35-35 étant utilisé pour laisser un message[6].

Le collectif non mixte s'étoffe jusqu'à atteindre 17 membres en [2]. Faute de moyens[7] et en raison du développement d'autres moyens d'information comme le Minitel[4], l'initiative s'arrête par un dernier message envoyé le et une fermeture du local du groupe en [7].

Organisation

Les messages reçus pendant la journée, y compris certains insultants et misogynes[4], sont consignés sur des carnets[1],[3]. Les femmes qui préparent le message du lendemain sont alors libres de leur choix d'informations, ne se limitant pas à un courant particulier du féminisme[4].

Les frais s'élèvent en moyenne à 500 francs par mois[4]. Plusieurs soirées non mixtes sont organisées pour réunir des fonds pour le collectif, au Bataclan ou à la salle Wagram[8],[9], en lien avec d'autres structures féministes comme la librairie Carabosses[10]. En , une collecte de fonds est organisée pour permettre à plusieurs personnes d'appeler le numéro simultanément, après un blocage de la ligne dû à un trop grand nombre d'appels[11].

Postérité

Une initiative similaire est proposée à Grenoble[12], en [4], par un groupe de quatre personnes, appelé Les Répondeuses 38, joignable au (76) 48 44 27[13].

Les archives du collectif parisiens, incluant cassettes audio et carnets, sont conservées à la bibliothèque Marguerite-Durand[3]. Le fonds des messages enregistrés sur cassettes audio est numérisé en [14].

Références

  1. C. D., « Les répondeuses ! », Histoires d'elles, vol. 2, no 1,‎ , p. 18–18 (lire en ligne, consulté le )
  2. (en) Tamara Chaplin, Becoming Lesbian: A Queer History of Modern France, University of Chicago Press, (ISBN 978-0-226-83654-6, lire en ligne)
  3. Juliette Eyméoud, « Le fonds du groupe Les Répondeuses », sur L'effet Marguerite, (consulté le )
  4. « Les Répondeuses (1977-1984). Des féministes au bout du fil », sur France Culture, (consulté le )
  5. « Les répondeuses », Sorcières : les femmes vivent, vol. 16, no 1,‎ , p. 62 (lire en ligne, consulté le )
  6. Christine Fauré, « Actions des associations féminines », Femmes Diplômées, vol. 128, no 1,‎ , p. 104–107 (DOI 10.3406/femdi.1984.5337, lire en ligne, consulté le )
  7. « Fonds « Les Répondeuses » », sur Archives du Féminisme (consulté le )
  8. « 539.80.30 - Allo ? Les répondeuses ! », Histoires d'elles, vol. 10, no 1,‎ , p. 15 (lire en ligne, consulté le )
  9. « Grande fête des Répondeuses », Histoires d'elles, vol. 21, no 1,‎ , p. 7 (lire en ligne, consulté le )
  10. « 1970-2020 : Quarante ans de pratiques féministes en Île-de-France » [PDF], sur https://www.elianeviennot.fr/, (consulté le )
  11. « Les répondeuses : Téléphone : 331 81 53 », Histoires d'elles, vol. 3, no 1,‎ , p. 18 (lire en ligne, consulté le )
  12. Alban Jacquemart et Camille Masclet, « Mixités et non-mixités dans les mouvements féministes des années 1968 en France », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 46,‎ , p. 221–247 (ISSN 1252-7017, DOI 10.4000/clio.13784, lire en ligne, consulté le )
  13. « Les Répondeuses 38 », sur Bibliothèques patrimoniales de Paris (consulté le )
  14. Marie Bobichon, « Les Répondeuses », sur L'effet Marguerite, (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail des femmes et du féminisme
  • icône décorative Portail des télécommunications