Let 'Em Eat Cake
| Let 'Em Eat Cake | |
Poster promotionnel (1933) | |
| Livret | George S. Kaufman Morrie Ryskind |
|---|---|
| Lyrics | Ira Gershwin |
| Musique | George Gershwin |
| Mise en scène | George S. Kaufman |
| Chorégraphie | Eugene Van Grona (en) Ned McGurn |
| Décors | Albert R. Johnson |
| Costumes | Kiviette John Booth Jr. |
| Production | Sam H. Harris (en) |
| Première | Imperial Theatre, Broadway |
| Dernière | |
| Nb. de représentations | 90 |
| Langue d’origine | Anglais |
| Pays d’origine | États-Unis |
Let 'Em Eat Cake (Qu'ils mangent de la brioche) est une comédie musicale de George et Ira Gershwin créée à Broadway en 1933 sur un livret de George S. Kaufman et Morrie Ryskind.
Présentation
Après le succès de Strike up the Band en 1927, deux autres comédies musicales satiriques et socio-politiques sont créées par George Gershwin sur des lyrics de Ira Gershwin et un livret de George S. Kaufman et Morrie Ryskind : Of Thee I Sing en 1931 et Let ’Em Eat Cake en 1933[1].
Let 'Em Eat Cake, dont le titre fait ouvertement référence à la phrase attribuée à Marie-Antoinette (« S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! »), est créé le à l'Imperial Theatre de Broadway[1].
La partition de Gershwin est proche de l'opéra-comique, avec des harmonies ponctuées de dissonance, un mélange de récitatifs, de chansons et de chœurs dans une complexité de forme jamais atteinte par le compositeur et des ensembles qui changent rapidement de tonalité dans une ambiance déroutant les spectateurs mais soutenant l'action dramatique[2].
Le livret, qui évoque une Amérique totalitaire basculant dans la dictature, tire à boulets rouges de manière inhabituelle pour un spectacle de Broadway, sur le président des États-Unis, les personnalités politiques, la Cour suprême, l'armée, les fascistes, etc.[2]. Les auteurs se sont inspirés de la situation politico-économique de la Grande Dépression pour montrer le contraste entre le mode de vie des riches et celui de la classe ouvrière. Malgré le caractère burlesque du livret et la qualité de la musique, le fond du sujet, plus sombre que celui des deux comédies musicales précédentes, refroidit le public et la critique[1].
Satires politiques jugées « trop brûlantes », ni Of Thee I Sing ni Let 'em Eat Cake ne sont jamais adaptées à Hollywood[3].
Si Of Thee I Sing (prix Pulitzer de l'œuvre théâtrale en 1932) connaît un succès retentissant avec 441 représentations, ce n'est pas le cas de Let 'em Eat Cake qui n'est monté que 89 fois. Cette dernière est pourtant souvent considérée comme une répétition générale pour Porgy and Bess[4].
Alors qu'elle n'a plus été entendue à New York depuis 1987, la comédie musicale est montée à Carnegie Hall en 2019 par the MasterVoices (en) sous la direction de Ted Sperling (en)[5]. Michael Tilson Thomas enregistre Let 'em Eat Cake avec l'orchestre de l'église Saint-Luc et les New York Choral Artists en 1987[6],[2]. L'œuvre est notamment donnée en 2024 par l'orchestre philharmonique de Londres dirigé par Simon Rattle à la Philharmonie Luxembourg[7].
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Argument
Satire politique, Let 'em Eat Cake raconte l'histoire d'un président américain fictif qui ne parvient pas à se faire réélire. Inspiré par le fascisme en Europe, il décide, avec l'ancien vice-président, de renverser le gouvernement.
Acte I
Le président Wintergreen se présente à sa réélection (Wintergreen for President), mais, en raison de la Grande Dépression persistante , il subit une défaite écrasante face à John P. Tweedledee (Tweedledee for President ). Wintergreen tente, sans succès, de faire annuler les résultats de l'élection devant la Cour suprême . On apprend également que Diana Deveraux a divorcé de Throttlebottom pour épouser l'ambassadeur de France. Après la fin de son mandat, Wintergreen lance, avec Throttlebottom et leurs associés, un commerce de chemises bleues, confectionnées par sa femme Mary, sur Union Square (Union Square). Sur cette place, Kruger, un agitateur, proclame son slogan : « « À bas tout ce qui est en haut ! » » (Down With Everyone Who's Up). Après avoir discuté avec Kruger, Wintergreen décide que, pour augmenter les ventes de chemises, ils devraient promettre une révolution (Comes the Revolution) ou être remboursés (Mine), en prenant l'exemple des Chemises brunes et des Chemises noires européennes . Le commerce prospère (Shirts by Millions), et Mary appelle les femmes à rejoindre la New DAR Blue (Climb Up the Social Ladder ) afin de dynamiser les ventes de chemises pour femmes. Wintergreen a désormais besoin du soutien de l' Union League Club, car le général Snookfield en est membre (Cloistered from the Noisy City). Throttlebottom les persuade en leur annonçant que les Britanniques attaquent Bunker Hill (Comes the Revolution reprise). Ayant obtenu le soutien de l' Union League Club, les Chemises Bleues rencontrent Snookfield pour planifier le renversement du gouvernement (On and On and On). Le 4 juillet à neuf heures, à l'arrivée des Chemises Bleues, Snookfield donnera le signal à ses soldats pour capturer Tweedledee. Le jour même, dans les jardins de la Maison-Blanche, Tweedledee prononce un discours lorsque Snookfield part avec Trixie pour une réception (I've Brushed My Teeth). Les Chemises Bleues arrivent et constatent que le général a disparu ; les soldats sont désemparés (The General's Gone to a Party). Tweedledee promet à l'armée « un dollar par jour, qu'il ne paiera peut-être pas ». Wintergreen promet à l'armée le remboursement des dettes de guerre de la Société des Nations, ce que les soldats acceptent. Tweedledee est destitué et Wintergreen proclame que « le pays de la liberté est de nouveau libre » (Let 'Em Eat Cake).
Acte II
La Maison Blanche est repeinte en bleu (Blue, Blue, Blue). La Cour suprême, désormais enchaînée, est amenée devant Wintergreen. Il décide de faire preuve de clémence car la Cour a célébré son mariage. La Cour est transformée en équipe de baseball (Who's the Greatest?). Lorsque la Société des Nations arrive pour discuter du remboursement des dettes de guerre, on lui répond « On comprend pas » (No Comprenez, No Capish, No Versteh) à l'évocation de la question ; seule la Finlande rembourse sa dette. Kruger, désormais chef de l'armée suite à la disgrâce de Snookfield, fait également pression sur Wintergreen pour qu'il se souvienne de sa promesse. Wintergreen propose une solution : les dettes seront réglées à quitte ou double par un match de baseball. Si la Société des Nations perd, une autre réunion sera organisée pour en discuter. Kruger accepte l'offre de la Société des Nations, à savoir l'argent de la Finlande, comme pari annexe. Throttlebottom accepte avec hésitation d'être l'arbitre du match. Le jour du match, les Supreme Ball Players (Play Ball), la League (When the Judges Doff the Ermine) et l'armée de Kruger tentent d'influencer Throttlebottom pour qu'il enfreigne les règles à leur avantage.
Les États-Unis perdent le match suite à une décision controversée de l'arbitre Throttlebottom. Les soldats réclament des comptes, malgré les objections de Wintergreen et de ses associés (Oyez, Oyez, Oyez). Le « Procès de Throttlebottom » se déroule devant un tribunal militaire. Kruger, l'armée et les joueurs de baseball demandent l'exécution de Throttlebottom, l'accusant d'intelligence avec l'ennemi. Wintergreen et ses associés s'y opposent, jusqu'à ce que l'armée les prenne pour cible. Kruger et l'armée exigent leur dû (A Hell of a Hole). Après que Wintergreen leur a proposé une part du commerce de chemises, l'armée menace de tout rafler (Down With Everything That's Up — reprise). Malgré ses supplications, affirmant avoir tout fait pour obtenir l'argent (It Isn't What You Did), Kruger condamne Wintergreen et ses acolytes à la décapitation. Mary et les épouses des condamnés entrent et annoncent être enceintes. Kruger affirme que cette stratégie a peut-être fonctionné il y a quatre ans, lors de la procédure de destitution de Wintergreen, mais qu'elle est inefficace avec l'armée. Trixie, qui contrôle la Marine, arrive et s'allie à Kruger (First Lady and First Gent). Kruger proclame : « Qu'ils mangent du caviar ! » (Let 'Em Eat Caviar).
Le jour de l'exécution arrive. Dans leur cellule, Wintergreen, Throttlebotton et le Comité discutent des circonstances qui les ont menés à cette situation. La foule se rassemble ensuite pour assister aux exécutions (Hang Throttlebottom in the Morning). Une guillotine achetée en France est dévoilée, et Snookfield est présenté comme le bourreau. Throttlebottom étant célibataire, il sera exécuté en premier. Après une série d'incidents avec la guillotine, Mary interrompt la cérémonie. Elle organise un défilé de mode (Fashion Show) avec des robes arrivées sur le même bateau que la guillotine. Après s'être fait rappeler que la couleur de la révolution est le bleu et qu'elles ne peuvent porter ces nouvelles robes, les femmes se révoltent. Kruger proteste, mais les soldats l'arrêtent après que Trixie leur a rappelé une fête à venir.
Wintergreen ordonne aux soldats de tirer sur Kruger. Lorsque Kruger révèle qu'il était autrefois couturier, Wintergreen décide de s'associer avec lui. Wintergreen renonce à la révolution et rétablit la république et la Cour suprême. Tweedledee arrive et Wintergreen lui confie son vice-président, Throttlebottom, puisqu'il ne se souvient plus du sien. Tweedledee décline la présidence, car il va devenir président de Cuba. Throttlebottom devient alors président. Après que Wintergreen a promis du gâteau au peuple et Kruger du caviar, Throttlebottom leur promet de la glace à la pistache, qu'il détestait auparavant.
Fiche technique
- Titre original : Let 'Em Eat Cake
- Livret : George S. Kaufman et Morrie Ryskind
- Lyrics : Ira Gershwin
- Musique : George Gershwin
- Mise en scène : George S. Kaufman
- Chorégraphie : Eugene Van Grona (en) et Ned McGurn
- Direction musicale : William Daly (en)
- Orchestrations : Edward Powell
- Décors : Albert R. Johnson
- Costumes : Kiviette et John Booth Jr.
- Producteur : Sam H. Harris (en)
- Nombre de représentations : 90
- Date de la première :
- Date de la dernière :
- Lieu : Imperial Theatre, Broadway
Distribution originale
- Rôles principaux
- William Gaxton : John P. Wintergreen
- Lois Moran : Mary Wintergreen
- Victor Moore : Alexander Throttlebottom
- Reste de la distribution
(sélection, par ordre alphabétique)
- Florenz Ames : général Adam Snookfield
- Vivian Barry : Mme Jones
- Alice Burrage : Mme Gilhooley
- Dudley Clements : Matthew Arnold Fulton
- Charles Conklin : un secrétaire
- Consuelo Flowerton : Mme Lyons
- Charles Fowler : Snodgrass
- Evelyn Hannons : une gouvernante
- Don Hudson : un policier
- George Kirk : le lieutenant
- David Lawrence : A. Flunkey
- Philip Loeb : Kruger
- George E. Mack : sénateur Robert E. Lyons
- Mary Jo Matthews : Mme Fulton
- Harold Moffet : Francis X. Gilhooley
- Hazzard Newberry : Pete
- Abe Reynolds : Louis Lippman
- Ralph Riggs : le président de la Cour Suprême / le président de l’Union League Club
- W. Francis Robertson : Oncle William
- Edward H. Robins : sénateur Carver Jones
- Grenna Sloane : Mme Lippman
- Richard Temple : John P. Tweedledee
- Morris Tepper : le russe
Numéros musicaux
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Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Let 'Em Eat Cake » (voir la liste des auteurs).
- « London Symphony Orchestra. Sir Simon Rattle : Programme », sur deneb.philharmoniedeparis.fr, (consulté le )
- Laurent Valière, « Gershwin le magnifique » [podcast (à 33'42)], sur radiofrance.fr/francemusique, (consulté le )
- ↑ Marguerite Chabrol, « L’Esprit du burlesque : Une autre histoire du « musical » hollywoodien », sur puv-editions.fr, (consulté le )
- ↑ (en) Victor Gluck, « Let 'em Eat Cake », sur theaterscene.net, (consulté le )
- ↑ (en) « Let 'en Eat Cake », sur mastervoices.org, (consulté le )
- ↑ François-Xavier Szymczak, « Hommage à Michael Tilson Thomas (1944-2026). MTT et les années 80 » [podcast (à 1h8min36)], sur radiofrance.fr/francemusique, (consulté le )
- ↑ « Sir Simon Rattle « Journey to America » », sur philharmonie.lu, (consulté le )
Liens externes
- Ressource relative à la musique :
- Ressource relative au spectacle :
- Galerie photos sur le site de la New York Public Library
- (en) « Full Synopsis », sur mtishows.com (en) (consulté le )
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