Li livres dou trésor

Une page enluminée par Maître de l'Échevinage de Rouen. Bibliothèque de Genève

Li livres dou trésor est une œuvre encyclopédique du XIIIe siècle rédigée en ancien français par Brunetto Latini entre et [1],[2]. L’ouvrage regroupe des connaissances médiévales relevant de l’histoire, de la théologie, des sciences naturelles, de l’éthique et de la rhétorique. Il constitue l’une des premières encyclopédies rédigées dans une langue vernaculaire romane plutôt qu’en latin[3].

Histoire de rédaction

Brunetto Latini compose son œuvre durant son exil en France qui a duré de 1260 à 1268[4]. Il choisit le roman comme langue, et se justifie ainsi: « Et se aucuns ( si quelqu'un ) demandoit por quoi cist ( ce ) livres est escriz en roman, selonc le language des François, puisque nos somes Ytaliens, je diroie que ce est por .ij.² raisons: l'une, car nos somes en France; et l'autre porce que la parleure (le parler) est plus delitable (délectable) et plus commune à toutes gens» [5]. Le recours au vernaculaire répondait à une volonté de diffusion du savoir au-delà du latin savant.

Contenu

L’œuvre est structurée en trois parties principales:

  • La première partie intitulée De la naissance de toutes choses, comprend l'histoire du monde depuis Adam jusqu'à l'année 1266, on y trouve notamment des éléments d’histoire universelle (biblique, antique et médiévale), ainsi que des exposés sur les sciences naturelles telles que l’astronomie, la géographie, la météorologie, et la description de certaines espèces animales[6],[7].
  • La deuxième partie est consacrée à l’éthique et à la morale. Latini y rassemble et adapte des réflexions de moralistes classiques et médiévaux sur les vertus, les vices et la conduite humaine, dans l’esprit des traités d’éthique qui complètent souvent les encyclopédies médiévales[8].
  • La troisième partie aborde la rhétorique et la politique. Latini y expose des principes d’art oratoire inspirés des classiques comme Cicéron et des traités politiques médiévaux, ainsi que des conseils pratiques sur la bonne gouvernance et l’organisation sociale, faisant de cette section un véritable manuel pour les dirigeants[9].

Dans cette structure tripartite, le Livre dou Tresor combine l’encyclopédisme traditionnel, la morale civique et la science politique, reflétant l’ambition de Latini de fournir une culture générale complète à un public lettré non latiniste.

Éditions

L’édition moderne de référence fut publiée à Paris en 1863 par Polycarpe Chabaille[10]. Une autre reproduction est disponible en accès libre via Archive.org[11].

Notes et références

  1. ↑ Encyclopaedia Britannica, notice « Brunetto Latini », consultée le , https://www.britannica.com/biography/Brunetto-Latini
  2. ↑ Auguste Rochette, Anthologie du moyen âge, Paris, Gigord, , 284 p. (lire en ligne)
  3. ↑ Jacqueline Risset, Dante, une vie, Paris, Flammarion, , 51 p.
  4. ↑ Louis Adolphe Terracher, Revue Linguistique romane, t. 24, 1960, pp. 7.
  5. ↑ Marcel Braunschvig, Notre littérature étudiée dans les textes, vol. 1, Paris, 1. Colin, , 6 p. (lire en ligne)
  6. ↑ Cahiers de Recherches Médiévales, « Brunetto Latini, le Livre dou Tresor et l’histoire sainte », consulté en ligne, https://journals.openedition.org/crm/10772
  7. ↑ Histoire de la langue et de la littérature françaises au moyen age
  8. ↑ Notice « TRESOR (Li livres dou) », Devoir-de-philosophie.com, consulté en ligne, https://www.devoir-de-philosophie.com/fiches-de-lecture/tresor-li-livres-dou
  9. ↑ Cahiers de Recherches Médiévales, art. cit., https://journals.openedition.org/crm/10772
  10. ↑ Brunetto Latini, Li livres dou trésor, éd. P. Chabaille, Paris, 1863, Préface, numérisé par la BNF, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k29286n.image
  11. ↑ Archive.org, Li livres dou trésor, éd. 1863, https://archive.org/details/lilivresdoutreso00latiuoft
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