Libres d'obéir
| Libres d'obéir | |
| Auteur | Johann Chapoutot |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Histoire |
| Éditeur | NRF |
| Date de parution | 2020 |
| Nombre de pages | 176 |
| ISBN | 9782072789243 |
Libres d'obéir (sous-titré Le Management, du nazisme à aujourd'hui) est un ouvrage[1] de Johann Chapoutot, historien spécialiste d'histoire contemporaine et du nazisme.
Résumé
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Dans cette étude, Johann Chapoutot interroge l’essence du management et en explore la généalogie. L’Europe conquise, il fallait l’administrer. Face à cette nécessité de gérer un immense territoire avec une pénurie de ressources humaines, le IIIe Reich entreprit de transformer son administration. Le principe central de cette réorganisation fut la délégation des pouvoirs et la responsabilisation des cadres ; le modèle, l’armée prussienne. Après-guerre, les mêmes hommes appliquèrent le même système aux entreprises, avec succès : ils avaient créé les conditions du miracle économique ouest-allemand[2].
Cet essai est centré sur la personnalité de Reinhard Höhn, juriste et membre influent du parti nazi. À partir de cette étude de cas, Chapoutot souligne la continuité intellectuelle entre le penseur politique nazi d'avant 1945 et le théoricien du management et fondateur de l'Académie des cadres de Bad-Harzburg Akademie für Führungskräfte der Wirtschaft Bad Harzburg (de) dans l'Allemagne libérale d'après 1945. Sans assimiler le management à une entreprise criminelle, l'auteur montre comment l'organisation du IIIe Reich s'inscrit dans notre modernité.
Réception critique
Marcel Guenoun, ancien directeur de l'IGPDE, regrette que Johann Chapoutot « ne tienne pas compte des nombreux travaux socio-historiques sur le développement des idées managériales publiques en Allemagne », conteste que l'Allemagne nazie et notamment Reinhard Höhn ait été le précurseur de la Nouvelle gestion publique (New Public Management). Sur ces sujets, l’ouvrage contient, selon Marcel Guenoun, de nombreuses approximations et ses assertions « sont en opposition parfois frontale avec les travaux disponibles en sciences administratives et en gestion publique ». Marcel Guenoun soutient qu’« en théorie comme en en pratique, les agences contemporaines ne viennent pas d’Allemagne, mais du monde anglo-saxon, via la théorie économique des coûts de transaction et de l’agence »[3].
Thibault Le Texier, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) estime que le livre est un « requisitoire partisan »[4]. Selon d'autres détracteurs dont Aurélien Rouquet, rédacteur en chef de la Revue française de gestion[5], l'auteur userait d'analogies injustifiées et se placerait désormais sur le terrain du pamphlet plutôt que sur celui de la recherche académique[6],[7].
Bibliographie
- Franck Aggeri, « Lectures : Le mythe des racines nazies du management », Alternatives économiques, (lire en ligne, consulté le ).
- Hervé Charmettant, « Quand le management rencontre l’Histoire », Œconomia, nos 11-4, , p. 681-700 (ISSN 2113-5207, e-ISSN 2269-8450, DOI 10.4000/oeconomia.11940, lire en ligne).
- Yves Cohen, « Johann Chapoutot, Libres d’obéir. Le management du nazisme à aujourd’hui, Paris, Gallimard, 2020, 176 p. », La nouvelle revue du travail, no 19, (e-ISSN 2263-8989, DOI 10.4000/nrt.10039, lire en ligne).
- Florent Georgesco, « Le Monde des livres : Libres d'obéir : le nazisme est-il soluble dans le management d’entreprise ? », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- Marcel Guenoun, « 06. Analyse critique du point de vue de la gestion publique de l'ouvrage de Johann Chapoutot : Libres d'obéir. Le management du nazisme à aujourd'hui », Politiques & management public, no 37, , p. 211-229 (ISSN 0758-1726, e-ISSN 2119-4831, DOI 10.3166/pmp.37.2020.0011, lire en ligne).
- Marcel Guenoun, « Se tromper de guerre : Johann Chapoutot sur les sentiers de la gloire », Management international, vol. 24, no 4, , p. 169–172 (ISSN 1206-1697, e-ISSN 1918-9222, DOI 10.7202/1074369ar, lire en ligne).
- Thibault Le Texier, « La Reductio ad Hitlerum de Johann Chapoutot : quand l'idéologie l’emporte sur la rigueur historique », Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 67, no 3, , p. 171–187 (ISSN 0048-8003, DOI 10.3917/rhmc.673.0173, lire en ligne).
- Aurélien Rouquet, « Chapoutot et l'arnaque du « management nazi » », Élucidations managériales, no 3, , p. 10-13 (e-ISSN 3098-467X, DOI 10.3917/elma.003.0010, lire en ligne).
- Les influences nazies du management sur France Culture : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/les-influences-nazies-du-management-moderne-6089887
Notes et références
- ↑ Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui, Paris, Gallimard, coll. « NRF Essais », , 176 p. (ISBN 978-2-07-278924-3)
- ↑ Armand Grabois, « Libres d'obéir de Johann Chapoutot », sur Dygest, (consulté le )
- ↑ Marcel Guenoun, « Se tromper de guerre : Johann Chapoutot sur les sentiers de la gloire », Management international, vol. 24, no 4, , p. 169–172 (ISSN 1206-1697, e-ISSN 1918-9222, DOI 10.7202/1074369ar, lire en ligne)
- ↑ Thibault Le Texier, « La Reductio ad Hitlerum de Johann Chapoutot : quand l'idéologie l’emporte sur la rigueur historique », Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 67, no 3, , p. 171–187 (ISSN 0048-8003, DOI 10.3917/rhmc.673.0173, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Aurélien Rouquet, « Chapoutot et l'arnaque du « management nazi » », Élucidations managériales, no 3, , p. 10-13 (e-ISSN 3098-467X, DOI 10.3917/elma.003.0010, lire en ligne).
- ↑ Elsa Margueritat, « "II devait débattre avec moi, il a fini par me couvrir d'injures par mail" : Johann Chapoutot, l'historien militant », sur Marianne, (consulté le )
- ↑ Florent Georgesco, « Le Monde des livres : Libres d'obéir : le nazisme est-il soluble dans le management d’entreprise ? », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
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