Liquiliqui

Le prix Nobel de littérature colombien, Gabriel García Márquez, portant un liquiliqui lors de la cérémonie de remise des prix.

Le liquiliqui ou liquilique est un costume traditionnel de la région Llanos, une région du nord de l'Amérique du Sud qui se situe entre la Colombie et le Venezuela[1]. Ce dernier constitue une adaptation créole du traditionnel Barong Tagalog et des costumes du peuple Yakan des Philippines, introduits dans la Vice-royauté de Nouvelle-Grenade par les routes commerciales reliant Manille, Acapulco, Veracruz et Carthagène des Indes[2].


Le , le Liquiliqui est officialisé comme costume traditionnel national du Venezuela.

Caractéristiques

Il est majoritairement utilisé comme tenue masculine porté lors de fêtes et évènements sociaux, ainsi que pour la danse du joropo. Également, le liquiliqui est devenu le symbole des Llanos ou de la figure du llanero, en général, il est également utilisé comme un symbole nationaliste[3].

Il se compose d'une veste, pantalon et espadrilles. En Colombie et au Venezuela, il s'en confectionne différents matériaux et de diverses couleurs.

La veste est à manches longues, elle a de 5 à 6 boutons, lesquels ont l'habitude d'être métalliques. Cette dernière est ornée habituellement par deux poches à la hauteur de la poitrine, mais il existe plusieurs variantes . Le costume ne se porte pas avec une cravate ou un nœud papillon. Le pantalon doit être de la même couleur que la veste.

Traditionnellement, seules les couleurs blanche, grise ou beige étaient utilisées ; pourtant, il s'est postérieurement incorporé les couleurs bleu marine, noir, vert olivier, entre autres[3].

Histoire

L'origine du liquiliqui, costume traditionnel des plaines de Colombie et du Venezuela, est historiquement liée aux routes commerciales du Galion de Manille. Cette thèse soutient que le vêtement est une adaptation créole de pièces d'Asie du Sud-Est, telles que le Barong Tagalog ou les vestes des groupes ethniques des Philippines. L'introduction de textiles asiatiques dans les ports coloniaux a permis l'évolution d'une tenue fusionnant la structure militaire européenne avec la coupe fonctionnelle des vêtements du Pacifique, adaptée au climat tropical[2].

La parenté morphologique entre le liquiliqui et l'habillement philippin se reflète notamment dans l'usage du col officier (ou col mandarin) et la disposition des boutons. La circulation d'artisans et de marins asiatiques entre Acapulco et Carthagène des Indes a facilité la transmission de ces techniques de couture. Intégrés par la société des Llanos, ces éléments ont transformé une pièce d'origine transocéanique en un symbole d'identité régionale, conservant encore aujourd'hui les codes du design des vestes de gala insulaires d'Asie du Sud-Est[4].

Références

  1. (es) CorreodeLara, « El liqui-liqui, historia y origen », sur CORREO DE LARA, (consulté le )
  2. (es) « Circulación y consumo de productos chinos en la Nueva Granada en el siglo XVIII. Una mirada comparativa con la economía del Pacífico », sur hermes.unal.edu.co
  3. (es) « Cómo es y qué simboliza el liquiliqui, el traje tradicional de Venezuela que (también) divide a gobierno y oposición », BBC News Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. url=https://historicas.unam.mx/publicaciones/publicadigital/libros/hallazgo_pacifico/04_13_economia_filipina.pdf
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