Lise Daniels

Lise Daniels
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Lise Daniels

Naissance
Drapeau de Paris Paris
Décès
Chaumont
Activité principale mezzo-soprano,
Activités annexes pédagogue
Formation Conservatoire de Versailles
Maîtres Fanny Malnory-Marseillac
Conjoint Lucien Granger (1931-1936)

Lise Daniels, née le à Paris et morte le , est une cantatrice mezzo-soprano dont la carrière s’étend des années 1930 à la fin des années 1950.

Biographie

Fille d’Alexandre Daniels, courtier diamantaire d’origine néerlandaise, vétéran décoré de la Grande Guerre[1], et de Jeanne Bloch, violoniste engagée dans la vie intellectuelle[2], Lise Daniels grandit dans un milieu artistique et cultivé. Élève de Fanny Malnory-Marseillac[3], elle obtient également une licence de philosophie à la Sorbonne en 1929. En 1931, elle épouse Lucien Granger[4]. Le couple divorce en 1936.

Elle mène sa carrière musicale sous le nom de scène Lise Granger-Daniels, puis à nouveau Lise Daniels après son divorce. Son répertoire se concentre d’abord sur la mélodie, avec une prédilection pour la musique française (Gabriel Fauré, Maurice Ravel, Claude Debussy), la musique romantique (Robert Schumann, Franz Schubert, …), mais également la musique sacrée, et plus occasionnellement l’opéra. Elle explore toutes les époques musicales, interprétant aussi bien des œuvres baroques que contemporaines.

Sa carrière musicale débute à Hossegor, lieu de villégiature et de vie intellectuelle animé par Maxime Leroy, figure du monde des lettres, et sa mère, Jeanne Daniels[5]. Elle fait ainsi ses débuts dès la fin des années 1920, soutenue par sa professeure Fanny Malnory-Marseillac. ainsi que ses premiers pas radiophoniques en 1930 sur Radio-Paris[6].

Dès 1931, elle se produit à Genève et à la Société Chateaubriand à la Vallée-aux-Loups[7] avec Irène Aïtoff, qui deviendra, avec Hélène Pignari, l’une de ses principales accompagnatrices. En 1932, elle participe à un concert à Hossegor en présence de Maurice Ravel[8]; elle chante également pour la première fois à Paris en public, prestation saluée par la critique[9].

Après une pause en 1933, probablement à l’occasion de la naissance de sa fille, elle reprend sa carrière en 1934 et, en 1935, sa notoriété s’affirme à travers deux concerts majeurs, salués par la critique[10] et marquant sa rencontre avec Manuel Rosenthal et le Trio Pasquier[10].

Entre 1936 et 1939, Lise Daniels connaît une période d’intense activité. Elle participe à un grand nombre de concerts – souvent plus de vingt-cinq par an – et multiplie les apparitions radiophoniques, jusqu’à plus de soixante-dix en 1939. Son rayonnement s’étend à l’international avec des tournées en Belgique, en Italie, en Autriche, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni[11].

En 1936, elle participe à la première française de Christophe Colomb de Darius Milhaud à Nantes et à la salle Pleyel, avec l’Orchestre symphonique de Paris dirigé par Pierre Monteux[12], puis interprète Judith d’Arthur Honegger avec l’Orchestre national dirigé par le compositeur[13].

En 1937, elle chante Oedipus Rex et Jeux de cartes, dont c’est la première audition en France, d’Igor Stravinsky sous la direction du compositeur. Elle interprète également le rôle de Concepción dans L'Heure espagnole de Ravel, dirigée par Manuel Rosenthal[14].

En 1939, elle participe au concert inaugural du Palais de Chaillot dans un programme consacré à Fauré et dirigé par Charles Munch[15]. Cette même année, elle présente les enregistrements réalisés pour le label L’Oiseau-Lyre[16]. Couronnement symbolique de cette période, elle fait la une de L'Art musical en [17].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, sa carrière est interrompue. D’origine juive et, malgré sa conversion au catholicisme, elle est arrêtée en 1942 et relâchée in extremis, alors qu’elle allait être déportée. Elle s’enfuit avec sa fille et vit cachée jusqu’à la Libération, grâce à l’aide de plusieurs musiciens et amis, dont Charles Bruck et Marcel Landowski[18]. Après l’interruption due à la guerre, elle chante à nouveau en 1945 avec Manuel Rosenthal et l’Orchestre National[19]. Elle participe aux tournées fondatrices des Jeunesses musicales de France, en province et en Afrique du Nord, prend part à des concerts-hommages (Aragon, Milhaud) ou à des créations de musique contemporaine comme avec Marcel Landowski[20], s’entoure de nouveaux partenaires, tels que Camille Maurane et Gérard Souzay, et continue de promouvoir la musique et la création contemporaine, en particulier à la radio.

Elle enseigne à domicile et, dès 1948[21], au Conservatoire de Versailles, avec parmi ses élèves Berthe Kal, Sylvette de Micheaux et Régine Chauvet, tout en continuant ses représentations publiques ou à la radio, jusqu’en 1957. Elle décède en 1971 à Chaumont (Haute-Marne).

Concerts particulièrement notables

  • 1936 : Première française de Christophe Colomb de Darius Milhaud[12].
  • 1937 : Interprétation d'Oedipus Rex et Jeux de cartes d’Igor Stravinsky, lors de sa première audition en France,
  • 1939 : Interprétation de Conception dans L'Heure espagnole de Ravel lors du Concert inaugural du Palais de Chaillot[14],
  • 1945 : Concert avec Manuel Rosenthal et l’Orchestre National[19]

Références

  1. Archives de Paris / archives_FRAD075RM_D4R1_1946_0554_D
  2. « Les concerts », L'Art musical,‎ , p. 17-32 (lire en ligne)
  3. « Hossegor, "La gazette", Capbreton », Gazette de Bayonne, Biarritz et du Pays basque,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  4. « Mondanités », Comœdia,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. Jean-Claude Drouin, « Un homme de lettres à Hossegor, Maxime Leroy », Association Littéraire des Amis du Lac d’Hossegor,‎ , p. 41 - 50
  6. « Louise Daniels dans Courrier de la TSF Radio Paris », Le petit journal,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  7. « La Société Chateaubriand », Mercure de France,‎ , p. 760 (lire en ligne)
  8. Manuel Cornejo,, Ravel Chronologie 2018-2022, Les amis de Maurice Ravel, (lire en ligne)
  9. « Concert », L'Intransigeant,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  10. « Lise Grange Daniels Un concert Franco-italien », Le Figaro,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  11. Jean Chantavoine, « Hollande à Amsterdam Concert de Mme Lise Daniels cantatrice œuvres de Fauré, Debussy et Ravel », Le Ménestrel,‎ , p. 166 (lire en ligne)
  12. Robert Brussel, « Chronique des concerts A l'orchestre symphonique de Paris Christophe Colomb », Le_Figaro,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  13. Hélène Jourdan-Morhange, « Impressions musicales », La République,‎ , p. IV (lire en ligne)
  14. « Chronique des Concerts », Le Figaro,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  15. « Concerts symphoniques à Paris », L’art musical,‎ , p. 724 (lire en ligne)
  16. François Couperin, « Extrait enregistré de la Seconde leçon des ténèbres » [audio], sur Gallica,
  17. « Lise Daniels », L'Art musical,‎ (lire en ligne)
  18. Karine le Bail, Musique, pouvoir, responsabilité : la politique musicale de la Radiodiffusion française, La musique ou pas, être musicien sous l'occupation, Paris, CNRS Éditions, 2005 2016
  19. Yves Petitpierre, « La Musique Stawinsky et nous », Clarté hebdomadaire de combat,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  20. Hélène Jourdan-Morhange, « Musique Hommage à Darius Milhaud », Ce soir,‎ (lire en ligne)
  21. Archives municipales de Versailles/ Dossier C21/Arrêté du 20 juillet 1948 de Jean Hubeau

Voir aussi

Liens externes

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