Littérature rom

La littérature rom désigne l'ensemble des littératures orales et écrites des Roms, de toute langue, de toute époque, de tout lieu.

Langue

La langue romani (ou rromani ou rromanès) est une langue d'origine indo-aryenne (indo-iranienne, inod-européenne).

Le romani s'est distingué des autres langues indo-aryennes du Nord-Ouest au cours du long séjour de ses locuteurs (1071-1381) dans le Sultanat de Roum, sous domination seldjoukide en Anatolie, où la langue officielle était le persan et les langues vernaculaires le grec et l'arménien. Le romani s'est enrichi en chemin de nombreux mots d'origine dite néo-persane (pārsi-ye darbāri, post-pahlavi), arménienne, grecque, byzantine, pontique, mais aussi tatare lors de sa diffusion au XIIIe siècle au nord du Caucase et dans la steppe pontique[1].

Les emprunts aux diverses langues européennes avec lesquelles le romani s'est ensuite trouvé en contact, sont postérieurs au XIVe siècle. En Europe, continuent à exister divers groupes et dialectes de la langue romani. L'ensemble mondial des locuteurs serait en 2020 d'environ 5 000 000.

Histoire

Aucune tentative d'identification collective ne semble avoir abouti avant le XXe siècle. Les principales raisons en sont la grande part de l'oralité, ou, lorsque a forme écrite est adoptée, la multiplicité des langues utilisées et la faible notoriété des petits éditeurs spécialisés dans ces langues[2].

Deux colloques universitaires internationaux et pluridisciplinaires organisés par Cécile Kovacshazy ont permis de faire avancer la recherche sur le sujet. Le premier ("Littératures romani: fiction ou réalité?") a eu lieu en novembre 2008 à l'Université de Limoges, il a permis de définir et délimiter le sujet. Le second colloque ("Une ou des littératures romani?") a eu lieu en novembre 2009 à l'Université de Paris Sorbonne ; il a permis d'approfondir les travaux de recherches initiés à Limoges, plus particulièrement sur des productions littéraires d'Europe centrale et orientale.[3] Parmi les participants, il y avait notamment Beate Eder Jordan, Elena Sadilkova, Marcel Courthiade, Cécile Kovacshazy et Henriette Asséo. Ces événements scientifiques ont donné lieu à la publication de 3 volumes dans la revue française Études tsiganes : n°36, 37 et 43 (accessibles à la médiathèque Matéo Maximoff et sur CAIRN)[4],[5],[6].

Pour la France, il existe une thèse analysant les travaux de onze écrivains romani, Joseph Doerr, Lick Dubois, Vania de Gila-Kochanowski, Miguel Haler, Sandra Jayat, Roberto Lorier, Matéo Maximoff, Esmeralda Romanez, Luiz Ruiz, Joseph Stimbach et Sterna Weltz[7].

En février 2026 un colloque universitaire a été organisé sur Sandra Jayat[8].

On peut régulièrement lire dans la revue Études tsiganes ou dans la revue de la Gypsy Lore Society des articles consacrés à la littérature romani.

  • John Bunyan (1628-1600), revendiqué comme Rom par certains
  • Heinrich von Wlislocki (1856-1907), nombre d'œuvres, dont Fleurs de bruyère. Chansons folkloriques des Tsiganes de Transylvanie (1880, Allemagne)
  • Gina Ranjivic (1830-1891), Chants tsiganes (1864, Suède)
  • Ceferino Giménez Malla (1861-1936)

En 1925, en URSS, est fondée une Union des RRom de toute l'Union soviétique, avec un périodique Nevo drom (Nouvelle voie), une revue Romani Zora, des émissions de radio, un enseignement de langue romani, le Théâtre Romen.

  • Adyam Tikno (1875c-1948c)[9]
  • Gheorghe A. Lăzăreanu-Lăzurică (en) (1892-?)
  • Alexandre Vieceslavovic Germano (1893-), prosateur, dramaturge, traducteur , La vie sur des roues
  • Constantin S. Nicolăescu-Plopșor (en) (1900-1968)
  • Michallo Bezliudsko (1901-?), dramaturge
  • Marja Poljakova (?-?)
  • Evdokia Orlova (?-?), dramaturge, Perdus derrière le chant
  • Nina Dudarova (Nina Alaxandrovna Dudarova, 1903-1992)
  • Ivan Rom-Lebedev (1903-1991), musicien, poète
  • Helios Gómez (1905-1986), peintre, dessinateur
  • Bronisława Wajs Papusza (1908c-1987), Chants de Papusa
  • Nikolai Sakievic (1917-?), poète
  • Matéo Maximoff (1917-1999), Le prix de la liberté[10] (1996)
  • Slobodan Berberski[11] (1919-1989), Sans maison sans tombe (anthologie, 1990)
  • Elena Lacková (1921-2003)
  • Menyhért Lakatos (1926-2007), Couleur de fumée
  • Pisla Helmstetter (1926-2013)
  • Tera Fabiánová (cs) (1930-2007)
  • Andrej Giňa (cs) (1930-2015)
  • Katarina Taïkon (1932-1995)
  • Ceija Stojka (1933-2013), Wir leben in Verborgenenen (1989)
  • Ronald Lee (en) (1934-)
  • Ion Cioabă (it) (1935-1997), supposé roi
  • Gérard Gartner (1935-)
  • Andrej Giňa (en) (1936-2015)
  • Ilko Mazuro (1938c-), philologue
  • Karlo Rudevic (1939-)
  • Ivan Romano
  • Dezider banga (1939-)[12], poète
  • Sandra Jayat (1939-2025)
  • Choli Daróczi József (hu) (1939-), Sur la face tordue de Dieu (1990), Douloureusement entre les langues (1994), revue Rrom som
  • Leksa Manuš[13] (1942-1997)
  • Veijo Baltzar (en) (1942-), finlandais[14]
  • Ian Hancock (1942-)
  • Rasim Sejdic (1943-1981), poète
  • Margita Reiznerová (cs) (1945-)
  • Rajko Đurić (1947-), Sans maison sans tombe (anthologie, 1990)
  • Muharem Serbezovski (1950-)
  • Alexandre Romanès (1951-)
  • Seladin Saliesori (1952-)
  • Károly Bari, Bari Karoly (1952-)
  • Irena Eliášová (cs) (1953-)
  • Florin Cioabă (1954-2013), supposé roi
  • Jovan Nikolić (en) (1955-)
  • Iljaz Saban (1955-)
  • Bajram Haliti (en) (1955-)
  • Kiba Lumberg (en) (1956-)
  • Alfonso Mejia-Arias (en) (1961-)
  • Ali Krasniqi (en) (?-), nouvelliste, kosovar
  • Santino Spinelli (it) (1964-), auteur, compositeur, dramaturge, Duj forat mulo (Deux fois mort)
  • Najo Adžović (1971-)
  • Tony Särkkä (it) (1972-2017), chanteur
  • Caren Gussoff (en) (1973-)
  • Rona Hartner (1973-), compositrice, chanteuse
  • Dijana Pavlović (it) (1976-), actrice, activiste
  • Anina Ciuciu (1990-)

Esthétique

La littérature romani est caractéristique de ce qu'on appelle une littérature émergente. Elle explore souvent les stéréotypes discriminatoires dont les Roms sont victimes, notamment dans les littératures écrites par les gadjé[15].

Auteurs

  • Écrivains roms

Œuvres

Sélection d'ouvrages : sur babelio.com

Annexes

Bibliographie

  • Claude Bouheret, Atlas littéraire des pays d'Europe centrale et orientale, 2009, éditions Noir sur Blanc, (ISBN 978-2-88250-225-4)
  • Maria Delapierre (dir.), Histoire littéraire de l'Europe médiane (des origines à nos jours), Paris, L'Harmattan, 1998, pages 311-325
  • Marcel Courthiade, La littérature des Rroms, Sintés et Kalés, un cours de Marcel Courthiade, dans Missives, n. 225
  • (de) Julia Blandfort, Die Literatur der Roma Frankreichs, De Gruyter, , 426 p. (ISBN 9783110366655, présentation en ligne)
  • Xavier Rothea, "Piste pour une histographie des tsiganes en France" dans Études Tsiganes n°39/40, 2009/3, 2009, pages 14-41, en ligne.
  • (de) Klaus-Michael Bogdal, Europa erfindet die Zigeuner. Eine Geschichte von Faszination und Verachtung (« L'Europe invente les Tsiganes. Une histoire de fascination et de mépris »), Suhrkamp, 2011. Le dernier chapitre (« Mit eigener Stimme ») est consacré à la littérature romani. (ISBN 978-3-518-46531-8)
  • Rajko Đurić, Die Literatur der Roma und Sinti, Berlin, Ed. Parabolis, 2002. (ISBN 3884023071)
  • Marcel Courthiade et Rajko Đurić, Les Rroms dans les belles-lettres européennes, Paris, L'Harmattan, 2004. (ISBN 2747558789)
  • Littératures romani : construction ou réalité ?, Paris, Études tsiganes, n° 36 (4ᵉ trimestre), 206 p., 2008.
  • Littératures romani : construction ou réalité ?, Paris, Études tsiganes, n° 37 (1er trimestre), 176 p., 2009.
  • Une ou des littératures romani ? Littératures romani en Europe centrale et orientale, Paris, Études tsiganes, n° 43 (3ᵉ trimestre), 176 p, 2010.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Stéphane Zweguintzow, Les Roma de l'ex-URSS, in « Échos de Russie et de l'Est », Éd. B. de Saisset, 1994.
  2. Cécile Kovacshazy, « En marge d’une introduction aux littératures tsiganes », reCHERches. Culture et histoire dans l'espace roman, no 7,‎ , p. 69–77 (ISSN 1968-035X, DOI 10.4000/cher.12618, lire en ligne, consulté le )
  3. Équipe de recherche Fabula, « Colloque : Une ou des littératures romani ? », sur https://www.fabula.org, (consulté le )
  4. PMB Group, « Catalogue en ligne Médiathèque Matéo Maximoff », sur fnasat.centredoc.fr (consulté le )
  5. PMB Group, « Catalogue en ligne Médiathèque Matéo Maximoff », sur fnasat.centredoc.fr (consulté le )
  6. PMB Group, « Catalogue en ligne Médiathèque Matéo Maximoff », sur fnasat.centredoc.fr (consulté le )
  7. Blandfort 2015, p. Présentation en ligne.
  8. « Visibiliser l’oeuvre de Sandra Jayat, zingarina artiste plurielle – Société française de Littérature générale et comparée » (consulté le )
  9. « Literatura Rromaní - Marcel Courthiade », sur mundogitano.net (consulté le ).
  10. texte critique, « LITTERATURE RROMANI ET IDENTITE », sur jegouzo.com, La Dimension du sens que nous sommes, (consulté le ).
  11. (en) « SLOBODAN BERBERSKI », sur sveske.ba (consulté le ).
  12. « Dezider Banga », sur Literárne informačné centrum, (consulté le ).
  13. https://www.cairn.info/revue-etudes-tsiganes-2010-3-p-58.htm
  14. (en) « Kulttuuri ja Elämäntapa Suomessa », sur VeijoBaltzar (consulté le ).
  15. (en-US) Clea Chakraverty, « Corps gitans, rêves d’ailleurs », sur The Conversation, (consulté le )
  16. « Joseph Valet - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  17. « Joseph Valet », sur Babelio (consulté le ).
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