Livre de Vélès

La seule copie connue de la planche, qui fut nommée ainsi d'après ses premiers mot : « À Vélès ce livre est dédié... »

Le Livre de Vélès (en russe : Велесова книга) aussi appelé les Planches d'Izenbek (en russe : Дощечки Изенбека), est un ouvrage protochroniste prétendument découvert en 1919 près de Kharkiv (Ukraine).

Depuis 1953, date de sa première publication, on compte vingt éditions de l'ouvrage. Dès 1995 ce livre fait partie du programme d'enseignement secondaire et supérieur ukrainien[1],[2].

Légende de la découverte

Selon Alexander Assov (ru), écrivain et journaliste, auteur d'ouvrages sur l'histoire populaire russe, on commence à parler de ce livre au début du XIXe siècle. Les planches en bois gravées par les volkhves de Novgorod au IXe siècle, arrivent à Paris au XIe siècle par l'intermédiaire de la reine Anna, fille du prince Iaroslav le Sage, épouse d'Henri Ier. C'est le diplomate russe Piotr Doubrovski qui les emporte en Russie où ils seront achetées par Aleksandr Soulakadzev (1771-1829), un antiquaire et collectionneur de Saint-Pétersbourg, qui les expose dans son Museum des antiquités slaves. L'ouvrage disparaît ensuite jusqu'en 1919, quand il est retrouvé sur la propriété des princes Donec-Zakharjevski par un officier de l'Armée blanche Fedor Arturovich Izenbek (1890-1941). Ce dernier l'emporte à Belgrad, où il est examiné par les spécialistes yougoslaves. Avant la Seconde guerre mondiale, l'original sur bois se trouve à Bruxelles. En 1941, il est volé et probablement détruit par les nazis. Toutefois, une copie est faite par Iouri Mirolioubov (1892-1970), écrivain et historien amateur, qui commence à l'étudier. Dès 1948, Mirolioubov entre en contact avec le musée russe de San Francisco qui publie aussi bien les copies préservées que les premières études consacrées à ce texte[2].

Description

Il est présenté comme un recueil de chroniques d'un groupe de volkhves datant d'avant l'arrivée des Varègues en Russie et comme le plus ancien livre concernant l'histoire et la religion slave, dont certains passages seraient relatifs au VIIe siècle av. J.-C., et pour les plus récents au IXe siècle de l'ère chrétienne[3]. Il est considéré par les spécialistes des cultures slaves archaïques comme un faux, notamment en raison d'incohérences linguistiques[4]. Malgré tout, il est utilisé comme base par plusieurs groupes adeptes du néo-paganisme slave[5]. De nombreuses rééditions et traductions du Livre de Vélès s'inscrivent dans le "discours hyperboréen". Ce concept vise à attribuer au peuple russe des origines mythiques afin de lui créer une nouvelle historiographie[2],[3].

Notes et références

  1. ↑ Victor Shnirelman, « Les nouveaux Aryens et l'antisémitisme. D'un faux manuscrit au racisme aryaniste », Le rouge et le noir,‎ , p. 189-224 (lire en ligne)
  2. Sergeï Tchougounnikov, « De l'ésotérisme politique ? Les symboles de l'Hyperborée dans la nouvelle formation discursive russe », La Revue russe,‎ , p. 171-182 (lire en ligne)
  3. (en) Alexey Vasilyevich Trekhlebov, Legends of the Phoenix: Tales of Forgotten Past, AuthorHouse, , 540 p. (ISBN 9781481776776, lire en ligne), p. 60
  4. ↑ (en) Natalie Kononenko, Slavic Folklore: A Handbook, Bloomsbury Academic, , 232 p. (ISBN 9780313336102, lire en ligne), p. 5
  5. ↑ (en) Mariya Lesiv, The Return of Ancestral Gods: Modern Ukrainian Paganism as an Alternative Vision for a Nation, McGill-Queen's Press, , 264 p. (ISBN 9780773589667, lire en ligne)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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