Logis de la Pirounelle de Chef-Boutonne

Logis de la Pirounelle
Présentation
Type
Fondation
Localisation
Localisation

Le logis de la Pirounelle est une demeure située sur la commune de Chef-Boutonne dans les Deux-Sèvres. Il a été construit au début du 17e siècle et comporte de multiples éléments symboliques alchimiques.

L'histoire

A l'origine, le logis de la Pirounelle était appelé Pironette ou parfois Pyronette ou Pirronnette. Il fait partie du très petit cercle des demeures philosophales françaises[1]. Construit en 1613 par Jean Gadouyn, procureur fiscal puis sénéchal, le logis s'élève alors à l'écart du bourg de Chef-Boutonne qui était resserré autour de la source de la Boutonne et de son château[2].

Le logis n'abrita ses premiers propriétaires -Gadouyn et fils, seigneurs de la Pironette- que la première soixantaine d'années[3]. À partir de 1683 et pendant près de 220 ans, le logis fût un immeuble, principalement de rapport, pour la famille Desmarest, issue de Charles, intendant du château de Javarzay.

Descendant de cette famille par alliance, le maire de Chef-Boutonne Jean-Brice Viollet, prêtre défroqué sous la Terreur, y installe la gendarmerie en 1806. Elle y restera jusqu'en 1898. Depuis le départ de celle-ci, le logis est habité par ses propriétaires successifs: les familles Bonnan dont Charles fut un colonel d'artillerie au parcours militaire exemplaire, Cantener, Lepissier puis Lebeaux depuis 1981.

Le symbolisme alchimique

De nombreuses références à la symbolique des hermétistes apparaissent sur la tour escalier, notamment les trois grands principes alchimiques : le soufre, le sel et le mercure[4],[5]. On y observe des sculptures représentant la sphère armillaire, l'athanor, le lion, un arbre de vie, le soleil et la lune, ou encore un singe[6],[7],[8],[9].

Ce sont autant de marques de la volonté du constructeur et premier propriétaire alchimiste du logis de démontrer discrètement aux initiés sa recherche philosophale.

L'architecture

Le logis de la Pirounelle a une architecture sobre et assez massive. En son milieu, il intègre une belle tour escalier qui dessert les deux étages.

Le logis de la Pirounelle offre un élément représentatif de l'architecture rurale du tout début du XVIIe siècle et porte ainsi témoignage de l'organisation sociale de l'Ancien régime[10],[11],[12],[13].

Notes et références

  1. Jean-François Grimaud, La Pirounelle, le logis de l'alchimiste, Niort, Imprim Services Niort, , 50 p. (ISBN 979-10-699-3146-6), p. 9 à 15, 20 à 27, 34 à 42
  2. Raymond Proust, Chef-Boutonne - Notes d'histoire, Imp Pairault, , 87 p., p. 24
  3. Henri Beauchet-Filleau, Recherches historiques sur Chef-Boutonne, Niort, Mémoires de la Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres, 1884 - republié en 1990, 253 p., p. 113, 161, 185, 186
  4. Serge Hutin, L'alchimie, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », , 128 p. (ISBN 978-2-130-43806-9)
  5. Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Paris, Robert Laffont, , 1060 p. (ISBN 978-2-221-50319-5)
  6. Beryl Dhanjal, Signes et Symboles, Elcy, , 256 p. (ISBN 978-2-753-20189-7)
  7. Michel Cazenave, Encyclopédie des symboles, Paris, Pochothèque, , 818 p. (ISBN 978-2-253-13024-6)
  8. Alexander Roob, Alchimie & Mystiques, Taschen, , 576 p. (ISBN 978-3-836-54935-6)
  9. Priya Hemenway, Le code secret, Evergreen, , 203 p. (ISBN 978-3-836-50710-3)
  10. Jean-Marie Pérouse de Monclos, Histoire de l'architecture française - De la Renaissance à la Révolution, t. 2, Paris, Mengés, , 516 p. (ISBN 978-2-856-20374-3)
  11. Charles Auguste Auber, Histoire générale civile, religieuse et littéraire du Poitou - 9 volumes, Lib Bonamy, 1885 - 1893, 528 p.
  12. Georges Doyon et Robert Hubrecht, L'architecture rurale et bourgeoise, Paris, Charles Massin, 1942 - republié en 1990, 590 p.
  13. Georges Duby et Armand Wallon, Histoire de la France rurale - 4 volumes, Paris, Seuil, , 2493 p. (ISBN 978-2-020-19399-3)
  • icône décorative Portail des Deux-Sèvres