Lotte Schwarz (militante)
| Lotte Schwarz Lotte Benett Lotte Spengler | |
| Nom de naissance | Charlotte Benett |
|---|---|
| Naissance | Schwarzenbek (Empire allemand) |
| Décès | (à 61 ans) Wangen-Brüttisellen (ZH) |
| Nationalité | allemande et suisse |
| Cause défendue | communisme égalité entre hommes et femmes |
| Profession | domestique bibliothécaire |
| Famille | Felix Schwarz (mari) |
Lotte Schwarz est une bibliothécaire germano-suisse et une militante au sein d'organisations marxistes et socialistes, née le à Schwarzenbek et morte le à Wangen-Brüttisellen.
Elle est l'auteur d'un roman, publié à titre posthume.
Biographie
Origines, enfance et famille
Charlotte (dite Lotte) Benett naît le à Schwarzenbek, au Schleswig-Holstein, dans l'Empire allemand. Elle passe son enfance et sa jeunesse à Hambourg avec ses deux frères[1].
Son père, Johannes Paul Wilhelm Benett, est typographe ; sa mère, née Johanna Marie Karoline Wilke, est une couturière spécialisée dans la confection de linge blanc[1].
Formation, parcours professionnel et militantisme en Allemagne
Après l'école obligatoire, Lotte Benett travaille comme domestique et suit des cours à l'école professionnelle, où des représentantes connues du mouvement féministe bourgeois donnent des conférences qui lui donnent envie de changer de métier. Une enseignante lui procure un poste de bibliothécaire dans la bibliothèque publique du quartier d'Eppendorf à Hambourg qu'elle occupe de 1927 à 1934[1].
Après avoir fréquenté l'organisation des Bons Templiers (abstinence), dont elle avait fait la connaissance à cause des problèmes d'alcool de son père, elle adhère en 1930 aux jeunes communistes. En 1932, elle rejoint les Combattants rouges, d'obédience antistalinienne et dont le leader, Helmut Wagner, s'enfuit en Suisse après la prise de pouvoir par les nazis. Licenciée sans préavis pour des raisons politiques, Lotte Benett lui emboîte le pas en 1934, échappant ainsi à l'arrestation qui frappa son frère Hans Benett et d'autres membres des Combattants rouges[1].
Exil en Suisse
Lotte Benett trouve refuge à Zurich dans la pension Comi, sise dans l'arrondissement 6, tenue par Paula et Wolodja Friedmann. Socialistes réfugiés en Suisse après avoir fui la Russie tsariste, ces derniers hébergent à partir de 1933 des antifascistes persécutés de toutes tendances politiques et pour la plupart sans ressources[1].
Grâce à un mariage de convenance, durant de 1934 à 1937, avec Hans Spengler (un mécanicien qui émigre par la suite en Afrique), Lotte Spengler peut changer de profession. Au lieu de servir comme domestique, elle travaille comme vendeuse, puis pour la Guilde du livre (Büchergilde Gutenberg), et dès 1938, comme bibliothécaire au Centre de littérature sociale à Zurich (renommé par la suite Archives sociales suisses). En 1941, elle est la première femme chargée de surveiller la salle de lecture, qui constituait alors l'un des principaux lieux de rencontre et de discussion pour les émigrés[1].
En parallèle, elle publie des articles dans divers journaux et donne des conférences à la radio, portant principalement sur son univers professionnel. Elle s'intéresse également à l'architecture après avoir rencontré, aux Archives sociales, Felix Schwarz, qu'elle épouse en 1944 (sous la surveillance de la protection de l'État) et avec lequel elle a deux fils[1].
Après avoir emménagé à Brüttisellen en 1948, elle quitte son emploi aux Archives sociales pour travailler comme indépendante, principalement en tant que rédactrice pour l'entreprise Lignoform. En 1952-1953, le couple construit à Brüttisellen une maison conçue par Felix Schwarz. Lotte Schwarz décrit cette période dans son journal Tagebuch mit einem Haus, publié en 1956[1].
Activités politiques en Suisse
Peu après son arrivée à Zurich en 1934, Lotte Benett adhère au Parti socialiste et, poursuivant son combat politique, elle entretient avec son mari des contacts avec des organisations trotskistes dans les années 1950[1].
Lotte Schwarz milite surtout pour l'égalité des droits entre hommes et femmes, tant dans les journaux que sur le plan politique. Après l'adoption du droit de vote et d'éligibilité des femmes dans le canton de Zurich à la fin de 1970, elle se porte candidate au Conseil cantonal de Zurich. Bien qu'atteinte d'un cancer, elle mène activement campagne[1].
Elle parvient encore à publier un ouvrage relatant ses expériences dans le domaine politique, mais n'achève pas le manuscrit de son roman consacré à la pension Comi. Il est publié à titre posthume en 2018 (Die Brille des Nissim Nachtgeist)[1].
Mort
Lotte Schwarz meurt d'un cancer le à Wangen-Brüttisellen, dans le canton de Zurich, à l'âge de 61 ans[1].
Notes et références
- Christiane Uhlig (trad. Éric Godel), « Lotte Schwarz » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
Liens externes
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