Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant

| Pair de France | |
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| Membre du Sénat conservateur | |
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| Préfet de Dyle | |
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| Président du Conseil des Cinq-Cents | |
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| Président de la Convention nationale | |
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| Député du Calvados | |
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(à 88 ans) Paris |
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Militaire, fonctionnaire, homme politique, ministre |
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| Distinction |

Louis-Gustave Doulcet ou Le Doulcet, comte de Pontécoulant[1], né à Caen le et mort à Paris le , est un homme politique français. Il est notamment député du Calvados, brièvement président de la Convention nationale, sénateur, pair de France.
Biographie
Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant entre en 1778 dans la garde du corps du roi où il accède au grade de lieutenant-colonel en 1783.
Mandat à la Convention
La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant, alors administrateur du Calvados, est élu député du département, le septième sur treize, à la Convention nationale[2].
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention durant la guerre, et le bannissement à la paix », se prononce contre l'appel au peuple mais en faveur du sursis à l'exécution de la peine[3]. Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[4]. Le , celui-ci le dénonce, dans son journal, comme membre de la « faction des hommes d’État »[5]. Le , il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[6].
Au terme des journées du 31 mai et du 2 juin 1793, vingt-neuf députés de la Gironde sont décrétés d'arrestation. Le , Doulcet de Pontécoulant réclame la lecture d'une lettre de Pierre Vergniaud (député de la Gironde), alors en détention[7].
Le , au terme du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, Doulcet de Pontécoulant est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire[8]. Il se soustrait au décret d'accusation, se cache chez son collègue Louis-Philippe Dumont (député du Calvados) et se réfugie en Suisse à Zurich[9].
Le 17 frimaire an III (le ), la Convention lève les poursuites contre les vingt-quatre députés mis hors-de-la-loi pour s'être soustraits à leur décret d'accusation. Le 18 ventôse (le ), elle les autorise à réintégrer leur poste de député.
Le 15 floréal (le ), lors du renouvellement du Comité de Salut public, Doulcet de Pontécoulant est élu membre, le cinquième et dernier membre, aux côtés de Jean-Baptiste Treilhard (député de Seine-et-Oise), de Théodore Vernier (député du Jura), de Jacques Defermon (député d'Ille-et-Vilaine) et de Jacques-Antoine Rabaut-Pommier (député du Gard)[10].
Le 16 messidor (le ), il est élu président de la Convention, et ses secrétaires sont Charles Girard-Villars (député de Vendée), Albert Sallengros (député du Nord) et François-Toussaint Villers (député de Loire-Inférieure)[11].
Mandat aux Cinq-Cents
Sous le Directoire, Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Le 1er germinal an IV (le ), il est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Jean de Bry (député de l'Aisne), Jacques Defermon (député d'Ille-et-Vilaine), Roland Lemérer (député d'Ille-et-Vilaine) et Louis-Jacques Savary (député de l'Eure)[12].
Doulcet de Pontécoulant est initialement tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le )[13], mais il est frappé par le coup d’État du 18 fructidor an V (). Il se réfugie de nouveau en Suisse,à Bâle puis à Lausanne.
Du Consulat au Second Empire
Il rentre en effet en France après le coup d'État du 18 brumaire an VIII () établissant le Consulat et devient préfet de la Dyle avec résidence à Bruxelles, puis sénateur en 1805 et comte de l'Empire en 1808. Il organise la Garde nationale en Franche-Comté en 1811 et la défense de la frontière nord-est en 1813.
En 1803 il fait un don pour financer la rénovation d'une cabane-abri au Montenvers, près de Chamonix.
À la Restauration, Louis XVIII le fait pair de France.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (60e division)[14].
Famille
Il est le fils de Armand Jacques Charles Edmond Le Doulcet, chevalier puis marquis de Pontecoulant, lieutenant général des armées du roi, grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, ancien major des gardes du corps du roi, gouverneur de Gravelines (1785), et de Marie Anne Pajot d'Hardivilliers[15].
En 1785, sa sœur, Cécile Félicité Céleste Le Doulcet (1766 ou 1767-1827), épouse en la chapelle du château de Villette le futur maréchal de Grouchy[16]. En 1786, sa belle-sœur, Sophie de Grouchy, épouse le marquis de Condorcet.
Il épouse Marie Anne Elisabeth Marais (vers 1765-1844), veuve du libraire Louis Laurent Edme Lejay (?-1790)[17]. Ils sont les parents de Louis Adolphe Le Doulcet et de Philippe Gustave Le Doulcet.
Titres
- Comte Doulcet-Pontécoulant et de l'Empire (lettres patentes du , Bayonne) ;
- Pair de France[18] :
- Pair « à vie » par l'ordonnance du ;
- (Cent-Jours) ;
- Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet 1815 ;
- Baron-pair héréditaire (, lettres patentes du ) ;
Distinctions
- Légion d'honneur[19] :
- Commandant (25 prairial an XII : ), puis,
- Grand officier (), puis,
- Grand-croix de la Légion d'honneur ().
| Figure | Blasonnement |
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Armes du comte Doulcet-Pontécoulant et de l'Empire
De gueules au croissant d'argent contourné, accosté intérieurement d'une étoile à huit pointes, quartier du Sénat.[20] |
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Armes du comte Le Doulcet de Pontécoulant, baron-pair héréditaire
D'argent à la croix de sable fleurdelisée du même.[18]
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Publication
- Souvenirs historiques et parlementaires du comte de Pontécoulant, ancien pair de France, extraits de ses papiers et de sa correspondance. 1764-1848, Michel Lévy frères, Paris , 1861, tome 1, , 1861 ,tome 2, , 1863, tome 3, ,1865, tome 4
Notes et références
- ↑ Le caveau familial au Père-Lachaise porte l'inscription « Le Doulcet de Pontécoulant ». Fichier:Père-Lachaise - Division 60 - Le Doulcet de Pontécoulant 01.jpg
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Froullé, Jacques-François (≃ 1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃ 1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Michel Pertué, « La liste des Girondins de Jean-Paul Marat », Annales historiques de la Révolution française, vol. 245, no 1, , p. 379–389 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4254, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 66, séance du 6 juin 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome, 75, séance du 3 octobre 1793 »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Pontécoulant, Gustave Le Doulcet (1766-1853 ; comte de), « Souvenirs historiques et parlementaires du comte de Pontécoulant, ancien pair de France : extraits de ses papiers et de sa correspondance, 1764-1848. Tome 1 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 22 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°290, « Convention nationale, séance du soir du 16 messidor (4 juillet) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 20 messidor an 3 (8 juillet 1795) (consulté le )
- ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°, « Conseil des Cinq-Cents, séance du 1er germinal (21 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 6 germinal an 4 (26 mars 1796) (consulté le )
- ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 5 ventôse (5 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
- ↑ Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 647
- ↑ Gabriel Désert, «Les Pontécoulant, la politique et l'économie », Annales de Normandie, 2004, p. 167-211.
- ↑ Archives départementales du Val d'Oise, 3 E 50 6, registre paroissial de Condécourt 1780-1792, vues 36-37/114, 17 mai 1785, mariage de Grouchy - Le Doulcet de Pontécoulant. Document numérisé.
- ↑ Voir sa notice sur le site de la BNF : https://data.bnf.fr/fr/12239270/louis-laurent-edme_le_jay/.
- François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org, (consulté le )
- ↑ « Cote LH/798/7 », base Léonore, ministère français de la Culture
- « BB/29/974 page 57. », Titre de comte accordé à Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant. Bayonne ()., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le )
- ↑ Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 et 2, Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. -, Paris, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », , [détail des éditions] (ISBN 978-2-221-08850-0)- Bernard Gainot, Dictionnaire des membres du comité de Salut Public, Paris, Éditions Tallandier, 1990, p. 110-111.
- Annales de Normandie, 54e année, n°2-3, 2004, numéro spécial « Pontécoulant ». Numérisé sur Persée. En particulier Gabriel Désert, « Les Pontécoulant, la politique et l'économie », Annales de Normandie, 2004, p. 167-211.
- Pour approfondir
- « Doulcet de Pontécoulant (Louis-Gustave, comte) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore] ;
- Germain Sarrut, B. Saint-Edme, Doulcet de Pontécoulant (Louis, Gustave, comte), dans Biographie des hommes du jour, Paris, 1842, tome 6, p. 327-335 (lire en ligne)
- Chevalier de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la Couronne, des principales familles nobles du royaume, et des maisons princières de l'Europe, Paris, 1826, tome 6, p. 284-287 (lire en ligne)
- Chaix d'Est-Ange, Doulcet ou le Doucet, de Pontécoulant et de Méré, dans Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle'', imprimerie Charles Hérissey, Évreux, 1915, tome 14, DES-DUG, p. 195-198 (lire en ligne)
- Souvenirs historiques et parlementaires 1764-1848, 1861-1865.
Liens externes
- Ressources relatives à la vie publique :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- « La noblesse d’Empire » (consulté le )
- Portail de la Révolution française
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