Louis-Philippe de Vaudreuil

Louis-Philippe de Rigaud
Marquis de Vaudreuil
Louis-Philippe de Vaudreuil
Portrait de profil dressé sous la Révolution française

Naissance
à Rochefort, France
Décès (à 78 ans)
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Lieutenant général des armées navales
Années de service 17401783
Commandement Commandant de l'Armée navale d'Amérique après le 12 avril 1782
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Guerre d'indépendance américaine
Faits d'armes Bataille d'Ouessant (1778)
Bataille de la Grenade (1779)
Deuxième Bataille d'Ouessant (1781)
Bataille des Saintes (1782)
Protection de Boston
Attaque du Manitoba
Distinctions Ordre de Saint-Louis
Membre fondateur de la Société des Cincinnati
Autres fonctions Transporte la Cavalerie de Lauzun
Député aux États généraux de 1789
Membre du Comité de marine à la Constituante
Famille Rigaud de Vaudreuil
Signature de Louis-Philippe de Rigaud

Louis-Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil () est un officier de marine français du XVIIIe siècle. Député aux États généraux de 1789, membre du Comité de Marine à la Constituante. Il est aux côtés du Roi à Versailles les 5 et , comme le comte d'Estaing. Il émigre en 1791 avant de rentrer en France après le 18 brumaire.

Biographie

Origines et jeunesse

Son père, Louis-Philippe de Rigaud de Vaudreuil (1691-1763), qui avait donné le même prénom à son fils, est né dans la ville de Québec. Son grand-père, Philippe de Rigaud de Vaudreuil, était gouverneur de la Nouvelle-France de 1703 à 1725, et sa grand-mère, Louise-Élisabeth de Joybert de Soulanges et de Marson (1673-1740), d'origine acadienne.

Un des oncles de Louis-Philippe, Pierre de Rigaud de Vaudreuil (1698-1768), Canadien également, né à Québec, est avec Montcalm à Beauport quand ils battent les troupes de Wolfe aux chutes Montmorency en . C'est également lui qui signe la capitulation de Montréal en 1760, il est donc le dernier gouverneur de la Nouvelle-France.

Un autre oncle, François-Pierre de Rigaud de Vaudreuil (1703-1779), fit également la guerre en compagnie de Montcalm.

Le père de Louis-Philippe était un marin renommé de la Marine royale française, chargé notamment de la marine en Amérique du Nord en 1747. Louis XV a commandé un tableau à Van Loo pour peindre sa bataille navale contre les Anglais, cette peinture est exposée au château de Versailles.

(Si le père de Louis-Philippe est officiellement né à Québec, il est en réalité probablement né à Rochefort, en France. En effet, une peinture d'époque indique comme lieu de naissance : Rochefort, France. Ce qui semble exact puisque son père était chargé de la ville à cette époque ?). Rochefort était une ville portuaire importante à l'époque de la marine à voile ; elle fut également administrée par un autre Canadien, Jacques Bedout, contre-amiral durant la Révolution française.

Sa fille Louise (1770-1831), alors veuve de Xavier Godefroy d'Yzarn de Freissinet de Valady, épousa en secondes noces Antoine Walsh de Serrant (1744/1745-1817) ; fils aîné de François-Jacques).

Début de carrière

Il sert pendant 4 ans aux gardes-françaises avant d'entrer dans la marine comme garde de la marine le . Après une campagne au Canada et en Louisiane, il prend part à la bataille du cap Sicié, le , sur l' Heureux, commandé par son père, puis escorte des convois en Méditerranée et au Levant. Il est promu enseigne de vaisseau le et sert sur le Tigre dans l'expédition du duc d'Anville[1] en Acadie. En 1747, il passe sur l'Intrépide commandé par son père dans l'escadre de Létanduère et prend part au combat du cap Finisterre le . Il effectue une campagne à Saint-Domingue sur la Fidèle en 1749 puis participe à une escadre d'évolutions en 1751 sur la Diane.

Promu lieutenant de vaisseau le , il reçoit le commandement de la frégate Fidèle en 1757, puis de l' Aréthuse en 1759. L'Aréthuse chemine de Rochefort vers Brest lorsque, le , elle est interceptée près de la baie d'Audierne par trois bâtiments de la Royal Navy, les HMS Thames, HMS Venus et HMS Chatham. L’Aréthuse tente de s'échapper mais, après deux heures de combat, elle perd son mât de hune et est rattrapée par ses poursuivants. Le Thames et le Venus engagent le combat et déversent sur elle un feu soutenu, causant 60 victimes à son bord avant qu'elle n'amène son pavillon. De Vaudreuil est fait prisonnier et l'Aréthuse intégrée à la marine anglaise.

Capitaine de frégate le , puis capitaine de vaisseau le , il commande l' Hippopotame en 1769, transportant des troupes vers les Caraïbes.

Directeur des constructions à Rochefort en , il commande l'année suivante le Fendant en escadre d'évolutions.

Guerre d'indépendance des États-Unis

Portrait du marquis de Vaudreuil de face.

Louis-Philippe de Rigaud de Vaudreuil se trouve dans l'armée navale du lieutenant général d'Orvilliers quand la France fait son entrée dans la guerre au côté des Américains en février 1778. Toujours aux commandes du Fendant, il participe le à une grande bataille au large de l'île d'Ouessant à l'extrémité nord-ouest de la côte bretonne, en France. Ce fut une bataille navale dont aucun ne sortit vainqueur.

Première campagne en Amérique

Avec le Fendant, Vaudreuil prend la mer le à la tête d'une division et du corps des volontaires étrangers de la Marine du duc de Lauzun, avec pour première mission de reconquérir les forts et comptoirs du Sénégal. Le , le gouverneur de Saint-Louis du Sénégal livre le fort et la ville à Lauzun. Ses frégates occupent aussi les divers comptoirs de la Gambie, de Sierra-Leone et de la côte de Guinée jusqu'à la Volta.

Poursuivant sa mission, il rejoint avec le Fendant et le Sphinx l'armée navale du vice-amiral d'Estaing à la Martinique le . Le suivant, il se distingue au combat de la Grenade. Entretemps, il est promu chef d'escadre le .

L'année suivante, toujours sur le Fendant, il est intégré à l'Armée navale du lieutenant général de Guichen à la tête d'une division et participe aux trois combats contre Rodney au large de la Dominique, dont la bataille de la Martinique du .

Seconde campagne en Amérique

Sur le Triomphant, il appareille de Brest le avec Guichen et un énorme convoi destiné aux Indes et aux Antilles, qui subit des pertes importantes lorsqu'il est intercepté le au large d'Ouessant par les Anglais. Il rejoint la Martinique le avec le Triomphant et le Brave pour se placer sous les ordres du lieutenant général de Grasse et remplacer Barras de Saint Laurent à la tête de l'avant-garde de son armée navale.

Il participe ainsi aux deux combats des 9 et au large des Saintes. Dans la fameuse Bataille des Saintes du , il est crédité pour avoir sauvé la majorité des navires français. Mais comme de Grasse est fait prisonnier sur le vaisseau la Ville-de-Paris c'est Louis-Philippe qui prend la tête de l'armée navale d'Amérique.

Il est promu lieutenant général le .

Vaudreuil protégeant Boston en 1782

En 1782 après la défaite britannique à Yorktown et la bataille des Saintes, Louis-Philippe de Rigaud de Vaudreuil se trouvait sur le vaisseau le Triomphant à Boston. C'est de Boston qu'il ordonna à La Pérouse d'attaquer le Manitoba avec ses navires en passant par la baie d'Hudson, La Pérouse exécuta le plan et gagna contre les Anglais.

À la conclusion de la guerre en 1783, Louis-Philippe de Rigaud de Vaudreuil est chargé de ramener l'armée victorieuse française et donc Rochambeau. Il reçoit une pension de 4 000 livres sur le budget de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, par brevet du [2].

Pendant la Révolution

Député de la noblesse pour Castelnaudary aux États généraux de 1789, membre du Comité de marine à la Constituante. Il est aux côtés du Roi à Versailles les 5 et , comme le comte d'Estaing. Il émigre en 1791 avant de rentrer en France après le 18 brumaire[3].

Notes et références

  1. Jean Baptiste Louis Fréderic de la Rochefoucauld, duc d'Anville
  2. État Nominatif Des Pensions, Traitemens Conservés, Dons, Gratifications : Qui se payent sur d'autres Caisses que celle du Trésor Royal, volume 1, 1790, p. 109, [lire en ligne]
  3. Michel Vergé-Franceschi, « Marine et Révolution. Les officiers de 1789 et leur devenir. » dans Histoire, économie et société, 1990, 9e année, no 2, [lire en ligne] » p. 283.

Voir aussi

Sources et bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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