Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne

| Député de l'Yonne | |
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| - | |
| Préfet de police de Paris | |
| 14 - | |
| Directeur général des Postes | |
| avril - | |
| Ministre plénipotentiaire | |
| - | |
| Ministre d'État | |
| Conseiller d'État |
| Naissance | |
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| Décès |
(à 64 ans) Caen |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Domicile |
Hôtel Bourrienne (- |
| Formation | |
| Activités |
Homme politique, envoyé, fonctionnaire, diplomate, militaire, écrivain |
| Enfant |
Émilie Louise Fauvelet de Bourrienne (d) |
| Parti politique | |
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| Conflit | |
| Distinctions |
Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne (Sens, - Caen, ), est un diplomate et homme politique français.
Biographie
Origines
Sa famille appartient au patriciat de la ville de Sens (Yonne) depuis le XVe siècle. Elle entre notamment en possession du petit fief de Bourienne, situé à Marsangy, village en amont de la cité. Ce fief sera attribué à une branche du lignage. Il est admis à l'École militaire de Brienne en Champagne avec Napoléon Bonaparte et s'y lie avec lui d'une étroite amitié en . Montrant peu d'aptitudes à la carrière militaire, il trouve un poste de secrétaire à l'ambassade de France à Vienne en avec une recommandation pour le marquis de Noailles[1]. Il part ensuite étudier le droit et les langues étrangères à Leipzig puis Varsovie et à nouveau à Vienne. Il rentre en France en 1792, retrouve Bonaparte et les deux assistent à l'émeute du [1]. Il repart à Stuttgart mais à la chute de la royauté il est inscrit dans la liste des émigrés. Il se marie à Leipzig et retourne à Paris en [1]. Il fit de la prison en deux occasions pour avoir été, tour à tour, accusé d'être un révolutionnaire jacobin en Saxe en [2] et un émigré en France en 1796[3]. Il doit à l'amitié de Bonaparte d'avoir été remis en liberté[4] lorsque ce dernier écrit un mot de recommandation à Merlin, ministre de la justice[1].
Consulat et Empire
Lorsque Bonaparte est nommé général en chef de l'Armée d'Italie, Bourrienne le retrouve à Leoben en et devient son secrétaire particulier[1]. C'est lui qui rédige le traité de Campo-Formio[4]. Se rendant très utile dans ses fonctions, il rentre dans l'intimité du futur Empereur, se tenant constamment à ses cotés assis à son bureau. Il suit Bonaparte en Egypte, assite au Coup d'État du 18 Brumaire et l'accompagne lors de la seconde campagne d'Italie[1]. Des liens très forts l'unissent alors avec les Bonaparte ; le Joséphine et Cambacérès sont parrains d'un de ses enfants[5]. Par arrêté du [6]Il devient conseiller d’État en service extraordinaire[7]. Ses activités ne l'empêchent pas de déjà tremper dans des affaires louches et il reçoit des subventions de Fouché en échange de quelques renseignements confidentiels[1]. Il perd sa place en [8] pour s'être intéressé à une affaire commerciale frauduleuse avec les frères Coulon[9] impliquant l'équipement de la cavalerie[10]. En , à Sainte-Hélène, Napoléon commenta :
« Bourrienne, un jour, fondant presque en larmes, me demanda de lui prêter un million.
-Et pourquoi? dis-je.
-Je veux tout vous dire.
Et il me conta l'embarras où étaient ses affaires.
-Comment! Vous étiez de moitié avec ces fripons qui me volent et vous étiez mon secrétaire! Sortez d'ici! Je ne l'ai plus revu. Je fis bien, mais j'eusse dû lui dresser le derrière et l'emprisonner »
— Général Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène[11].
Cependant, en souvenir de leur amitié passée[12], au printemps 1805, Napoléon l'envoie comme chargé d'affaires à Hambourg, avec mission de veiller à la scrupuleuse application du blocus continental. Bourrienne, qui prétendra a posteriori dans ses Mémoires avoir éprouvé un dégoût profond pour ces mesures tyranniques, s'arrangea secrètement avec certains industriels saxons. Sa cupidité sans borne[13] l'amena à commettre des exactions au détriment du Sénat de Hambourg et du duc de Mecklembourg[4]. Au début du printemps 1807, sommé par Napoléon d'acheter dans des délais très brefs une grande quantité de manteaux pour les troupes françaises stationnées en Prusse Orientale, il n'aurait vu comme seul moyen un approvisionnement auprès de fournisseurs britanniques[14]. Cette fraude vaudra son rappel en 1813[15], l'empereur accusant Bourrienne d'avoir spéculé sur l'introduction de marchandises anglaises interdites[16],[17]. Contraint de rembourser 1 million de francs au trésor[18] il s'enfuit pour vivre en Allemagne puis en France, mais toujours d'affaires douteuses[4].
Restauration
En 1814, il se rallie aux Bourbons. Nommé par Talleyrand, son complice dans bien des affaires douteuses, il devient directeur des postes, fonction que Louis XVIII lui retire rapidement. Le il devient préfet de police et ordonne l'arrestation de Fouché[4]. Lors de l'épopée des Cent-Jours, Napoléon l'exclut nominativement de l'amnistie[19]. Il suit alors Louis XVIII à Gand, et, à la Seconde Restauration, devient député de l'Yonne. Il siège avec les ultras lors de différentes législatures jusqu'en [20]. Des spéculations malheureuses l'obligent à s'exiler en Belgique et se réfugier au Château de Fontaine-l'Évêque chez la duchesse de Brancas[4].
La révolution de juillet 1830 et la perte de sa fortune, qui en fut la suite, égarèrent sa raison. Interné par sa famille dans un asile d'aliénés il décède le [4]
Œuvres
- Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne, Mémoires de M. de Bourrienne sur Napoléon, le Directoire, le Consulat, l'Empire et la Restauration, Paris, Ladvocat, 1829-1831 (réimpr. Garnier & Fr., 1899), 10 volumes in-octavo (lire en ligne)
Ces Mémoires de Bourrienne sont signalés par le Dictionnaire Bouillet comme intéressants, mais ne sont pas exempts pour lui de partialité. L'ouvrage, pour lequel il avait compilé des notes[21], aurait été rédigé, selon Jean Tulard « maître des études napoléoniennes »[22], et bien d'autres spécialistes, par M. de Villemarest[23]. Jean-Antonin Bulos, éditeur scientifique, Survilliers, Stein, et Nicolas Massias, ont publié dès 1830 une analyse critique de ce document : Bourrienne et ses erreurs volontaires ou involontaires (2 volumes, in-12°)[24]. De nombreuses hautes figures de l'Empire telles que : Gourgaud, Davout, le roi Joseph, et Méneval participèrent à cette analyse critique [4].
Hommage
La ville de Sens lui doit pour une large part, le rétablissement d'un établissement d'enseignement secondaire : le lycée de Sens. Il succède au collège fondé au début du XVIe siècle. Sa gratitude s'exprime par l'apposition d'une plaque sur l'hôtel familial en centre-ville.
D'azur à trois levrettes d'argent[25].
Distinctions
- Chevalier de la Légion d'honneur[26] () ;
- Chevalier de l'Ordre royal de l'Étoile polaire de Suède[25]
Notes et références
- Bernardine Melchior-Bonnet, Bonaparte intime, Hachette, Page 7-8.
- ↑ « Nurember, le 5 octobre », Le Courrier de Strasbourg, , p. 3 (lire en ligne)
- ↑ Bourrienne_SFHP.
- Jean Tulard, Dictionnaire Napoléon, Fayard, Page 289.
- ↑ « Paris, le 25 thermidor », La Clef du cabinet des souverains, , p. 7 (lire en ligne)
- ↑ (1er thermidor de l'an IX)
- ↑ « Actes du gouvernement », Gazette nationale ou le Moniteur universel, , p. 1253 (lire en ligne)
- ↑ CGS-15 - 341.S - AU GÉNÉRAL DUROC, GOUVERNEUR DU PALAIS Saint-Cloud, 6 brumaire an XI [28 octobre 1802] Le citoyen Bourrienne, citoyen gouverneur, n’est plus employé auprès de moi. Mon intention est que son logement aux Tuileries reste meublé dans la situation où il se trouve, que les clés en soient remises à l’intendant, et qu’il ne soit disposé de ce logement et des meubles que par mon ordre.
- ↑ Tanneurs et manufacturiers à Bercy près Paris. L'un d'eux se suicida.
- ↑ Meneval par Henry Houssaye.
- ↑ Henri Gatien Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène (1818-1819), Albin Michel, Page 12.
- ↑ CG3 - 7267. - À Bourrienne Le Havre, 15 brumaire an XI [6 novembre 1802] Citoyen Bourrienne, ministre d’État, je suis satisfait des services que vous m’avez rendus depuis que vous êtes près de ma personne ; mais désormais ils ne sont plus utiles. Mon intention est que vous cessiez dès cette époque les fonctions de mon secrétaire intime, ainsi que d’en porter le titre. Du reste, je suis disposé à saisir promptement l’occasion, dès qu’elle pourra se présenter, de vous placer d’une manière convenable à votre activité et à vos talents, et la plus conforme au service public.
- ↑ Napoléon dira 'son œil de pie'
- ↑ D'après Georges Servières, « Le rôle de Bourrienne a Hambourg (1805-1810) », Revue Historique, vol. 84, , p. 225-251
- ↑ CG13 - 35086. - Au maréchal Davout, commandant le 1er corps de la Grande Armée Dresde, 30 juin 1813 Mon cousin, je reçois votre lettre du 27 juin. J’ai fait donner l’ordre positif au sieur Bourrienne de cesser toute espèce de correspondance avec Hambourg. Mon ordre lui sera signifié d’ici au 5 juillet. Si, passé cette époque, il écrivait encore, je désire que vous me le fassiez connaître, afin que je puisse le faire arrêter. Tâchez de découvrir toutes les friponneries de ce misérable, afin que je lui fasse restituer tout ce qui ne lui appartient pas.
- ↑ Cf. Louis Charles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire de Biographie et d’Histoire, Paris, , vol. 1, p. 357.
- ↑ CG13 - 35098. - Au général Savary, ministre de la Police générale Dresde, 30 juin 1813 Vous ferez connaître au sieur Bourrienne qu’il ait à cesser toute espèce de correspondance avec Hambourg sous quelque prétexte que ce soit ; car, la première fois qu’il écrira et s’occupera directement ou indirectement des affaires de Hambourg, je le ferai arrêter et lui ferai restituer tout ce qu’il a volé dans cette ville.
- ↑ ce qu'il ne fit jamais.
- ↑ Décret du 12 mars 1815 « accordant, sauf quelques exceptions, amnistie pleine et entière aux fonctionnaires civils et militaires qui ont tramé ou favorisé le renversement du trône impérial, et ont secondé les projets d’envahissement de l’ennemi ». Y sont exclus de l’amnistie : Lynch, Louis de La Rochejaquelein, Vitrolles, Alexis de Noailles, Marmont, Sosthène de La Rochefoucauld, Bourrienne, Belliard, Talleyrand, Beurnonville, Jaucourt, Dalberg et de l’abbé de Montesquiou.
- ↑ Bourrienne_Assemblée.
- ↑ Ibid, p. 357
- ↑ François-Guillaume Lorrain, « Napoléon : les dernières cartouches de Jean Tulard », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ Cf. Jean Tulard, Bibliographie critique des Mémoires sur le Consulat et l'Empire, Genève, Librairie Droz, , p. 25
- ↑ Bourrienne_erreurs.
- Lorange 2010.
- ↑ « Cote LH/334/37 », base Léonore, ministère français de la Culture.
Annexes
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- « Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés », sur Assemblée nationale (consulté le )
- « Bourrienne et ses erreurs », sur Gallica (consulté le )
- « Notice biographique Louis Bourrienne », sur Société française d'histoire de la police (consulté le )
- Alain Lorange, « Autorités PTT », généalogies, sur alain.lorange.pagesperso-orange.fr, (consulté le ) ;
Bibliographie
- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)
- « Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Henry HOUSSAYE, chap. XII « Un secrétaire de Napoléon Ier. — Le baron Meneval », dans Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 160, Bureau de la Revue des Deux Monde, (lire sur Wikisource), p. 895.
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