Louis Armand Chapelier

Louis Armand Chapelier
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Domiciles
France, Tamatave (ou environs)
Activité
Autres informations
Abréviation en botanique
Chapel.

Louis Armand Chapelier est un botaniste et un voyageur-naturaliste français, né en 1778 et mort à Madagascar le .

Biographie

Peu d'informations sont connus sur les origines de Louis Armand Chapelier.

Il est cité une première fois comme jeune assistant jardinier au jardin botanique de l'hôpital de la Marine de Rochefort placé sous les ordres du premier pharmacien en chef Jean-Baptiste Bobe-Moreau. L'entretien en était alors fait par un jardinier septuagénaire, Drouillard. Il y a constitué un herbier rangé d'après le système linnéen[1].

Il a été envoyé en mission à Madagascar par le gouvernement de la Convention, en 1794, où il a réalisé un jardin d'essai dans la basse vallée de l'Ivondro, près du village de Mahasoa et a laissé plusieurs manuscrits sur les productions végétales locales et aussi sur les usages et les mœurs des habitants[2].

Chapelier a rencontré André Michaux comme il l'écrit dans une lettre au gouverneur de l'Île de France, François-Louis Magallon, le 12 vendémiaire an XII () : « Je recevrai avec reconnaissance les graines potagères que vous avez la bonté de m'offrir. Je les sèmerai à Hy-Satchan, lieu où je réside et que je ne quitte que pour mes excursions et où je cultive et conserve une quarantaine d'espèces d'arbre fruitiers et d'autres exotiques au sol de Madagascar, tels que : manguiers, goyaviers, avocayers, letchis, néfliers du Japons, rangey de la Réunion, thé, caféyiers, etc ..., qui y furent apportés par l'estimable et infortuné Michaux, naturaliste, voyageur de la République, lequel se trouvait comme vous l'avez dû apprendre à la tête de l'expédition du capitaine Baudin autour du monde ». Michaux était venu de France avec l'expédition Baudin dans laquelle fait aussi partie Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent. Ce dernier quitte l'Île de France pour revenir en France le 25 ventôse an X () et fait ses adieux à Michaux qui se rend à Madagascar peu après. Dans sa lettre du 16 fructidor an XII (), Chapelier écrit dans la même lettre que Michaux est mort à Tamatave le 18 vendémiaire an XII (). Il ajoute que « c'est depuis cette époque que j'habite le logement qu'il avait fait construire à Hy-Satchan », puis, plus loin, « J'avais, de concert avec le naturaliste mentionné ci-dessus, fait quelques essais pour écussonner le caféier sur un arbrisseau qui croit ici dans les bois et qui appartient au même genre ».

Au moment de la mort de Michaux, Chapelier est un inconnu. Il se manifeste auprès du gouverneur de l'Île de France Magallon après la mort de Michaux et lui fait des offres de service qui les acceptent. Chapelier décrit sa situation dans sa première lettre : « Je prolongerai mon séjour dans cette isle, vraie terre de promission pour qui sait l'apprécier et que j'allais quitter avec le plus amer regret, en étant chasser par la misère qui m'accablait ». Chapelier était au courant de la mission confiée par le général Magallon à Michaux. Il a probablement été le commensal de Michaux à Madagascar. Il occupe sa maison après sa mort. Les recherches menées par Michaux à Madagascar. Il est probable que Chapelier a récupéré ses notes dans lesquelles il a pu récupérer les renseignements scientifiques et techniques[3]. Chapelier a constitué des herbiers remarquables et envoyé des échantillons de plantes à l'Île de France, comme le Vatou fekoune poutci, sans citer ses sources. Dans toutes ses communications scientifiques, Chapelier ne site que lui sans faire référence à Michaux.

Dans une lettre du 15 ventôse 1804 adressée au gouverneur de l'Île de France, Chapelier signale, d’Isatrana sur l’Ivondro, près de Tamatave, l'envoi d'un échantillon de « Vatou fekoune poutci (vato-faikono potsy) », pierre avec laquelle les Betsimisaraka fabriquaient encore à cette époque des ustensiles qui se taillaient facilement et durcissaient extrêmement au feu[4].

Oublié par le Directoire et l'Empire, Chapelier est mort de maladie, victime de l'insalubrité de l'île, à Madagascar, près de Tamatave, le .

Épidariste Colin, marchand établi à Port-Louis indique que peu avant sa mort Chapelier avait reçu les secours demandées à la Société d'émulation de l'Île de France pour entreprendre le voyage qu'il souhaitait faire à l'intérieur de Madagascar. Après sa mort, tous les objets et documents laissés par Chapelier ont alors été transportés à l'île Bonaparte pour y être vendus. Charles-Thomi Pitot, membre de la Société d'émulation de l'Île de France, est chargé par cette compagnie d'en faire l'acquisition. Il a acheté trois caisses contenant les papiers, les livres, divers échantillons végétales et minérales de Madagascar, des dessins d'arbres, de fleurs et d'herbes observés par Chapelier, des descriptions des usages, coutumes et mœurs des habitants de Madagascar ainsi que la correspondance qu'il avait eue avec Dupetit-Thouars, Petit-Radel, Céré, .... Pitot a remarqué dans ces documents vingt cahiers sur la langue madécasse devant constituer un dictionnaire qui lui avait été demandé par la Société d'émulation. Au moment où Pitot entreprend de transférer ces caisses à l'Île de France, Nicolas Ernault des Bruslys, commandant de l’Île Bonaparte, réclame les caisses comme étant la propriété du gouvernement. Pour transférer ces caisses à l'Île de France, il les met sur un seul vaisseau qui coule dans la baie de Saint-Paul pendant un ouragan[5].

Éponymie en botanique

Publications

  • Louis Armand Chapelier (annotations d'Antony Jully), « Lettres (1 à 5) adressées par Chapelier en mission à Madagascar au citoyen préfet de l'Île de France (de décembre 1803 à mai 1805) extraites des archives de Port-Louis », Bulletin de l'Académie malgache, vol. IV Année 1905-1906,‎ , p. 1-56 (lire en ligne)
  • Louis Armand Chapelier (présentation de G. Fontoynont), « Lettres de Chapelier (6 et 7) copiées sur les originaux existant aux archives de Port-Louis (suite) », Bulletin de l'Académie malgache, vol. VII Année 1909,‎ , p. 101-121 (lire en ligne)
  • Louis Armand Chapelier (présentation de G. Fontoynont), « Lettres de Chapelier (8 à 11) copiées sur les originaux existant aux archives de Port-Louis (suite) », Bulletin de l'Académie malgache, vol. VIII Année 1911,‎ , p. 69-88 (lire en ligne)
  • Louis Armand Chapelier (présentation de G. Fontoynont), « Lettres de Chapelier (12 à 31) copiées sur les originaux existant aux archives de Port-Louis (suite et fin) », Bulletin de l'Académie malgache, vol. X Année 1912,‎ , p. 297-371 (lire en ligne)
  • Louis Armand Chapelier, Étude des manuscrits de Louis Armand Chapelier, voyageur-naturaliste, 1778-1806. Texte annoté par Henri Poisson, Tananarive, Imprimerie Moderne de l'Émyrne, Pitot de la Beaujardière,
  • Louis Armand Chapelier, Étude des manuscrits de Louis Armand Chapelier, voyageur-naturaliste 1778-1806. Texte annoté par Henri Poisson, t. 2, Tananarive :, Académie malgache,
  • Louis Armand Chapelier et Henri Poisson, Étude des manuscrits de Louis Armand Chapelier, voyageur-naturaliste, 1778-1806, Tananarive, Imprimerie Pitot de la Beaujardière,

Notes et références

  1. Michel Sardet, « Jean-Baptiste Bobe-Moreau, premier pharmacien en chef de la marine (suite et fin) », Roccafortis, Bulletin de la Société de géographie de Rochefort, no 36,‎ , p. 2079 (lire en ligne)
  2. Boiteau, 1968, p. 8, notes 22 et 23
  3. Antony Jully, « Communication faite à l'Académie Malgache dans la séance du 20 octobre », Bulletin de l'Académie Malgache, vol. 3 Année 1904,‎ , p. 289-291 (lire en ligne)
  4. Monnier, « Rapprochements à faire entre les manifestations sculpturales signalées ou soupçonnées dans le sud et dans l'ouest avec celles de la région d'Antalaha », Bulletin de l'Académie Malgache, vol. XII (deuxième partie) Année 1913,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  5. Colin, 1811, p. 84-86
  6. in Mem. Mus. Hist. Nat., Paris n.s., xviii. 246 (1944). (IK)
  7. Adansonia 8: 349. 1868 (IK)
  8. Oesterr. Bot. Wochenbl. 5: 19. 1855 (IK)
  9. in Journ. de Bot. 1897, 64. (IK)
  10. Proc. Biol. Soc. Washington 112(1): 240 (1999). (IK)
  11. Prodr. (DC.) 9: 242. 1845 [1 Jan 1845] (IK)
  12. Notul. Syst. (Paris) 13: 103. 1947 (IK)
  13. Bull. Soc. Bot. France 56: 144. 1909 (IK)
  14. Hist. pl. Madag., Atlas (1886) t. 12. (IK)
  15. Ann. Sci. Nat., Bot. sér. 4, 14: 366. 1860 (IK)
  16. Recueil Observ. Bot. 1: 166. 1861 ; Adansonia [Baillon] (IK)
  17. Adansonia sér. 2, 12(1): 93. 1972 (IK)
  18. in Mem. Mus. Hist. Nat., Paris n.s., xviii. 291 (1944). (IK)
  19. Bull. Mens. Soc. Linn. Paris i. (1885) 446. (IK)
  20. Bull. Mens. Soc. Linn. Paris i. (1884) 436. (IK)
  21. Bull. Mens. Soc. Linn. Paris i. (1885) 508. (IK)
  22. Monogr. Phan. [A.DC. & C.DC.] vii. (1891) 587. (IK)
  23. in Rev. Bot. Appliq. xxix. 409 (1949). (IK)
  24. Ann. Sci. Nat., Bot. sér. 8, 16: 352. 1902 (IK)
  25. Trans. Linn. Soc. London 26(1): 140. 1868 [5 de marzo-11 de abril de 1868] (IK)
  26. Mem. Fam. Rubiac. (Mem. Soc. Hist. Nat. Paris, v. 240 : 1834) 160 (1830). (IK)
  27. Adansonia 10: 326. 1872 (IK)
  28. in Mem. Mus. Hist. Nat., Paris n.s., xix. 126(1969). (IK)
  29. Revis. Gen. Pl. (1891) 76. (IK)

Annexes

Bibliographie

  • Épidariste Colin, « Fragmens sur Madagascar, extraits des papiers de feu M. Chapelier, voyageur du gouvernement français dans cette île; augmentés de Notes par M. Épidariste Colin », Annales des voyages, de la géographie et de l'histoire, t. 14,‎ , p. 59-101 (lire en ligne).
  • Pierre Boiteau, Kim Sepacer, Rarimampianina et Alberto Rakoto Ratsimamanga, « Note d'ethnobotanique malgaches : I. Belahy et Fatraina : écorces amères de Madagascar (Généralités) », Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, t. 15, nos 1-3,‎ , p. 8, notes 22 et 23, 9 et 11 (lire en ligne).

Liens externes

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