Louis Delbeke

Louis Delbeke
Naissance
Décès
(à 70 ans)
Schaerbeek
Nationalité
Activité

Louis Delbeke, né le à Poperinge et mort le à Schaerbeek, est un peintre symbolistes belge. Il participe à divers programmes décoratifs aux Halles aux draps d'Ypres et au temple maçonnique des Amis philanthropes à Bruxelles.

Biographie

Famille

Louis (Louis Auguste Corneille) Delbeke, né à Poperinge le , est le fils de Jean Hubert Benoît Delbeke (1784-1844), cordonnier, et d'Antoinette Louise Vangheluwen (1786). Il épouse le à Schaerbeek Joséphine Virginie Calmein (1823-1911), dentellière. L'un de leurs témoins de mariage est le peintre Auguste Serrure[1],[2].

Formation

Charles le Bon distribue du pain et des aumônes à Ypres (1847-1849), Musée d'Ypres.

À l'âge de dix ans, Louis Delbeke commence son apprentissage comme cordonnier, à l'instar de son père. Deux ans plus tard, en 1833, il étudie l'art à l'Académie d'Ypres, puis en 1837 à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Un prix de perspective reçu en 1847 lui permet de poursuivre ses études à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers. De 1851 à 1854, une bourse d'études l'autorise à se rendre en Italie afin d'y parfaire sa formation. Il demeure longtemps à Rome et admire particulièrement Giotto et Andrea Mantegna[3].

Carrière

Les Connaisseurs d'art.

De retour en Belgique, l'artiste y est mal accueilli en raison de l'incompréhension manifeste à l'encontre de son style artistique. Il est contraint, afin d'assurer sa subsistance matérielle, de s'adonner à la peinture d'œuvres qui ne correspondent pas à ses aspirations réelles. En 1867, il épouse, par gratitude, une ouvrière dentellière, Joséphine Calmein, qui l'avait soigné avec dévouement. Au cours des années suivantes, il réalise bon nombre d'œuvres acquises par des amis. Lors de l'Exposition internationale de Londres de 1871, il obtient une médaille d'argent pour Après le travail, le jeu[4].

En 1877, il est mandaté afin de réaliser les peintures historiques et symboliques du temple maçonnique des Amis philanthropes à Bruxelles[5]. Ensuite, il réalise sept peintures décoratives aux Halles aux draps d'Ypres, sans pouvoir poursuivre ce travail, interrompu par sa mort[6]

Louis Delbeke, domicilié à Ypres, meurt le , rue des Côteaux no 17 à Schaerbeek. L'un des déclarants du décès est le peintre Jan Verhas[7].

Œuvre

Caractéristiques

Intérieur du Temple maçonnique des Amis philanthropes - peintures de Louis Delbeke.
L'Improvisateur - Une vocation manquée - La Poésie dans la cave (vers 1872), Musée d'Ypres.

Louis Delbeke se fait initialement connaître par ses peintures d'histoire, ses scènes de genre et quelques portraits. Cependant, c'est surtout sa participation à divers programmes décoratifs aux Halles aux draps d'Ypres et au temple maçonnique des Amis philanthropes à Bruxelles qui assoit sa renommée[8].

Louis Delbeke expose pour la première fois au Salon de Bruxelles de 1848, Prise de voile à l'abbaye de Marchienne, jugée d'une couleur vigoureuse, mais dont les ombres sont dures et l'ensemble trop sombre[9].

Dans le temple maçonnique des Amis philanthropes, les peintures de Louis Delbeke sont regroupées dans une salle. Leur caractère est énergique, voire brutal, dominé par la teinte rouge. Le thème central est la construction du Temple de Jérusalem. Sont représentés l'architecte Hiram soumettant ses plans au roi Salomon, l'élévation de l'édifice, les conflits entre les ouvriers, l'assassinat et les funérailles d'Hiram. Il avait publié en 1865 Harmonie universelle et omniverselle, ou l'absolu dans la création, l'histoire, les cultes religieux, la littérature classique et les arts, mettant en exergue une concordance entre l'alchimie de la kabbale, l'astrologie, la magie, la lumière astrale, les nombres, l'apocalypse et le tarot[10].

Aux Halle d'Ypres, il peint dans la longue galerie sept fresques historiques de caractère idéaliste, inspiré par les maîtres primitifs qu'il a admirés à Sienne : Une procession sortant d'Ypres, Une représentation de bateleurs pendant la kermesse, Les Hérauts annonçant la dite représentation, Christine de Guines fondant en mémoire de son époux Salomon Belle l'hospice de la ville, Le Commerce des draps enrichissant Ypres, Les Tisserands travaillant à leur métier et Le Cortège du dragon, symbole de l'indépendance communale, défilant sur la place du marché[11].

Selon Charles Hermans, l'art de Louis Delbeke est volontiers symbolique. Le sens mystérieux de ses œuvres n'est pas toujours aisé à comprendre. Dans L'Histoire de Joseph, l'épisode se déroule à l'époque moderne. Le Victimaire, d'une ironie triste, dépeint le massacre des poules dans une cuisine bourgeoise. Méditatif, Louis Delbeke penche vers le mysticisme et l'ésotérisme, voire même le druidisme comme en témoigne l'une de ses toiles[12].

Collections muséales

Des œuvres de Louis Delbeke sont conservées aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, au Musée d'Ypres et au Musée des Beaux-Arts de Tournai[13].

Références

  1. ↑ « État-civil de Poperinge », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
  2. ↑ « État-civil de Schaerbeek », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
  3. ↑ Charles Hermans 1920, p. 101-102.
  4. ↑ Charles Hermans 1920, p. 102-103.
  5. ↑ Charles Hermans 1920, p. 105-107.
  6. ↑ Charles Hermans 1920, p. 108-110.
  7. ↑ « État-civil de Schaerbeek », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
  8. ↑ Charles Hermans 1920, p. 101-115.
  9. ↑ Louis Van Rooy et T. Decamps, Revue Salon de Bruxelles de 1848, Bruxelles, D. Raes, , 215 p. (lire en ligne), p. 93.
  10. ↑ Charles Hermans 1920, p. 105-106.
  11. ↑ Georges Edouard Lafenestre, La Belgique : Peinture en Europe, Paris, Librairie-Imprimerie réunies, , 400 p. (lire en ligne), p. 359.
  12. ↑ Charles Hermans 1920, p. 103-104.
  13. ↑ « Louis Delbeke », sur fine-arts-museum.be, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Charles Hermans, « Note bibliographique sur Louis Delbeke », Bulletins de l'Académie royale de Belgique, vol. 2,‎ , p. 101-115 (lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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