Louis Ier de Bourbon-Vendôme

Louis Ier de Bourbon-Vendôme
Illustration.
Dessin de Louis de Bourbon-Vendôme et Blanche de Roucy sur un vitrail de la chapelle Vendôme à la cathédrale de Chartres, Louis Boudan, collection Gaignières.
Titre
Comte de Vendôme
–
(53 ans, 3 mois et 22 jours)
Prédécesseur Jean Ier de Bourbon-La Marche et Catherine de Vendôme
Successeur Jean VIII de Bourbon-Vendôme
Comte de Chartres
(jamais enregistré) 1424 – inconnu
Prédécesseur Domaine royal
Successeur Domaine royal
Seigneur d'Épernon
–
(53 ans, 3 mois et 22 jours)
Prédécesseur Jean Ier de Bourbon-La Marche et Catherine de Vendôme
Successeur Jean VIII de Bourbon-Vendôme
Seigneur de Mondoubleau
–

(40 ans)
Prédécesseur Charles Bureau de La Rivière
Successeur Jean VIII de Bourbon-Vendôme
Souverain maître de l'hôtel du roi
–
–
(21 ans)
Successeur Charles de Culant
Biographie
Dynastie maison de Bourbon-Vendôme (fondateur)
Nom de naissance Louis de Bourbon
Date de naissance
Lieu de naissance inconnu
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Tours
Sépulture Collégiale Saint-Georges, Vendôme
Père Jean Ier de Bourbon-La Marche
Mère Catherine de Vendôme
Fratrie Jacques II de Bourbon-La Marche
Anne de Bourbon-La Marche
Charlotte de Bourbon-La Marche
Conjoint Jeanne de Laval (à partir de 1424)
Blanche de Roucy (1414-1421)
Enfants Jean
Catherine
Gabrielle (est peut-être Catherine)
Résidence Château de Lavardin
Château de Vendôme
Château de Montoire

Image illustrative de l’article Louis Ier de Bourbon-Vendôme

Louis Ier de Bourbon, né le [1],[note 1] et mort le à Tours, comte de Vendôme (1393–1446), fils de Jean de Bourbon, comte de la Marche, et de Catherine de Vendôme comtesse de Vendôme et de Castres. Il est un descendant à la 5e génération en lignée masculine du roi Saint-Louis et l'ancêtre également à la 5e génération en lignée masculine du roi Henri IV de France. Il exerça des fonctions importantes sous le règne de Charles VII, et fut un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.

Biographie

Origines familiales

Louis est le second fils de Jean Ier de Bourbon-La Marche, comte de La Marche, et de Catherine de Vendôme, comtesse de Vendôme et de Castres. Il a pour frère ainé Jacques, ainsi qu'un frère cadet, Jean, et également trois sœurs, Anne, Marie et Charlotte[2].

Son père, Jean Ier de Bourbon-La Marche est le fils de Jacques Ier de Bourbon-La Marche connétable de France, descendant de Saint-Louis et de Jeanne de Châtillon-St-Pol. Sa mère, Catherine de Vendôme, comtesse de Vendôme et de Castres est la fille de Jean VI de Vendôme comte de Vendôme et de Castres et de Jeanne de Ponthieu.

Règne de Charles VI

Le [1], par lettres écrites au château de Montoire[3], ses parents font le partage de leurs terres entre Louis et trois de ses frères et sœurs (les deux dernières, Charlotte et Marie n'étant pas encore nées). L'aîné Jacques reçoit les comtés de La Marche et de Castres, plus les terres situées en Hainaut que possède la famille. À Louis, en tant que puîné, est promis le comté de Vendôme, la seigneurie d'Épernon et les terres du Perche. Pour le benjamin des frères, Jean, sont réservées les terres picardes. Enfin Anne reçoit 10 000 francs de dot pour son mariage et des biens en Normandie (finalement remplacés par des seigneuries de Basse-Marche lors de son mariage en 1390)[4]. Le fait que Louis reçoive une si belle part de la succession montre l'attachement de sa mère pour lui, qui fait ainsi perdurer à travers lui le nom de Vendôme[4].

En 1393, à la mort de son père, son frère aîné Jacques hérite donc des comtés de la Marche et de Castres. Leur mère Catherine de Vendôme associe alors Louis au gouvernement du comté de Vendôme au même moment.

En 1396 son frère le comte de La Marche part pour la croisade de Nicopolis, lors de laquelle il est fait prisonnier et mis à rançon de 32 000 francs (réduite à 13 000 en 1400). Le jeune Louis est alors nommé par sa mère, le , lieutenant pour les terres du sud (comté de Castres), il doit aller y percevoir une aide de 6000 francs demandée par sa mère pour la rançon et qu'ils refusent de payer. Il est alors à Roquecourbe le puis à Castres le 23. Il échoue dans un premier temps à récolter l'argent. Cependant à l'été 1399, en les menaçant de ne pas s'opposer aux possibles exactions des compagnies défaites du connétable et en leur promettant de nouvelles franchises il parvient à obtenir de l'argent pour son frère prisonnier[5]. Sa mère lui renouvellera sa confiance dans cette charge en 1400, 1409 et 1411[4],[6].

Par acte signé à Paris le , elle cède officiellement à Louis la propriété du comté de Vendôme, tout en s'en réservant malgré tout l'usufruit et les droits sur les officiers et les bénéfices. Elle y déclare également que Louis doit porter les armes d'icelle conté escartellees de celles de mondit seigneur [son père Jean de Bourbon][4]. Le 24 du même mois il confirme à Catherine l'usufruit pour le comté, elle établit le même jour son testament, dans lequel elle fait de Louis son exécuteur testamentaire principal, au côté de six autres[7].

Détail d'un vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Chartres.

Le il est témoin, au côté de son frère le comte de La Marche (qui représente le roi), pour un traité signé avec les ambassadeurs d'Owain Glyndwr, noble gallois révolté contre les Anglais. Ce traité prévoit l'envoi d'une armée conduite par Jacques, au côté duquel est Louis, ainsi que leur jeune frère Jean. La flotte part de Brest assez tardivement à la mi-, et n'obtient aucun réel succès, perdant même des navires au cours d'une tempête. Lors d'un des combats menés durant l'expédition, Louis est fait chevalier, ainsi que Jean, par leur frère aîné[8].

Le à Paris, il est présent lors du mariage de son frère Jacques avec Béatrice de Navarre, fille du roi de Navarre Charles III, dont il se porte pleige pour le douaire[9].

En mai 1406 il part combattre au Périgord, de nouveau au côté de son frère aîné[8]. La même année, il rachète la seigneurie de Mondoubleau au comte de Dammartin d'alors (le fils ainé de Bureau de La Rivière). Ainsi Mondoubleau passe enfin totalement sous contrôle vendômois[10], en la rattachant au comté (son petit-fils François fera de même de Saint-Calais en 1491).

À partir de , et pendant environ deux ans, le comte de La Marche part en Navarre. Durant cette absence Vendôme prend de l'importance à la cour, en obtenant notamment l'office de grand chambellan de France le [8].

La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons

À la mort du duc d'Orléans, le comte de Vendôme assiste à ses obsèques le . Il est au côté des ducs de Berry, de Bourbon et du comte de Clermont, le pour accueillir la veuve du duc d'Orléans, Valentine Visconti, à son entrée à Paris pour demander justice et vengeance au roi. Vendôme et les trois autres grands seigneurs évoqués escortèrent la reine et le dauphin à Melun, suite au départ du duc de Bourgogne de la capitale[11].

Les fortes tensions politiques entre le parti du défunt duc d'Orléans et le duc de Bourgogne, amènent à des conflits armés, auxquels le comte de Vendôme participe, au côté de son frère La Marche, du moins dans un premier temps. On les retrouve tous deux présents à la cérémonie de la paix de Chartres le . Ils semblent également tous deux régulièrement présents au conseil du roi[8]

Le , au côté de sa mère Catherine de Vendôme et son frère Jacques comte de la Marche, il s'oblige envers un marchand florentin de la cour de France, pour la somme de 25 000 £.t à délivrer au roi Janus de Chypre, suite à son mariage avec leur sœur Charlotte [9].

Le duc de Bourgogne les invite à diner le , il semble qu'à cette occasion, il parvienne à rallier les deux frères à sa cause. Il les met à la tête, au côté du comte de Saint-Pol et du prévôt de Paris, d'une commission de réforme, avec des avantages sur les finances royales[8].

Le printemps 1410 voit les tensions politiques s'exacerber mais apaisées grâce à la paix de Bicêtre. Le comte de Vendôme semble alors s'éloigner de la cour, n'y apparaissant que le . Les tensions s'accentuent de nouveau à l'été 1411, années ou Louis est plus présent à la capitale, prêtant même 4 500 £.t. au duc de Bourgogne. Cependant, à la différence de son frère La Marche, il ne participe à aucun conseil prenant des décisions importantes contre les Armagnacs[12]. Durant les années 1411-1412 Louis a une position de plus en plus ambigüe et distante auprès du duc de Bourgogne et de son frère Jacques[13].

Il est nommé ambassadeur, en fin 1411, pour la femme de son suzerain le duc d’Anjou, Yolande d’Aragon, qui l’envoya vers Ferdinand d'Antequera pour faire reconnaître les droits de cette dernière sur la succession de la couronne d’Aragon, suite à la mort de Martin Ier d'Aragon. Le prince de Vendôme est à Perpignan le , et repart de Barcelone le , sans le succès escompté[12].

Mangeant de nouveau chez le duc de Bourgogne en avec son frère aîné, ils sont également présents aux conférences de la paix d'Auxerre[12].

Déchirure fraternelle

Jacques de Bourbon, comte de La Marche, et sa troisième épouse Jeanne II de Naples

À la mort de sa mère Catherine de Vendôme, le , il revient à Louis d'avoir à gérer son patrimoine mobilier (monnaies, bijoux et argenterie), en tant que principal exécuteur testamentaire (testament de 1403). Cela rend Jacques II de Bourbon-La Marche, en tant qu'aîné, jaloux, de plus il a besoin d'argent pour payer sa rançon suite à sa capture de . Le comte de La Marche parvient alors, le , à mettre sous séquestre les biens de leur mère, empêchant toute exécution du testament. Tous les exécuteurs testamentaires, dont le comte de Vendôme, entament un procès contre Jacques. La cour accorde alors à Louis 2000 £.t. de biens pour accomplir les legs souhaités par sa défunte mère, en attendant la suite du procès. Louis retrouve son frère Jacques auprès du roi à Auxerre jusqu'au . Les évènements tournent alors ensuite au drame. Vers septembre, des agents de son frère La Marche, sans autorités judiciaires, l'arrêtent par surprise et le jettent au cachot, dans un lieu inconnu et dans des conditions difficiles. Durant sa captivité il fait vœu de délivrance à la Vierge noire de Chartres[14]. Il reste au moins durant huit mois enfermé, jusqu'à Pâques 1413. Le comte de La Marche, semble alors ne plus s'arrêter à la gestion des biens mobiliers de leur mère, mais également en contestant à Louis son patrimoine, ses biens et ses titres[15],[16]! Mais il est également possible que les dissensions familiales soit en partie dues au faible engagement de Louis pour la politique pro-bourguignone de son frère[13].

Durant l'emprisonnement de Louis, Jacques agit en vrai comte de Vendôme, notamment lors de son second mariage il forme la moitié du douaire de sa nouvelle épouse, sur les terres vendômoises de son frère. Et en s'intitulant "conte de La Marche, de Vendosme, et de Castres"[15].

Les conditions de la délivrance du comte de Vendôme sont assez floues, il semble cependant que le duc d'Anjou, suzerain du Vendômois, refuse à Jacques la possession du comté, et que le clergé faisait également pression sur lui. Suite à sa délivrance, Louis, le , est à Angers et octroie à Jean des Croix la seigneurie de Savigny-sur-Braye "pour avoir pousuy et pourchacé la delivrance dudit monseigneur le conte". Il se rend à Tours quatre jours plus tard afin de réaliser un vœu lié à sa détention[17]. Un autre de ses vœux le conduit à la cathédrale de Chartres le . Durant ce pèlerinage, le prince de Vendôme participe aux processions et célébrations du chapitre de la cathédrale pour l’Ascension. Le , il fonde des services solennels et déclare souhaiter ériger une chapelle dans la nef, autorisée par les chanoines le [14].

La chapelle Vendôme à la cathédrale de Chartres, fondée par le comte de Vendôme, suite à sa délivrance.

Après sa délivrance, il retrouve son frère afin de clore leurs désaccords, par un traité passé à Tours le , confirmant le partage des terres d'avant l'accaparement des titres par Jacques. Un second traité est signé à Paris le , dans lequel Jacques II de Bourbon-La Marche, s'engage à restituer 10 000 £.t. des biens de leur mère, que Jacques avait empruntés au duc d'Anjou qui en avait la garde (en raison du procès)[16]. Suite à ces dramatiques évènements les deux frères n'auront plus que des relations froides et assez distantes, seulement guidées par les nécessités de cour[14].

Suite à sa délivrance il semble totalement abandonner le parti du duc de Bourgogne pour celui des Orléans/Armagnacs[18], durant la suite de la guerre civile, il est nommé souverain maître de l'hôtel du roi de 1413 à 1418[19]. D'avril à il est au côté du roi et du duc de Guyenne aux sièges de Compiègne, Soissons et Arras[20].

Le , par contrat passé à Paris, il épouse Blanche de Roucy, fille du comte Hugues II de Roucy et de Blanche de Coucy[14].

Il est des fêtes données en l'honneur de l'ambassade anglaise mené par le duc d'York, venu pour les pourparlers de mariage entre le roi Henri V d'Angleterre et la fille du roi, Catherine de France. Charles VI ne donna aucune réponse, seulement qu'il enverrai à son tour une ambassade en Angleterre. Le comte de Vendôme en fut la tête, suivit de l'archevêque de Bourges, l'évêque de Lisieux, les seigneurs d'Yvry et de Braquemont, Gontier Col secrétaire du roi, et enfin Jean Andrieu[21]. Lors de cette ambassade en Angleterre, l'archevêque de Bourges, le comte de Vendôme, et le baron d'Yvry, donnaient comme terres pour le mariage, pas moins de sept comtés et 17 villes d'Aquitaine et Limousin, ainsi que des sénéchaussées et la somme de 850 000 écus d'or. Mais le roi Henri V d'Angleterre en voulait plus. Pour dot de sa femme, il exigeait les duchés de Guyenne, Normandie et Anjou, les comtés du Poitou, du Maine et de Ponthieu. Ces prétentions si exorbitantes étaient inacceptable et humiliantes pour le comte de Vendôme et les autres ambassadeurs[22]. L'échec des négociations amène ainsi le monarque anglais à envahir la France et revendiquer la couronne de France, comme ses prédécesseurs.

Azincourt et captivité en Angleterre

Bataille d'Azincourt, miniature tirée de l’Abrégé de la Chronique d'Enguerrand de Monstrelet, XVe siècle, Paris, BnF, département des Manuscrits.

Rentré en France, la défense du royaume se prépara, Louis fut ainsi l'un des premiers envoyé à Rouen au mois d'octobre 1415, pour barré aux anglais le passage de la Somme[22]. À la bataille d'Azincourt le 25 octobre, Louis dirige l'aile droite des troupes composée d'hommes d'armes, il y est fait prisonnier, par John Cornwall[23],[24], au côté notamment des ducs d'Orléans et de Bourbon. Il est alors transporté à la Tour de Londres, son incarcération y dura près de neuf ans[25], les anglais réclamant pour sa libération une rançon exorbitante de 100 mille écus. Le comte de Vendôme s'évertua alors à réunir cette argent, l'impossibilité pour lui de réunir pareil somme, ne lui permit de remettre entre les mains du roi d'Angleterre, que 54 milles écus.[26]. Cette somme fut emprunté à un marchand florentin, Jehan Victor en (plus 6000 qui servirent au comte pour ses dépenses personnelles). Le duc d'Orléans, également prisonnier au côté de son cousin Vendôme, se porta pleige pour la transaction, et furent présent en témoins les comtes d'Eu et de Richemont, tout deux également faits prisonniers à Azincourt, ainsi que Thomas Burthon (en) et Baldwin Veer, chevalier et écuyer anglais[27].

Il demanda, suite à cette acompte, de pouvoir retourner en France réunir le reste de la somme exigée, et de se reconstituer prisonnier si le paiement n'était pas réuni, mais en vain[27], de plus sa femme, la comtesse Blanche de Roucy, meurt sans postérité avant son retour de captivité, lui faisant perdre un soutient précieux sur le continent[26]. Durant cette captivité à la tour de Londres, il aura une maîtresse, Sybille de Boston dont il eut un fils naturel, Louis de Bourbon appelé le bâtard de Vendôme[28]. Durant ça captivité Louis semble tomber gravement malade, c'est alors qu'il fit vœux à la Sainte Larme de Vendôme pour sa délivrance. Cette maladie dû faire relâcher la surveillance au près du comte, lui permettant de s'évader et regagner la France[29],[note 2].

Règne de Charles VII

De retour en France en 1424, il rejoint le roi Charles VII à Poitiers.

Il se remarie le à Rennes avec Jeanne de Laval.

Pendant ce temps, le duc de Bedford attribue le comté de Vendôme à un de ses capitaines, Robert de Willughby, par acte du 20 septembre 1424[30].

Selon Jean Pasquerel, confesseur de Jeanne d'Arc, c'est le comte de Vendôme qui aurait conduit la Pucelle dans la salle où se trouvait le roi pour leur première rencontre à Chinon[31].

Dessin d'une statue le représentant à la chapelle de Vendôme à Chartres, collection Gaignières

Il participe à la libération d'Orléans en 1428 avec Jeanne d'Arc, il représenta l'un des pairs laïcs au sacre de Charles VII à Reims. Il commandera à la bataille de Jargeau, ainsi qu'à celle de Montépilloy[32]. Durant la reconquête du royaume, il fut gouverneur de Picardie de Champagne et de Brie.

Louis est présent à la signature du traité d'Arras (1435), dont-il mène la délégation de négociateurs avec le duc de Bourbon, le maréchal de La Fayette, le connétable Arthur de Richemont, l'archevêque de Reims et Christophe d'Harcourt, et la Bourgogne, conduite par le duc Philippe de Bourgogne en personne, elle réunit l'empereur Sigismond de Luxembourg, le médiateur Amédée VIII de Savoie, une délégation anglaise, des représentants du Pape, ainsi que les représentants des rois de Pologne, de Castille et d'Aragon.

En 1436, il est chargé de mener au château de Tours, Marguerite Stuart qui y épousa le futur Louis XI.

Le 12 novembre 1437, après dix-neuf ans d'occupation étrangère, le comte de Vendôme est au côté du roi, du dauphin, des comtes du Maine, de Richemont, de La Marche, ainsi que du bâtard d'Orléans, pour faire la première entrée royale dans Paris depuis la reconquête de la ville aux anglais[33].

Il fut un négociateur de premier ordre lors des États généraux de 1439 tenus à Orléans où, avec Jacques Jouvenel des Ursins, il prône la paix.

Fin de vie

Il fut un prince fidèle à Charles VII, mais trouvant la nouvelle entente entre Armagnacs et Bourguignons négative pour ses intérêts, il prit part à La Praguerie, mais d’une manière peu prépondérante permettant l’indulgence de Charles VII.

En 1445, suite au mariage d'Henri VI d'Angleterre et Marguerite d'Anjou, Louis de Vendôme est envoyé en ambassade en Angleterre, avec Jacques Jouvenel, archevêque de Reims, l'ambassade était accompagnée également de délégations, du roi de Castille, du roi René et du duc d'Alençon. Arrivée à Londres le 14 juillet 1445, le comte de Vendôme et son ambassade sont reçu pour une première entrevue avec le roi dès le 15. En signe de bonne volonté le monarque anglais, tint à ôter son chaperon à trois reprises et à se lever de sa chaire pour saluer les ambassadeurs. Le duc de Suffolk souhaitait aller droit au but des négociations. Celles-ci se poursuivirent jusqu'au 30 juillet, les anglais semblaient prêt à abandonner toute prétention sur la couronne de France en échange de la pleine souveraineté de la Normandie. Mais le comte de Vendôme et le reste de l'ambassade refusèrent, fidèles à leur ligne de conduite. Fut alors établi une prolongation de la trêve jusqu'au 11 novembre 1446, avec le projet d'une rencontre entre les deux rois, français et anglais, à cela s'ajoutait la promesse du roi d'Angleterre de libérer le comté du Maine avant le 30 avril 1446[34].

Il décède le à Tours, avant d'être inhumé dans la collégiale Saint-Georges de Vendôme.

Le bâtisseur

Louis fut le commanditaire de plusieurs constructions dans son comté de Vendôme. Il fait des travaux d'embellissement dans le donjon de son château de Lavardin[35],[36], ainsi que dans son château de Montoire[37]. Il est aussi à l'origine de la construction de la chapelle Vendôme à la cathédrale de Chartres et de la fondation du couvent des Augustins de Montoire.

Enfants

Chartres-Chapelle Vendôme, Armes de Louis de Bourbon-Vendôme et Blanche de Roucy.

Il épouse en premières noces le Blanche de Roucy, fille de Hugues II de Pierrepont, comte de Roucy, et Blanche de Coucy, et qui meurt le sans postérité.

Il se remarie le à Rennes avec Jeanne de Laval ( – Lavardin, ) (Dame de Campzillon), fille de Guy XIII de Montfort, sire de Laval, et d'Anne de Laval :

  • Jean VIII (1428–1477), comte de Vendôme
  • Catherine (née en 1425, morte jeune)
  • Gabrielle (née en 1426, morte jeune – pourrait être Catherine)

Pendant sa captivité, il a d'une anglaise, Sibylle Boston, Jean de Bourbon (1420 † 1496), seigneur de Préaux, Vaussay et Bonneval sur Braye, bâtard de Bourbon, qui rend à son demi-frère Jean VIII de grands et loyaux services ; il marie entre 1451 et 1469 Jeanne, fille de Florent d'Illiers, de la Maison de Montoire.

Titres

Descendance de Saint-Louis à Henri IV

Descendance

Ascendance

Notes et références

Références

  1. Deloffre-Daval 2025, p. 17.
  2. ↑ Deloffre-Daval 2025, p. 16.
  3. ↑ Hallopeau 1911, p. 182.
  4. Deloffre-Daval 2025, p. 18.
  5. ↑ Deloffre-Daval 2025, p. 19-20.
  6. ↑ Deloffre-Daval 2025, p. 29.
  7. ↑ Deloffre-Daval 2025, p. 18-19.
  8. Deloffre-Daval 2025, p. 21.
  9. Deloffre-Daval 2025, p. 20.
  10. ↑ Denis Hayot, « Mondoubleau - Château : Dépatement de Loir-et-Cher », dans Denis Hayot, L’architecture fortifiée capétienne au XIIIe siècle. Un paradigme à l’échelle du royaume : Volume 5-Monographie Centre-Val de Loire, Édition du Centre de castellologie de Bourgogne, , 562 p. (ISBN 979-10-95034-25-4), p. 390
  11. ↑ Hallopeau 1911, p. 188.
  12. Deloffre-Daval 2025, p. 22.
  13. Deloffre-Daval 2025, p. 25.
  14. Deloffre-Daval 2025, p. 26.
  15. Deloffre-Daval 2025, p. 23.
  16. Deloffre-Daval 2025, p. 24.
  17. ↑ Deloffre-Daval 2025, p. 23-24.
  18. ↑ Hallopeau 1911, p. 204.
  19. ↑ Anselme de Sainte-Marie (1625-1694 ; augustin) Auteur du texte, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume.... Tome 8 / par le P. Anselme,... ; continuée par M. Du Fourny, 1726-1733 (lire en ligne)
  20. ↑ Hallopeau 1911, p. 207.
  21. ↑ Hallopeau 1911, p. 211-212.
  22. Hallopeau 1911, p. 213-214.
  23. ↑ Hallopeau 1911, p. 217.
  24. ↑ Toureille 2015, p. 66.
  25. ↑ de Saint-Venant 1909, p. 215.
  26. de Saint-Venant 1909, p. 216.
  27. de Saint-Venant 1909, p. 217-219.
  28. ↑ de Saint-Venant 1909, p. 220.
  29. de Saint-Venant 1909, p. 221.
  30. ↑ de Saint-Venant 1909, p. 223.
  31. ↑ Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 1030.
  32. ↑ Contamine 2021, p. 240-242.
  33. ↑ Contamine 2021, p. 303-304.
  34. ↑ Contamine 2021, p. 360-362.
  35. ↑ Jean-Claude Yvard, Le donjon résidentiel de Lavardin vers l'an 1400, Vendôme, coll. « Éditions du Cherche-Lune », , 63 p. (ISBN 9782307163503), p27 ;.
  36. ↑ Camille Cabart, « Distribution et fonction des pièces du donjon de Lavardin au XVe siècle, sous Louis Ier de Bourbon-Vendôme », Bulletin de la Société Archéologique du Vendômois,‎ , p. 39-50.
  37. ↑ Jean-Claude Yvard et André Michel, Le château féodal de Montoire XIe-XVe siècles, Vendôme, coll. « Éditions du Cherche-Lune », , 63 p. (ISBN 2-904736-07-7), p-47 ;.

Notes

  1. ↑ Il est généralement admis qu'il est né en 1376, datation probablement donnée par le père Anselme, mais un obituaire de la collégiale Saint-Georges de Vendôme inscrit bel et bien la date du 4 mai 1382
  2. ↑ Cette évasion pourrait expliquer le fait que le duc d'Orléans resta prisonnier jusqu'en 1440, suite à un probable durcissement de la surveillance à la Tour de Londres[29].

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrages

  • André Leguai, De la seigneurie à l'État : le Bourbonnais pendant la guerre de Cent Ans, Moulins, Imprimeries réunies, , 434 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Valérie Toureille, Le drame d'Azincourt, Paris, coll. « Éditions Albin Michel », , 233 p. (ISBN 978-2-226-31892-3).
  • Jean-Claude Yvard, Le donjon résidentiel de Lavardin vers l'an 1400, Vendôme, coll. « Éditions du Cherche-Lune », , 63 p..
  • Jean-Claude Yvard et André Michel, Le château féodal de Montoire XIe – XVe siècle, Vendôme, coll. « Éd. du Cherche-Lune », .

Articles et chapitres

  • Louis Carolus-Barré, « Le siège de Compiègne et la délivrance de la ville 20 mai-14 octobre 1430 », Bulletin de la Société historique de Compiègne,‎ , p. 15-118.
  • Yannick Deloffre-Daval, « Jacques II de Bourbon, comte de La Marche, et son frère cadet Louis, comte de Vendôme : de la solidarité au conflit (fin XIVe siècle-mi XVe siècle », Annales de démographie historique,‎ , p. 15-37 (lire en ligne).
  • Christian de l'Eprevier, « Louis Ier de Bourbon, comte de Vendôme », Bulletin de la société archéologique du Vendômois,‎ , p. 61-71.
  • Louis-Alfred Hallopeau, « Essai sur l’histoire des comtes et ducs de la maison de Bourbon : Louis de Bourbon (1393-1446). Première partie », Bulletin de la société archéologique du Vendômois,‎ , p. 181-232 (lire en ligne).
  • Louis-Alfred Hallopeau, « Essai sur l’histoire des comtes et ducs de la maison de Bourbon : Louis de Bourbon (1393-1446). Deuxième partie », Bulletin de la société archéologique du Vendômois,‎ , p. 312-333 (lire en ligne).
  • Louis-Alfred Hallopeau, « Essai sur l’histoire des comtes et ducs de la maison de Bourbon : Louis de Bourbon (1393-1446). Troisème partie », Bulletin de la société archéologique du Vendômois,‎ , p. 311-330 (lire en ligne).
  • Raoul de Saint-Venant, « Louis de Bourbon, comte de Vendôme, et sa rançon (XVe siècle) », Bulletin de la société archéologique du Vendômois,‎ , p. 209-235 (lire en ligne).
  • Philippe Trélat, « Dans le sillage de Charlotte de Bourbon (1380/1386-1422) : contacts et relations entre le royaume de Chypre et la France », dans Gisèle Clément, Isabelle Fabre, Gilles Polizzi et Fañch Thoraval (éditeurs), Poésie et musique à l’âge de l’Ars subtilior. Autour du manuscrit Torino BNU, J.II.9, Brepols, (ISBN 978-2-503-59621-1, lire en ligne), p. 51-60.

Articles connexes

Liens externes


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