Loup-cervier
Loup-cervier, loup cervier, ou loup servier est un terme attribué à plusieurs espèces animales, félin ou canidé, plus ou moins imaginaires, et la peur qu'elles suscitent chez l'être humain.
Du latin Lupus cervarius (« loup qui attaque les cerfs »), il renvoie au Lynx, mammifère de la famille des félins d'Europe ou d'Amérique du Nord (voir le Lynx commun et le Lynx du Canada)[1],[2],[3].
Le terme peut également désigner une Bête féroce, un monstre mangeur d'hommes qui prend la forme d'un loup ou d'un loup-garou (voir Bête du Gévaudan). Il peut-être alors orthographié « loup servier » (« loup qui attaque les serfs »)[4],[5].
Le lynx
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Longtemps chassé et diabolisé, notamment au Moyen Âge, et souvent comparé ou confondu avec le loup, le lynx boréal est appelé « loup cervier » [6]. Oppien d'Apamée, au début du IIIe siècle, parle déjà dans ses écrits sur la chasse de deux races de loup-cervier, « les uns plus grands qui chassent et attaquent les daims et les cerfs, les autres plus petits qui ne chassent guère que le lièvre ».
Le chasseur Gaston III de Foix-Béarn, au XIVe siècle, écrira : « Il y a diverses espèces de chats sauvages : spécialement il y en a qui sont grands comme des léopards, et on les appelle tantôt loups cerviers, tantôt chats-loups : et c’est mal dit, car ils ne sont ni loups cerviers ni chats-loups, il vaudrait mieux les appeler chats-léopards qu’autrement, car ils ont plus de traits communs avec le léopard qu’avec aucune autre bête. »
En 1700, Isaac de Larrey, dans son Histoire de France, en parle comme d'un animal « extrêmement féroce qui tient de l’ours, du lion et du tigre (...) C’est pourquoi il en porte le nom avec le surnom de cervier parce qu’il est friand de la chair du cerf plus que de toute autre. Quelques-uns le confondent avec le lynx, à cause qu’il lui ressemble par ses poils et par ses taches qui tiennent du léopard, soit à cause de la subtilité de sa vue »[7].
En 1867, le philologue Ludwig Friedlaender parle du « loup cervier, dont l’espèce s’est perdue en France, mais qui existait encore dans la forêt d’Orléans en 1548[8]. »
Le Lynx du Canada est encore appelé par les aînés « loup-cervier » en français du Canada[9].
Le loup

« Loup cervier » peut désigner, dans certains cas, une espèce de bête féroce ou de bête dévorante : un loup enragé ou nuisible pour les animaux domestiques et les hommes.
En 1845, Joaquin Yrizar y Moya, auteur basque, propose plutôt l’appellation « loup-servier », un loup mangeur d'hommes accoutumé à dévorer des serfs : « Sans doute les maitres des esclaves châtiaient quelquefois leurs esclaves ou serfs, en les jetant aux loups afin qu’ils fussent dévorés. (...) La Bête du Gévaudan, qui n’était autre chose qu’un grand et terrible loup, un vrai loup-cervier, puisqu’il dévora beaucoup de personnes, causa dans ce pays la plus grande épouvante, de manière que le roi Louis XV fut obligé d’envoyer deux ou trois fois ses chasseurs jusqu’à ce qu’il fut tué. Le peuple en vint à croire tout ce que la peur et la superstition peuvent inspirer, non sans quelque fondement, tant ce loup était féroce et redoutable. »[10]
Certains essayistes comme Pierric Guittaut défendent la thèse d'une espèce de loup préhistorique survivante, plus grande et plus agressive que le loup commun [11].
Notes et références
- ↑ Le lynx boréal : histoire, mythe, description, mœurs, protection, Patrice Raydelet, Lonay (Suisse)/Paris, Les sentiers du naturaliste, 2006.
- ↑ Essai sur l’histoire naturelle du lynx, Louis Lavauden, Bulletin de la société scientifique du Dauphiné, Grenoble 1929.
- ↑ Les félins exotiques dans le légendaire français, Michel Meurger, Communications, volume 52 numéro 1, 1990.
- ↑ Dictionnaire Raisonné Et Universel Des Animaux, François Alexandre Aubert de LaChesnaye DesBois, 1759.
- ↑ Histoire du méchant loup 3000 attaques sur l'homme en France, Jean-Marc Moriceau, Fayard, 2007.
- ↑ Larousse des félins, Paris, Larousse, 2005.
- ↑ Histoire de France sous le règne de Louis XIV, Isaac de Larrey, 1734.
- ↑ Mœurs romaines du règne d’Auguste à la fin des Antonins, Ludwig Friedländer et Charles Vogel, 1867.
- ↑ Situation du Lynx du Canada au Québec, Clément Fortin et Josée Tardif, Direction du développement de la faune, 2005.
- ↑ De l’Eusquère et des Erdères ou de la langue Basque, Joaquin Yrizar y Moya, Paris 1845, pp.230-231.
- ↑ La Dévoreuse : le Gévaudan sous le signe de la bête, Pierric Guittaut, De Borée, coll. Histoire & documents, 2017
Voir aussi
- Loup dans la culture
- Loup dans la culture européenne
- Attaque de loup sur l'homme
- Chasse au loup
- Lycanthrope
- Liste des animaux les plus mortels pour l'homme
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