Lu Zangyong

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
V 713 |
| Nom dans la langue maternelle |
卢藏用 (Lu Zangyong) |
| Nom de naissance |
盧藏用 (Lu Zangyong) |
| Autres noms |
nom de courtoisie : Ziqian (子潜) (l’esprit immergé) surnom : l’homme aux multiples talents |
| Nationalité | |
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| Autres activités | |
| Mouvement |
Dix amis de l'École des Immortels |
Lu Zangyong (chinois : 卢藏用 ; chinois traditionnel : 盧藏用 ; pinyin : ; Wade : Lu Tsang-yung) (v 664-v 713), également connu sous le prénom de courtoisie Ziqian (子潜) (esprit immergé), est un poète, un calligraphe, un musicien et un fonctionnaire chinois de la dynastie Tang et de la dynastie Zhou. Il est connu pour son expertise en calligraphie et pour avoir influencé l’art de l’écriture avec un style fluide et élégant. Originaire de la région de Fanyang (actuelle ville de Zhuozhou, Hebei), il est issu d’une grande famille aristocratique. Après vécu pendant plusieurs années en ermite dans les monts Zhongnan, il entre dans la fonction publique et occupe à plusieurs reprises des postes clés comme fonctionnaire. Il meurt vers 713. Il fait partie du groupe les « Dix amis de l’École des Immortels ».
Biographie
Lu Zangyong est issu d’une famille noble et influente, la famille Lu de Fanyang qui occupa des postes officiels pendant des générations. Dans sa jeunesse, il devient connu pour son talent littéraire exceptionnel et pour son talent en rhétorique[1],[2]. Étant l’un des jeunes lettrés les plus célèbres du pays, maîtrisant l'instrument à cordes le qin, le jeu de go et la calligraphie et surnommé « l’homme aux multiples talents », il réussit facilement les examens impériaux du jinshi[3]. Mais il ne reçoit pas la reconnaissance de ses supérieurs et ne parvient pas à obtenir de poste officiel à la cour. Déçu, il se retire avec son frère Zhengming sur le mont Zhongnan aux abords de la capitale impériale Chang'an pour devenir ermite.

Il suit les taoïstes pour étudier les arts du Dao et il est dit qu’il maîtrise la pratique du jeûne taoïste[4] ainsi que les techniques de cultivation du qi (aussi écrit ch'i)[5] p. 51 ,[note 1]. À cette époque, Lu Zangyong affiche une conduite frugale et vertueuse. Cependant, contrairement aux ermites qui font le choix d’une vie spirituelle dans la solitude et le recueillement loin des carrières et de la vie publique, Lu Zangyong ne souhaite qu’entrer dans la fonction publique et devenir fonctionnaire[6]. Pour y arriver, il tente de se faire remarquer : lorsque l’empereur se trouve à Chang'an, Lu Zangyong se retire sur le mont Zhongnan ; si l’empereur se déplace à Luoyang, il se réfugie alors sur le mont Song. Comme il suit l’empereur dans ses déplacements en se rendant en ermitage à proximité, les gens le surnomment l’« ermite accompagnant le cortège impérial »[6],[3].
Lu Zangyong passe plusieurs années dans les montagnes avec une grande persévérance jusqu’à ce que l’impératrice Wu Zetian (r. 690-705) ayant un grand intérêt pour le bouddhisme et le taoïsme, finit par apprendre son existence[4]. Cette dernière le fait appeler à Chang'an (701-704) où il est nommé censeur remontrant de gauche[7] vol.93 ,[note 2]. Avant d’entrer en fonction, Lu Zangyong avait pratiqué la diète rituelle et la respiration ch'i, manifestant une certaine élévation morale, mais une fois entré à la cour, il se rattache aux puissants, se livre sans retenue au luxe et aux plaisirs[8],[6]. Le Nouveau livre des Tang dit ceci au sujet de Lu[9] :
« Plus tard, il se laissa gagner par la quête du pouvoir et des avantages, s’adonna à l’orgueil et à la démesure, et toute sa droiture d’autrefois s’épuisa[note 3]. »
Comme Lu travaille auprès de l’empereur, il est facile pour lui de progresser dans la hiérarchie. Sous l’empereur Zhongzong, en 706, Lu Zangyong occupe le poste de secrétaire au bureau central du gouvernement[3], puis entre 707— 710, il occupe successivement, plusieurs postes dont : vice-ministre ministère des Fonctionnaires, vice-ministre du ministère des Travaux publics, vice-directeur de droite du département des Affaires d’État tout en étant en même temps érudit de l’institut littéraire de la cour, le Xiuwen[1].
En 712, lorsque la princesse Taiping, la plus jeune fille de l’impératrice Wu Zetian, tente de conspirer, l’empereur Xuangzong la réprime, puis capture et élimine tous ses partisans. Lu Zangyong, qui s’était rapproché d’elle, est exilé au Lingnan et il ne retournera plus à Chang'an jusqu’à sa mort. Au début de l’ère Kaiyuan (713), sous l’empereur Xuanzong, Lu Zangyong retrouve son poste en tant que chef de l’administration de Qianzhou avec des fonctions de supervision, mais il meurt vers 713 avant de prendre ses fonctions[1],[3].
En plus d’être un érudit au savoir très large et d’être considéré comme un homme aux multiples talents, Lu Zangyong excelle aussi dans l’art divinatoire comme l'achilléomancie (divination par des branches d’achillée) ou la chéloniomancie (divination sur les écailles du plastron de la carapace de tortue)[3],[10] p. 235.
Dans sa jeunesse, Lu est ami avec le poète Chen Zi'ang et il édite le « Recueil de Chen Boyu » (陈伯玉文集)[note 4] » dans lequel il loue Zi'ang :
« Se tient seul à travers les âges, dompte les vagues déferlantes, et tout le monde s’incline, transformant la qualité et le style des lettres[note 5]. »
En plus d’être son ami, il est aussi un ardent partisan de la réforme poétique et littéraire mise de l’avant par Chen Zi'ang[11],[2].
Calligraphie
Lu Zangyong excelle dans la calligraphie de tous genres : cursive, clérical, des grands et petits sceaux (aussi appelé sigillaire) et dans le style Bafen (8 traits) (八分)[note 6]. Dans son enfance, il étudie la cursive de Sun Guoting (en), et dans sa vieillesse, il pratique la calligraphie du célèbre Wang Xizhi, développant un style distinctif.
Dix amis de l'École des Immortels
Lu Zangyong appartient au courant des « Dix amis de l'École des Immortels » qui apparaît au début de la dynastie Tang et qui regroupe dix lettrés exceptionnels et influents de la période. Ce groupe n’est pas une école formelle, mais un réseau amical lié par l’esthétique Tang : harmonie avec la nature, taoïsme, d’ermitage spirituel et célébration de l’immortalité[12]. Il est souvent centré autour de figures telles que Sima Chengzhen. Bien que chacun des membres réalise des accomplissements significatifs dans son propre domaine, ils partagent un symbole culturel important : celui de la culture taoïste, qui se manifeste clairement dans leurs œuvres littéraires[13]. Ce groupe comprend Sima Chengzhen, Li Bai, Chen Zi'ang, Wang Wei Song Zhiwen, Meng Haoran, Wang Shi, Bi Gou, Lu Zangyong, He Zhizhang[14]. Ils ont été nommés ainsi par les générations suivantes qui voulaient exprimer leur admiration envers les dix poètes et intellectuels associés à l’école taoïste des Immortels tels que Sima Chengzhen et Li Bai.
Poésie
Oeuvres
- 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang) : cette anthologie comprend huit poèmes de Lu Zangyong[7] vol. 93.
Poème
La princesse Anle est Li Guo’er (李裹儿), fille de l’empereur Tang Zhongzong et de l’impératrice Wei.
Banquet nocturne chez la princesse Anle (夜宴安樂公主宅)
| Chinois
侯家主第一時新, |
Traduction libre
La demeure impériale est la plus somptueuse de l’époque, |
Notes et références
Note
- ↑ Selon le professeur émérite de Religion et Études est asiatiques de l’Université de Boston, spécialisée dans les études du taoïsme (ou daoïsme), Livia Kohn, le qi est : « l’énergie cosmique qui imprègne tout. L’aspect concret du Dao, le ch'i (aussi appelé qi) est la force matérielle de l’univers, la substance fondamentale de la nature. Traduction libre de « qi is "the cosmic energy that pervades all. The concrete aspect of Tao, qi is the material force of the universe, the basic stuff of nature." »
- ↑ C'est un officier du Hanlin ou de la chancellerie chargé de conseiller l’empereur sur les erreurs, les oublis ou injustices, mais appartenant spécifiquement à la section "gauche", traditionnellement considérée comme supérieure à la section "droite" dans l’ordre de préséance des fonctions érudites ou de conseil.
- ↑ Traduction libre de : « 晚乃徇權利,務為驕縱,素節盡矣. »
- ↑ Chen Boyu : il s’agit du surnom de Chen Zi'ang. Lu Zangyong a édité ce recueil après la mort de Chen Zi'ang en 702.
- ↑ Traduction libre de : « 卓立千古,横制颓波,天下翕然,质文一变. »
- ↑ Bafen : en calligraphie chinoise, le bāfēn (八分) est un style ancien de l’écriture cléricale, situé entre l’écriture sigillaire et l’écriture cléricale aboutie.
Références
- (zh) 子书要略, « 卢藏用 (盧藏用) (Lu Zangyong) », sur Chinese Text Project, Ctext.org (consulté le )
- (zh) Zhīshì Qùdú (Lecture ludique de connaissances), « 唐代诗人卢藏用为何被称为“多能之士” (Pourquoi le poète de la dynastie Tang, Lu Zangyong, était-il appelé un « homme aux multiples talents » ?) », sur Sohu.com, Hebei, (consulté le )
- (zh) « 卢藏用 (盧藏用) (Lu Zangyong) », sur Baike.baidu, Pékin, (consulté le )
- (zh) Zhao Dashan (auteur de la rubrique « Lecture de l’histoire »), « 卢藏用出仕的终南捷径 (Le « raccourci de Zhongnan » par lequel Lu Zangyong entra dans la fonction publique) », sur Sohu.com, Hebei, (consulté le )
- ↑ (en) Livia Kohn, The Taoist Experience: An Anthology, New York, Routledge, (ISBN 978-0-415-43998-5)
- (zh) 在天空翱翔的鱼, « 卢藏用 (盧藏用) (Lu Zangyong), 历史上的著名隐士卢藏用:醉翁之意不在酒,随驾隐土终出山 (Le célèbre ermite de l’histoire, Lu Zangyong : l’ivrogne n’a pas pour intention le vin ; accompagnant la cour impériale, il se cacha en ermite, puis finit par sortir de sa retraite) », sur Sohu.com, Hebei, (consulté le )
- (zh) 卢藏用 (盧藏用)(Lu Zangyong), « 全唐詩(全唐诗) (Intégrale de la poésie des Tang) », (consulté le )
- ↑ (zh) « 卷二十三•隐逸 (Volume 23, Vie en ermite/Réclusion) », sur Gushiwen.cn, (consulté le )
- ↑ (zh) Ouyang Xiu, Song Qi et d’autres (dynastie Song du Nord), 新唐書 (Nouveau livre des Tang), biographie de Lu Zangyong,
- ↑ (zh) Qian Zhonglian, Fu Xuancao et Wang Yunxi et all., 中国文学大辞典 (Grand dictionnaire de la littérature chinoise), Shanghaï, Shanghai Dictionary Publishing House,
- ↑ (zh) « 卢藏用 (Lu Zangyong) », sur Gushiwen.cn, (consulté le )
- ↑ (en) « Life of Sima Chengzhen » (consulté le )
- ↑ (zh) « 仙宗十友 », sur Lishi.httpcn.com (consulté le )
- ↑ (zh) « 仙宗十友 (Dix amis de l'École des Immortels) », sur Baike.baidu, Pékin, (consulté le )
Liens externes
- https://zh.wikisource.org/wiki/全唐詩/卷93 : Intégrale de la poésie des Tang (全唐詩), volume 93 : poèmes de Lu Zangyong.
- https://longhumountain.com/fr/blogs/introduction-to-taoism-q-a/taoist-sacred-mountain-zhongnan-mountain : Montagne sacrée taoïste — Montagne Zhongnan. ()
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