Lucie Coutaz

Lucie Coutaz
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Lucie Coutaz-Repland
Nationalité
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Religion
catholicisme
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Conflit
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Distinctions

Lucie Coutaz (ou Coutaz-Repland), née le à Grenoble (Isère) et morte le à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), à l'origine assistante sociale[1], est la cofondatrice d’Emmaüs et, de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à sa mort, la secrétaire de l'abbé Pierre.

Biographie

Famille et jeunesse

Lucie Coutaz naît à Grenoble en 1899 d’un père ouvrier agricole puis cantonnier. Elle est engagée à 16 ans comme secrétaire aux pâtes Lustucru puis chez Cartier-Millon. Des douleurs dorsales l’empêchent de travailler. Elle est contrainte d'être alitée et de porter un corset orthopédique.

Maladie et guérison

Après quatre ans de souffrances liées à une paralysie diagnostiquée comme un mal de Pott dans les vertèbres, en désespoir de cause, elle se rend à Lourdes[2] en 1921 à l'âge de 22 ans[3]. Sa guérison « miraculeuse », selon elle, n'est pas reconnue officiellement, car, lorsqu'elle revient guérie, son médecin traitant de l'époque, l'ayant diagnostiquée comme incurable, ne veut pas témoigner devant la commission chargée de l'enquête. Le « miracle » n’est pas homologué, mais la conforte dans sa foi.

Elle reprend son travail de secrétaire puis devient responsable permanente des syndicats CFTC de l’Isère. Elle étudie la sténodactylographie. Elle est ensuite secrétaire et reprend la direction des syndicats chrétiens de Grenoble, sa ville natale, grâce aux recommandations du vicaire général de la ville. Elle prend aussi un poste d'assistante sociale au début de la guerre.

Elle fait partie de la congrégation de religieuses de Notre-Dame de Sion, engagées dans la vie laïque. Mais la congrégation, contraire à son engagement, l'exclura de ce fait.[pas clair]

Résistance et rencontre avec l'abbé Pierre

Pendant la guerre, Lucie Coutaz s’engage à l’Office social de renseignements et devient l’une des plus actives militantes du Comité interrégional de liaison des organisations syndicales chrétiennes, fondées en réaction aux mesures de Vichy. Dans ce contexte, Henri Grouès alias l’abbé Pierre, alors vicaire de la cathédrale de Grenoble, lui rend visite en [3]. Il cherche des faux papiers pour faire passer en Suisse des Juifs venus frapper à la porte du presbytère de Grenoble, au moment des rafles.

À la Libération, Henry Grouès et Lucie Coutaz reçoivent tous les deux la Croix de guerre décernée par le gouvernement provisoire (GPRF)[4].

Elle est ensuite sollicitée par l'abbé pour l'aider dans son projet Emmaüs ; elle devient très vite cofondatrice du mouvement[5] et directrice (officieuse) de celui-ci dès 1954. Cette collaboration durera jusqu'à sa mort, en 1982.

Rôle et influence dans le mouvement Emmaüs

En 1945, sur proposition de l'abbé Pierre, elle s'occupe de l'administration du mouvement, tout en assistant l'abbé dans ses tâches. Pilier très important pour l'organisation, mais aussi pour Henri Grouès[6], elle l'accompagne dans l'expansion internationale d'Emmaüs et gère la maison pendant ses nombreuses absences.

Lors de son « Appel de  », l'abbé Pierre veut opérer un changement dans les mentalités et sensibiliser la population à la pauvreté des autres. Cette lutte lui tenant très à cœur, il commence à laisser de plus en plus de tâches importantes dans l'organisation du mouvement à Lucie Coutaz. Elle doit bientôt prendre en charge l'administration complète des communautés et des centres d'hébergements que compte Emmaüs. L'abbé Pierre prend alors le rôle de directeur représentant, il est la figure du mouvement tandis que Lucie Coutaz s'occupe de la direction administrative et opère plus dans l'ombre.

Laurent Desmars, président d’honneur de la fondation Abbé-Pierre, témoin de leur relation, évoque une personnalité particulièrement discrète, à l'instar de l'abbé, en déclarant : « même dans les archives de la fondation Abbé Pierre, on a un mal fou à retrouver des traces écrites d’elle. »

Elle ne prend publiquement la parole qu’une seule fois dans un livre paru en 1988, 40 ans avec l’abbé Pierre, où elle parle exclusivement de lui[7].

Décès

Elle meurt en 1982, dans l'appartement de l'abbé Pierre, veillée par lui et son secrétaire et photographe Roger Dick.

Elle est, comme l'abbé, enterrée dans le village d'Esteville, en Seine-Maritime, avec le premier compagnon d'Emmaüs[8].

Décorations

Publications

  • Lucie Coutaz... avec les chiffonniers d'Emmaüs. Peines, luttes et joies, revue Témoins, 1970 Écrit à la demande de la revue ; réédité sur la requête d'amis aux éditions S.C.E.P.E.S., 1976
  • 40 ans avec l'abbé Pierre, Paris, Groupe Bayard, éditions du Centurion, 1988

Au cinéma

Notes et références

  1. « Ministère du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion », sur travail-emploi.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Le secret de l'abbé Pierre », Lourdes Magazine, août 1991.
  3. Pascal Fleury, « "Mademoiselle Coutaz", l’âme sœur de l’abbé Pierre », cath.ch,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Dominique Lejeune, « Pauvreté d’après-guerre : l’abbé Pierre, Emmaüs et le Secours populaire », Conférence à l’Université ouverte de Besançon,‎ (lire en ligne).
  5. « Le diable et le bon Dieu », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. GestsiteACAPE, « Mlle Lucie Coutaz », sur Centre abbé Pierre Emmaüs - Esteville, (consulté le ).
  7. Fabrice Leclerc, « Lucie Coutaz, révélations sur la compagne de route de l'Abbé Pierre », Paris Match,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. « L'abbé Pierre à Esteville - Cimetières de France et d'ailleurs », sur landrucimetieres.fr (consulté le ).
  9. Décret du 6 avril 1944. Cf. Ordre de la Libération - base des médaillés de la Résistance française, « Fiche Lucie Coutaz-Replan » (consulté le ).
  10. Emmanuelle Bercot rappelle que Lucie « avait treize ans de plus que lui. De ce que j’ai pu voir et lire sur eux, je retiens un sentiment amoureux chaste mais réel. C’était SON abbé et plus encore quand les femmes lui tournaient autour. Elle savait que l’abbé pouvait être rapidement charmé »… « Elle chasse les mouches », souriait l’abbé. C’est-à-dire aussi les femmes qui, la gloire venant, entouraient l’abbé fringuant et bel homme. Il faut se remettre dans l’époque, le préconcile, où ces questions n’étaient vraiment pas d’actualité. Donc elle se mettait entre elles et lui, elle faisait rempart. Voire barrage. »
  11. « Abbé Pierre : "Sa rencontre avec Lucie Coutaz est fondamentale", dit le scénariste Olivier Gorce », RTL,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Liens externes


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