Lucie Deltour

Lucie Deltour (aussi connue comme Lucie Moresco), née à Liège le et décédée à Tontelange le , est une avocate et juge belge.

En 1977, elle devient la première femme à être nommée cheffe de corps dans la magistrature belge.

Biographie

Famille et formation

Lucie Deltour est d'origine modeste, son père travaillant dans une usine d'émaux et sa mère, bien qu'issue d'un milieu bourgeois, est orpheline et fut prise en charge par une institution[1]. Son frère souffrant d'un handicap, les espoirs familiaux se reportent sur elle[1]. Elle effectue sa scolarité au lycée de Waha[1]. Après avoir décroché un diplôme de docteure en droit à l'université de Liège en 1935, elle obtient une licence en notariat bien qu'il faille attendre 1950 pour que la profession soit ouverte aux femmes[1].

Début de carrière juridique et résistance

La carrière juridique de Lucie Deltour débute en 1935 avec son entrée au barreau de Liège en tant qu'avocate[1].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, elle entre dans la résistance et participe à la presse clandestine[1].

Elle épouse un réfugié roumain, Moresco, mais ce dernier repart en Roumanie dès le conflit terminé et la laisse seule avec leurs deux petites filles[1].

Carrière juridique

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Lucie Deltour devient secrétaire d'administration à Bruxelles auprès de l'Office national de coordination des allocations familiales puis à l'Office national des pensions pour ouvriers et enfin pour l'Office national pour l'emploi et le chômage[1].

Le , elle quitte Bruxelles et son poste de fonctionnaire pour siéger comme juge au tribunal de première instance d'Arlon. En septembre de la même année, elle devient juge des enfants. Elle poursuit sa carrière en tant que juge de la jeunesse dès [1]. En , elle est nommée vice-présidente du tribunal[1].

Le , Lucie Deltour accède à la présidence du tribunal d'Arlon[2]. Première femme à être nommée chef de corps dans la magistrature belge, elle occupera ce poste jusqu'à la retraite le [1].

Elle est également membre de l'Union nationale des magistrats et de l'Union internationale des magistrats[1].

Elle décède à Tontelange le [1].

Engagement féministe

En plus d'être la première femme à être nommée chef de corps dans la magistrature belge, Lucie Deltour est membre de l'Association belge des femmes juristes (fondée en 1956) et de la Fédération belge des femmes diplômées des universités[1].

Sur la place des femmes en magistrature, elle constate :

Après la guerre, on prenait prétexte des lois sur la milice pour écarter les femmes de la magistrature. On disait aussi qu'elles risquaient de devoir s'absenter des séances pour allaiter... Depuis, on s'est rendu compte que la fonction n'était pas exercée différemment par une femme que par un homme[3].

Distinctions

Lucie Deltour reçoit plusieurs médailles et distinctions pour son engagement dans la résistance[1] :

Toponymie

Sur le site du Sart Tilman de l'université de Liège, une rue porte le nom de « rue Lucie Deltour »[4].

Références

  1. Eliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges : XIXe et XXe siècles, Lannoo Uitgeverij, , 637 p. (ISBN 978-2-87386-434-7, lire en ligne), p. 174-175
  2. « Extraits de l'hommage funèbre prononcé par l'auteur, à l'audience solennelle du tribunal de première instance d'Arlon, le 26 avril 1991. » Accès libre, sur www.arlonide.be (consulté le )
  3. Suzanne van Rokeghem, Jacqueline Aubenas et Jeanne Vercheval-Vervoort, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830, Luc Pire Editions, , 303 p. (ISBN 978-2-87415-523-9, lire en ligne), p. 177
  4. Plan détaillé du campus Sart Tilman (ULiège, septembre 2015)

Liens externes

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