Lucien Lejeune

Lucien Lejeune
Lucien Lejeune (photographie publiée dans le no 44 de la deuxième année du journal Le Cri de Liège du ).
Fonction
Enseignant
Académie royale des beaux-arts de Liège
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Lucien Henri Lejeune
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Cercle royal des Beaux-Arts (d)
Maîtres
signature de Lucien Lejeune
Signature.

Lucien Lejeune, né le à Liège et mort en 1953 dans sa ville natale, est un peintre, graveur et dessinateur belge. Il est également professeur de dessin à l'Académie royale des beaux-arts de Liège de 1902 à 1936.

Biographie

Lucien Henri Lejeune est né à Liège le [1]. Il étudie à l'Académie royale des beaux-arts de Liège[2] où il a pour professeurs Adrien de Witte, Émile Delperée et Prosper Drion[3],[4],[5].

Sander Pierron détaille dans son ouvrage L'École de Gravure de Liège comment Lucien Lejeune apprend la gravure[6], en grande partie comme autodidacte :

« Adrien de Witte lui enseigna le dessin à l'académie ; comme un jour l'élève demandait au professeur de vouloir lui enseigner les premières notions de la gravure, l'aîné lui répondit que lui-même n'avait eu de maître que sa volonté, qu'il avait trouvé la clef de tous les secrets de la technique dans une méthode élémentaire, et que si son disciple possédait vraiment la vocation, il n'avait qu'à suivre son propre exemple. Le travail et l'expérience personnelle ferait le reste... Et il apporta la précieuse brochure à l'adolescent[7]. »

Lucien Lejeune se procure ensuite les outils nécessaires grâce à Armand Rassenfosse et commence son apprentissage, « gâtant beaucoup de plaques, jusqu'au jour où la réussite couronna ses persévérants efforts... »[8]. Sander Pierron poursuit et explique que c'est François Maréchal qui l'aide, par lettre, à résoudre certains problèmes plus difficiles qu'il rencontre et conclut : « Ce qui fait que ce graveur [...] n'a jamais vu graver ni imprimer qui que ce soit ; c'est lui-même qui tire ses épreuves[8]. »

Il se rend à Paris en 1893-1894 pour parfaire ses connaissances[3],[5] puis suit des cours à l'École des Arts décoratifs à Bruxelles en 1896-1897[3],[5]. Il réside ensuite à Liège, peignant pendant 25 ans en atelier avant de s'orienter vers la peinture en plein air[4],[5],[9]. Il est professeur de dessin élémentaire à l'Académie royale des beaux-arts de Liège de 1902 à 1936[10],[5],[9],[11] (d'abord un an à titre d'essai, puis de façon définitive fin 1903)[12], puis à l'École moyenne[4],[5],[9] en 1922[13]. Il démissionne de ses fonctions d'enseignant en [14], un peu moins de deux mois après le décès de son épouse Maria Fuchs[15]. Il est remplacé par Adrien Dupagne au cours de dessin de 3e année à l'Académie[16].

Œuvre

Style et techniques artistiques

Lucien Lejeune est un peintre de paysages, de figures et de scènes intimistes[2], se centrant particulièrement sur les effets de lumière puis sur le paysage industriel de la région liégeoise comme le décrit avec justesse Jules Bosmant[11] :

« Lucien Lejeune, d'abord attiré par les crépuscules citadins troués de lumières clignotantes, est devenu peu à peu le chantre des « terrils » qui sur nos paysages industriels dessinent les cônes volcaniques d'une orographie artificielle. Ce que ces montagnes schématiques représentent d'efforts, de douleur, de nature effacée et vaincue, ce qu'elles suggèrent aussi de civilisation puissante et inhumaine a été compris et souvent traduit avec bonheur par cet artiste d'inspiration très locale[17]. »

Sander Pierron, de son côté, estime que la ville de Liège et ses habitants sont la principale source d'inspiration de l'artiste : « Il n'est pas d'artiste plus complètement liégeois que Lucien Lejeune, liégeois par son tempérament, liégeois par ses affinités, liégeois par les motifs et la signification de ses œuvres. [...] toutes ses eaux-fortes et ses pointes sèches sont inspirées par les choses et les gens de son pays, c'est-à-dire de sa cité natale et de sa proche banlieue industrielle[18]. »

Catalogue et musées

Des œuvres de Lucien Lejeune sont présentes dans les collections du musée de l'Art wallon (La Boverie)[5],[19],[20] et du musée de la Vie wallonne[21].

En 1923, Sander Pierron dénombre 22 gravures de Lucien Lejeune[8], réalisées à l'eau-forte ou la pointe sèche : place du théâtre[18], Haute Sauvenière[18], évêché[18], pont des Arches[22], passerelle[23], pont Maghin[23], coulée[24], embarquement de houille[25], changement d'équipes[25], hors du gouffre[25], fainéant[25], long du fleuve[25] et enfin sa série des terrils[26]. Plusieurs critiques louent particulièrement cette dernière série de gravures[17],[27],[28]. Il a également réalisé des illustrations pour une série de cartes postales intitulée Souvenir du pays de Liège et commercialisée début du XXe siècle[21].

Galerie

Expositions

Le collier de scarabées, 1916 (huile sur toile ; 60 × 73 cm ; photographie de 2004 d'Hervé Pigeolet du KIK-IRPA), Liège, musée de l'Art wallon[29].

Il expose au Cercle royal des Beaux-Arts de Liège de 1892 à 1942[4],[5],[9].

  • 1895 : Exposition inaugurale de l'Académie des Beaux-Arts (organisée par le Cercle royal des Beaux-arts dans le cadre de l'inauguration des nouveaux bâtiments de l'Académie royale des beaux-arts de Liège), du au , rue des Anglais no 21, Liège[30],[31],[32].
  • 1914 : Salon des peintres liégeois, juin, Palais des Beaux-Arts, Liège[33].
  • 1933 : Le Visage de Liège, du au , Palais des Beaux-Arts, Liège[34].
  • 1939 : La Gravure liégeoise des origines à nos jours (exposition organisée à l'occasion du 100e anniversaire de l'Académie royale des Beaux-Arts), du au , Académie royale des Beaux-Arts, Liège[35],[36],[37].
  • 1964 : 125e anniversaire de l'Académie royale des Beaux‑Arts, du au , Musée des Beaux-Arts, Liège[37].
  • 1992 : Le Cercle royal des Beaux-Arts de Liège 1892-1992, du au , Cercle royal des Beaux-Arts, Liège (Le collier de scarabées est la toile exposée de Lucien Lejeune)[29].
  • 2013 : Les Spadois à... Spa, du au , Rue Royale, Spa[38].

Prix et distinctions

Lucien Lejeune est lauréat de plusieurs médailles durant ses études à l'Académie royale des beaux-arts de Liège et du prix Donnay[Note 1] de peinture[27].

Réception critique

« [...] car il y a de la vigueur, de la nervosité dans la remarquable série des terrils ; ceux-ci sont vraiment l'œuvre d'un artiste qui a compris la grandeur des spectacles qu'il désirait décrire, et les a rendus avec une puissance de relief et de coloris pleins d'accents et de contrastes heureux et de valeurs profondes, grâce à une facture qui, ce coup, suit le sens des choses positives ou impondérables... Lucien Lejeune est vraiment un chantre intelligent, enthousiaste et scrupuleux du pays des houillères, dont le tragique a éveillé en son esprit curieux une sympathie, voire une pitié qui met sa trace dans la majeure partie des cuivres qu'il a gravés. »

— Sander Pierron au sujet des gravures de terrils de Lucien Lejeune[28].

Notes et références

Notes

  1. Le Prix Donnay a été fondé par un commerçant liégeois établi à Paris et nommé Léopold Donnay, qui a légué en 1887 un capital à la ville de Liège pour la création d'un prix annuel de peinture à décerner par concours et ce, afin de permettre à de jeunes artistes de voyager.

Références

  1. « Naissance le 26 décembre 1870 à Liège de Lucien Henri Lejeune » Accès libre, sur Archives Ouvertes.
  2. Pacco 1995, p. LEJEUNE, Lucien.
  3. Somville, Depouhon et Depouhon 1992, p. 72.
  4. « Lucien Lejeune (Les collections du Musée de la Vie wallonne) » Accès libre, sur Musée de la Vie wallonne (consulté le ).
  5. Piron 2003-2006, p. 54.
  6. À l'époque, la gravure ne s'enseigne pas à l'Académie royale des beaux-arts de Liège. Le premier cours de gravure n'y sera créé qu'en 1921 par François Maréchal.
  7. Pierron 1923, p. 49-50.
  8. Pierron 1923, p. 50.
  9. Somville, Depouhon et Depouhon 1992, p. 73.
  10. « Conseil communal : Huis-clos » Accès libre, sur KBR, La Meuse, Liège, (consulté le ), p. 2
  11. Goijen 2014, p. 399.
  12. « Chronique locale : À l'Académie des Beaux-Arts » Accès libre, sur KBR, La Meuse, Liège, (consulté le ), p. 2
  13. « Huis-clos : Professeur de dessin » Accès libre, sur KBR, Liège, La Meuse, (consulté le ), p. 5
  14. « Au conseil communal : Huis-clos, École moyenne et Académie » Accès libre, sur KBR, La Meuse, Liége, (consulté le ), p. 2
  15. « État civil de Liège : Madame Lucien Lejeune » Accès libre, sur KBR, La Meuse, Liège, (consulté le ), p. 3
  16. « La remise des diplômes et des médailles aux lauréats de l'Académie royale des Beaux-Arts » Accès libre, sur KBR, La Meuse, Liège, (consulté le ), p. 4
  17. Bosmant 1930, p. 275.
  18. Pierron 1923, p. 51.
  19. « Lejeune, Lucien - See Photo Library results » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  20. Ville de Liège, Musée des beaux-arts : catalogue, Liège, Imprimerie Bénard, , 137 p. (OCLC 27249817, lire en ligne Accès libre), p. 48 (Lejeune, Lucien)
  21. « Search results : Lucien Lejeune (Les collections du Musée de la Vie wallonne) » Accès libre, sur Musée de la Vie wallonne (consulté le ).
  22. Pierron 1923, p. 51-52.
  23. Pierron 1923, p. 52.
  24. Pierron 1923, p. 54.
  25. Pierron 1923, p. 55.
  26. Pierron 1923, p. 52-54, 56-57.
  27. Hansly, Flament et Lance 1913, p. 1.
  28. Pierron 1923, p. 56-57.
  29. Somville, Depouhon et Depouhon 1992, p. 103.
  30. « Chronique locale : Exposition organisée par le Cercle des Beaux-Arts à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle Académie », La Meuse, vol. 40e année, no 162,‎ , p. 2 (lire en ligne Accès libre)
  31. « Exposition du Cercle des Beaux-Arts », La Meuse, vol. 40e année, no 166,‎ , p. 3 (lire en ligne Accès libre)
  32. M. K., « Le Salon de l'Académie (2e article) », La Meuse, vol. 40e année, no 179,‎ , p. 9 (lire en ligne Accès libre)
  33. Roger Bontemps (rédaction de l'article), Julien Flament (rédacteur en chef) et Alfred Lance (directeur), « Au Palais des beaux-arts : Les peintres liégeois », Le Cri de Liège : tribune d'art, libre et indépendant, Liège, no 26 (troisième année),‎ , p. 1 (lire en ligne Accès libre)
  34. « Biographie développée d'Edmond Delsa » Accès libre, sur Art-info.be, p. 7.
  35. « Liège, centre d'art : Deux grandes manifestations artistiques », La Meuse, vol. 84e année, no 148,‎ , p. 4 (lire en ligne Inscription nécessaire)
  36. « La Gravure liégeoise à l'Académie des Beaux-Arts de Liège », La Meuse, vol. 84e année, no 175,‎ , p. 4 (lire en ligne Inscription nécessaire)
  37. Marc Renwart, « Biographie développée d'Adrien de Witte » Accès libre, sur Art-info.be, p. 14 (Exposition de la gravure liégeoise), 17-18 (125e anniversaire de l'Académie royale des Beaux‑Arts).
  38. Jacques Goijen, « Les Spadois à... Spa - L'école liégeoise du paysage » Accès libre, sur École liégeoise du paysage (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

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Liens externes

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