Lucius Aurelius Commodus Pompeianus

Lucius Aurelius Commodus Pompeianus
Fonctions
Sénateur romain
Consul
Biographie
Naissance
Vers 181
Lieu inconnu
Décès
Années 210 ou vers
Époque
Activité
Père
Claudius Pompeianus Quintianus
Mère
Aurelia
Fratrie
Aurelia Lucilla (d) (demi-soeur maternelle)
Lucius Aurelius Verus (d) (demi-frère maternel)
Lucilla Plautia (d) (demi-soeur maternelle)
Enfants
Lucius Tiberius Claudius Aurellius Quintianus (d)
Lucius Tiberius Claudius Pompeianus (en)
Aurelia Pompeiana (d)
Gens

Lucius Aurel(l)ius Commodus Pompeianus, né vers 181 et mort en 211 ou 212, est un sénateur et homme politique de l'Empire romain, consul en 209. Il est l'arrière petit-fils de Lucius Aurelius Verus et le petit-fils de Marc Aurèle[1].

Fils de Claudius Pompeianus Quintianus, assassiné sur ordre de Commode pour conspiration en 182, et d'Aurelia, fille de l'impératrice Lucilla, il compte au nombre des héritiers présomptifs de l'Empire et est assassiné par Caracalla.

Éléments biographiques

On connaît peu de choses sur la vie de Lucius Aurelius Commodus Pompeianus, qui n'apparait que fugacement dans quelques sources antiques comme l’Histoire Auguste ou chez Dion Cassius, ainsi que sur quelques éléments épigraphiques[2]. Il est encore trop souvent confondue avec son oncle, Tiberius Claudius Pompeianus, qui fut consul suffect en 212[n 1].

Entourage

L'impératrice Lucilla, grand-mère de Pompeianus, représentée sous les traits de Cérès, fin du IIe siècle, musée national du Bardo.

Né vers 181[n 2], Lucius Aurelius Commodus Pompeianus est le petit-fils de Lucius Aurelius Verus et de l'Augusta Lucilla.

Son grand-oncle, qui est aussi le second mari de sa grand-mère maternel, Tiberius Claudius Pompeianus, est un chevalier romain originaire d'Antioche, alors considéré comme le meilleur général de l'Empire[3]. Cette union entre un militaire déjà âgé et la jeune veuve de Lucius Verus mort en 169 est imposée avant même la fin du deuil par Marc Aurèle à sa fille, contre son gré et celui de son épouse Faustina[3].

Après la mort de Marc Aurèle et l'accession de Commode en 180, son père Quintianus et sa grand-mère Lucilla complote contre Commode et ils sont exécutés lorsque la conspiration est découverte. Le grand-père paternel suit de peu son fils dans les purges qui s'ensuivent, et le seul parents de sexe masculin qu'il reste à Aurelius Commodus en 183 est son grand-oncle Tiberius Claudius Pompeianus. Bien que probablement sollicité pour prendre la tête de l'Empire en tant que militaire de renom et gendre impérial[4], ce dernier s'est retiré de la vie publique[5]. S'étant ainsi tenu éloigné des affaires et n'ayant pas participé à la conjuration que mène Lucilla contre son frère, dont l'échec la conduit à l'exil puis à la mort en 182, Tiberius Claudius Pompeianus et son fils ne sont pas inquiétés dans la répression qui s'ensuit[5].

Carrière

Buste de Commode, grand-oncle de Pompeianus, en Hercule, c. 191-192, musées du Capitole.

Bien qu'on ne connaisse pas grand chose du personnage, cette hérédité confère à Lucius Aurelius Commodus Pompeianus, au-delà d'un nom retentissant d'un grande auctoritas, une potentielle légitimité pour prétendre à la tête de l'Empire (capax imperii)[6]. C'est probablement pour ne pas éveiller davantage la méfiance de Commode qui considère Aurelius Commodus et son oncle comme un danger potentiel, que leur père, bien qu'il s'y refuse lui-même, oblige les deux jeunes gens à assister aux spectaculaires jeux cynégétiques organisés par l'empereur[7] peu de temps avant son assassinat en 192[8].

En 209, il accède au consulat sous le règne de Septime Sévère, en compagnie de Quintus Lollianus Plautius Avitus[9].

Pompeianus continue néanmoins de représenter une menace pour le pouvoir en place[8] et en 211 ou 212, il est assassiné dans un guet-apens orchestré par le nouvel empereur Caracalla dans la série d'éliminations de potentiels rivaux à laquelle ce dernier se livre au début de son règne et qui comptent en outre son propre frère Geta, son cousin Gaius Septimius Severus Aper ainsi que le fils de Pertinax[10]. Cependant, Caracalla prend néanmoins la précaution de faire croire que le meurtre de Pompeianus a été perpétré par des brigands[11].

Lucius Tiberius Claudius Pompeianus, consul ordinaire en 235, est probablement son fils[12],[1].

Arbre généalogique

Notes et références

Notes

  1. Voir l'étude de la famille des Claudii Pompeiani, par Christian Settipani, qui différencie bien le consul ordinaire de 209, petit-fils de Lucilla, et le consul suffect de 212, fils de Lucilla et de son deuxième époux.
  2. Si l'on se fie à la date de son consulat et que celui-ci lui a été attribué suo anno, cf. Pflaum 1961, p. 33. Selon Christian Settipani, à cause de son ascendance impérial, il a peut être obtenu le consulat dès l'âge de 28 ans, cf. Settipani 2000, p. 302.

Références

  1. Christian Settipani, Continuité gentilice et Continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l'époque impériale, p. 302
  2. Voir PIR² C 971 et Marie-Thérèse Raepsaet-Charlier, Prosopographie des femmes de l'ordre sénatorial : Ier – IIe siècles, Louvain, Peeters, (ISBN 978-90-6831-086-3), p. 69
  3. Molinier-Arbo 2007, p. 123.
  4. Molinier-Arbo 2007, p. 127.
  5. Pflaum 1961, p. 32.
  6. Oates 1976, p. 286.
  7. cf. Dion Cassius, livre LXXII, 20,1
  8. Molinier-Arbo 2007, p. 131.
  9. Inge Mennen, Power and status in the Roman Empire, AD 193-284, Leiden, Brill, coll. « Impact of Empire » (no 12), (ISBN 978-90-04-21192-6), p. 96,107
  10. Caillan Davenport, « Cassius Dio and Caracalla », The Classical Quarterly, vol. 62, no 2,‎ , p. 811 (ISSN 0009-8388)
  11. Pflaum 1961, p. 33.
  12. Inge Mennen, Power and status in the Roman Empire, AD 193-284, Leiden, Brill, coll. « Impact of Empire » (no 12), (ISBN 978-90-04-21192-6), p. 97
  13. Christian Settipani, Continuité gentilice et Continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l'époque impériale, Linacre College, Oxford University, coll. « Prosopographica & Genealogica », 2000, 597 p. (ISBN 1-900934-02-7)

Bibliographie

  • Christian Settipani, Continuité gentilice et Continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l'époque impériale, Linacre College, Oxford University, coll. « Prosopographica & Genealogica », 2000, 597 p. (ISBN 1-900934-02-7)
  • Agnès Molinier-Arbo, « À qui profitait la conjuration de Lucilla ? : Réflexions sur un passage des Caesares de Julien », L'Antiquité Classique, vol. 76,‎ , p. 119-132 (ISSN 0770-2817)
  • John F. Oates, « A Sailor's Discharge and the Consuls of A. D. 209 », Phoenix, vol. 30, no 3,‎ , p. 282–287 (ISSN 0031-8299)
  • Edward Champlin, « Notes on the Heirs of Commodus », The American Journal of Philology, vol. 100, no 2,‎ , p. 290 (ISSN 0002-9475, DOI 10.2307/293693, lire en ligne, consulté le )
  • Hans-Georg Pflaum, « Les gendres de Marc-Aurèle », Journal des Savants, vol. 1, no 1,‎ , p. 28–41 (DOI 10.3406/jds.1961.1005, lire en ligne, consulté le ).
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