Lucy Beeton

Lucy Beeton
Biographie
Naissance
Décès
(à 57 ans)
Île Badger
Nationalité
Activités

Lucy Beeton (ou Beadon) née le et morte le est une institutrice, commerçante et dirigeante chrétienne aborigène de Tasmanie[1].

Enfance et famille

Lucy Beeton est née le sur l'île Gun Carriage, qui fait partie du groupe Furneaux dans l'est du détroit de Bass, dans ce qui est devenu la colonie de la Terre de Van Diemen, renommée par la suite la Tasmanie (Lutruwita). Elle et sa famille ont également vécu sur l'île Badger[2].

Son père est James Herbert Beadon[3],[4], issu d'une famille juive londonienne, déporté en Tasmanie en après une mutinerie contre la Royal Navy. Une fois sa peine purgée en , il s'établit comme chasseur de phoques dans le détroit de Bass[1]. Les femmes aborigènes des îles étaient enlevées et vendues par les chasseurs de phoques[5]. Beeton achète ainsi une femme aborigène, connue sous le nom de Bet Smith, pour en faire son épouse. Bet Smith, dont le nom palawa est Emmerenna, a été enlevée enfant au cap Portland (en) par John Harrington, un chasseur de phoques, puis « revendiquée » par Thomas Tucker, un autre chasseur de phoques, après la mort de Harrington en 1824, qui la « vendit » ensuite à Beeton[5]. On dit que Beeton est dévoué à sa femme et à ses enfants et ne traite pas Bet/Emmerenna comme une servante, contrairement à ce que font d'autres chasseurs de phoques avec les femmes aborigènes[1],[3].

En 1831, deux ans après la naissance de Lucy, son père doit quitter Gun Carriage Island afin que George Augustus Robinson, protecteur des Aborigènes, puisse y établir une colonie réservée aux Aborigènes. Lucy et sa mère restent dans cette colonie[1]. Thomas Beeton demande alors que sa famille soit autorisée à vivre avec lui, ce qui est approuvé par le lieutenant-gouverneur de la colonie, George Arthur. Entre-temps, la colonie de Robinson a été déplacée sur l'île Flinders, permettant ainsi à la famille Beeton de rester sur Gun Carriage Island.

Carrière et foi

En grandissant, Lucy Beeton apprend à naviguer et à faire des affaires, grâce à son père, et est envoyée à George Town et à Launceston (sur le continent tasmanien) pour étudier[1].

Durant ses études, Beeton se lie d'amitié avec des membres influents du clergé de l'Église d'Angleterre, comme l'archidiacre Thomas Reibey (en)[1]. Avec leur aide, elle fonde une école sur les deux îles, sollicite le gouvernement pour financer des enseignants et enseigne elle-même aux enfants de la région[2],[6]. Respectée pour sa foi chrétienne et son leadership, elle enseigne aussi bien les matières religieuses que profanes et est récompensée pour son travail par un bail viager sur l'île Badger à partir de 1877[1],[2]. L'évêque anglican de Tasmanie, Francis Nixon (en), écrit en que Beeton est une grande dame, l'amie de tous, et qu'elle est « d'une grande noblesse d'âme et fervente dans sa foi chrétienne, s'étant employée à faire le bien autour d'elle. Animée d'un amour pur pour son entourage, elle réunit chaque jour les enfants des chasseurs de phoques et s'efforce de leur transmettre les rudiments du savoir, tant profane que religieux »[1],[7],[8]. Le chanoine Brownrigg, qui a rendu visite à Beeton, en parle en termes élogieux[7].

Elle essaie de réduire l'impact des chasseurs de phoques sur les autochtones du détroit de Bass et plaide pour une indemnisation des populations autochtones dépossédées de leurs terres[1]. En 1872, elle invite Truganini à s'installer sur l'île Badger, qui n'accepte pas son offre[1].

Beeton est aussi une commerçante et femme d'affaires. Elle est surnommée la « Reine de l'Île » et la « Commodore »[9],[1]. En , elle possède son propre cotre, le Bella Beeton, avec lequel elle navigue et commerce avec son frère Harry Beeton[1]. Plus tard, elle exploite un élevage de moutons et de bovins sur l'île Badger[10]. Stephen Murray-Smith (en) la qualifie de « personnalité la plus marquante de la deuxième génération d'insulaires »[1].

Lucy Beeton ne se marie pas et vit avec ses frères, James et Henry, et leurs familles, dans leur maison familiale sur l'île Badger, où elle accueille de nombreux visiteurs et chante des hymnes[9],[10]. Elle meurt sur l'île Badger le et y est enterrée[1]. La nouvelle de sa mort est annoncée à Launceston, sur le continent, le par le capitaine Holt, arrivé en bateau de l'île Badger[11],[7].

Hommage et postérité

Le Lucy Beeton Crescent à Bonner et la bourse d'études Lucy Beeton pour enseignants aborigènes à l'université de Tasmanie portent son nom[6],[1].

Un collier de coquillages qu'elle a confectionné fait partie de la collection du musée et galerie d'art Queen Victoria de Tasmanie[1].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Lucy Beeton » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Shayne Breen, « Lucy Beeton (1829–1886) », dans Australian Dictionary of Biography, National Centre of Biography, Australian National University (lire en ligne)
  2. (en) « Biography - Lucy Beeton - Indigenous Australia », ia.anu.edu.au (consulté le )
  3. Meston 1947, p. 50.
  4. (en) Sydney Mail, « Tasmania », Sydney Mail,‎ , p. 10 (lire en ligne, consulté le )
  5. (en) Nigel Prickett, Foss Leach et Geoffrey Clark, Islands of Inquiry, vol. 29, ANU Press, (ISBN 978-1-921313-90-5, DOI 10.22459/TA29.06.2008, lire en ligne), « Trans-Tasman stories: Australian Aborigines in New Zealand sealing and shore whaling », p. 360–361
  6. (en) « Scholarships Info - University of Tasmania », Scholarships - University of Tasmania, Australia (consulté le )
  7. (en) « Obituary », Daily Telegraph,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. (en) « The Cruise of the Beacon, by Francis Russell Nixon (1857) », anglicanhistory.org (consulté le )
  9. (en) « Visit The Islanfds In Bass Straights », Launceston Examiner,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « Letters to the Editor. », Age,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. (en) Shayne Breen, « Lucy Beeton (1829–1886) », dans Australian Dictionary of Biography, National Centre of Biography, Australian National University (lire en ligne)

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Archibald Meston, « The Halfcastes of the Furneaux Group », Records of the Queen Victoria Museum and Art Gallery,‎ , p. 47–52 (ISSN 0085-5278, OCLC 902758436, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Liens externes


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