Luigi Gaspare Peyri

Luigi Gaspare Peyri
Louis Gaspard Balthazar Pierre Léon Marie Peyri
Naissance
Mantoue ou Milan, Italie
Décès (à 64 ans)
Mantoue, Lombardie
Allégeance Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau de la Répbulique cisalpine République cisalpine
Drapeau de la République italienne République italienne
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1780 – 1815
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Campo Tenese
Maida
Sacile
La Piave
Raab
Figueras
Valence
Lützen

Luigi Gaspare Peyri ou Louis Gaspard Balthazar Pierre Léon Marie Peyri, né le à Mantoue ou Milan et mort le à Mantoue, est un général italien de la Révolution et de l'Empire. Ayant effectué sa carrière au service du royaume d'Italie, alors un état satellite de l'Empire français, il commande à plusieurs reprises des unités italiennes, suisses et polonaises au cours des guerres napoléoniennes.

Biographie

Du Saint-Empire à la République italienne

Il naît le à Mantoue ou Milan. Embrassant la carrière militaire, il est incorporé dans l'armée autrichienne en tant que cadet au régiment d'infanterie Schmidtfeld no 48 le . Il occupe toujours ce grade six ans plus tard et, selon Karl Friedrich von Enzenthal, « il est possible que cette absence d'avancement l'ait incité à quitter le service de l'Autriche »[1].

Passé dans les troupes cisalpines qui combattent aux côtés de la France révolutionnaire le , Peyri est présent un mois plus tard à la bataille d'Arcole et est promu chef de bataillon le . Devenu chef de brigade le , il est désigné à la tête de la légion lombarde le suivant puis de la 1re légion cisalpine plus tard dans l'année. En 1799, il prend part aux opérations contre les Austro-Russes en Italie, notamment à la bataille de Novi et au siège d'Ancône, avant d'être nommé au commandement de la 1re demi-brigade de la légion italique le . Pendant la deuxième campagne d'Italie, il dirige la 1re demi-brigade d'infanterie italienne et contribue, en , à la prise de Trente. Il est fait général de brigade de la République cisalpine le 13 de ce mois[1].

Au cours de l'année 1801, Peyri aide à la restructuration des troupes de cet État et exerce, à partir du mois de septembre, les fonctions de chef d'état-major de la 1re division de l'armée d'active. Il commande ensuite une brigade de la division Lechi le puis de la division Fiorella en 1804[1].

Au service de Napoléon Ier

En Italie et à Naples

Illustration de la bataille de Maida, le 4 juillet 1806, à laquelle participe le général Peyri (par Philippe-Jacques de Loutherbourg).

En , dans le cadre de la guerre de la Troisième Coalition, Peyri commande une brigade de la division du général Lechi à l'armée d'Italie du maréchal Masséna[1]. Forte de 3 112 fantassins et cavaliers polonais, son unité est engagée le à la bataille de Castelfranco Veneto, remportée par les Français de Gouvion-Saint-Cyr sur les Autrichiens du prince de Rohan[2].

Transférée à la division du général Verdier le de l'année suivante, il y mène une brigade polonaise avec laquelle il participe à l'invasion du royaume de Naples[1]. Lors de la bataille de Maida, qui oppose le les troupes françaises du général Jean-Louis-Ébénézer Reynier à un corps expéditionnaire britannique sous les ordres du général John Stuart, Peyri commande une brigade « étrangère » composée de deux bataillons de la légion polono-italienne (937 hommes) et du 4e bataillon du 1er régiment suisse (630 hommes), faisant partie de la division Verdier[3],[4]. Chargés par Reynier de stopper l'avance des Britanniques après la déroute de l'aile gauche française, ses soldats, déployés au centre, craquent à leur tour à l'issue d'un bref échange de tirs avec leurs adversaires, seuls les Suisses effectuant leur retraite en ordre[5].

Général de l'armée du royaume d'Italie (collection Vinkhuijzen, New York Public Library).

Quelques mois plus tard, le , Peyri s'empare de la ville d'Amantea[1]. Il est intronisé dans l'ordre de la Légion d'honneur et est récipiendaire, la même année, de la croix de commandeur de l'ordre royal des Deux-Siciles. De retour à l'armée d'Italie le , il occupe Trente le avant de remettre son commandement au général Vial le et d'être envoyé en poste à Bellune. Déjà titulaire d'une rente de 4 000 francs par an sur le Hanovre depuis le , il perçoit une dotation supplémentaire sur la partie italienne du Tyrol le , année de son transfert à l'armée de Catalogne[1]. Il est créé baron de l'Empire le [6] et profite de cette circonstance pour changer son nom de Peiri en Peyri[1].

Campagnes d'Espagne et d'Allemagne

Élevé au grade de général de division le [1], il est affecté à l'armée d'Aragon du général Louis-Gabriel Suchet pour y prendre le commandement de la division italienne, forte de 4 892 hommes, avec laquelle il sert au siège de Tarragone en . En août, chargée de réprimer les guérillas dans le sud de l'Aragon, sa division chasse les partisans espagnols de Teruel et les force à se disperser dans les montagnes[7]. En proie à des soucis de santé, il est remplacé par le général Palombini et regagne l'Italie en [1].

En , il est nommé à la tête de la 15e division du corps italien, avec l'ordre de marcher d'Italie en Allemagne[8] ; il sert dans le 4e corps du général Henri-Gatien Bertrand à la bataille de Lützen le , mais est sévèrement battu et fait prisonnier par Michel Barclay de Tolly à Königswartha le [9]. Enzenthal affirme cependant qu'il est « renvoyé en Italie le 6 juin 1813 »[1]. Son commandement est relevé par le général Achille Fontanelli[10].

Dernières années

Après avoir occupé les fonctions de gouverneur de Mantoue en 1814[1], et tenté vainement de s'interposer pour empêcher le meurtre du comte Giuseppe Prina à Milan[11], Peyri obtient son transfert à l'armée autrichienne en qualité de feld-maréchal-lieutenant le de la même année. Mis en non-activité le , il est successivement commandeur de l'ordre de la Couronne de fer en 1816 et commandeur de la Légion d'honneur en 1817[1].

Il meurt à Mantoue le [1]. Enzenthal écrit à son propos qu'« il était mal vu d'Eugène de Beauharnais »[1].

Notes et références

  1. Karl Friedrich von Enzenthal, Dictionnaire biographique des généraux autrichiens sous la Révolution et l'Empire : 1792-1815, vol. 1, Paris, Librairie historique Teissèdre, , p. 541.
  2. Oleg Sokolov (trad. du russe par Michèle Kahn, préf. général Robert Bresse), Austerlitz : Napoléon, l'Europe et la Russie, Saint-Germain-en-Laye, Commios, , 541 p. (ISBN 2-9518364-3-0), p. 338, 494.
  3. Schneid 2002, p. 175-176.
  4. Diégo Mané, « Maida, ou le désastre de Sainte-Euphémie, le 4 juillet 1806 », Planète Napoléon,‎ , p. 6-7 (lire en ligne).
  5. Schneid 2002, p. 53-54.
  6. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire : suivi de la liste complète des membres de la noblesse impériale, Paris, Tallandier, , 359 p. (ISBN 2-235-00694-9), p. 269.
  7. (en) Charles Oman, A History of the Peninsular War, Volume IV, Mechanicsburg (Pennsylvanie), Stackpole, (ISBN 1-85367-224-6), p. 533-535.
  8. (en) Frederick C. Schneid, Soldiers of Napoleon's Kingdom of Italy : Army, State and Society, 1800-1815, Boulder, Westview Press Inc., (ISBN 0-8133-2688-5), p. 100.
  9. (en) Michael V. Leggiere, Napoleon and the Struggle for Germany, Cambridge University Press, , p. 328.
  10. Francesco Frasca, Les Italiens dans l'armée française : recrutement et incorporation (1796-1814), Lulu.com, (1re éd. 2008), 223 p. (lire en ligne), p. 122.
  11. (it) Tommaso Casini (dir.), La Rivoluzione di Milano dell' Aprile 1814 : relazioni storiche de Leopoldo Armaroli e Carlo Verri, senatori del Regno italico, Rome, Società editrice Dante Alighieri, coll. « Biblioteca storica del risorgimento italiano » (no 3), (lire en ligne), p. 22.

Bibliographie

  • (en) Frederick C. Schneid, Napoleon's Italian Campaigns : 1805-1815, Westport, Praeger Publishers, (ISBN 0-275-96875-8).
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