Luis Suárez Fernández

Luis Suárez Fernández
Luis Suárez Fernández en 1989
Fonctions
Membre de l'Académie royale d'histoire (d)
-
José Gella Iturriaga (d)
Procurateur aux Cortes franquistes
10e législature des Cortes franquistes (d)
-
José Ramón del Sol Fernández (d)
Procurateur aux Cortes franquistes
9e législature des Cortes franquistes (d)
-
Procurateur aux Cortes franquistes
8ème législature des Cortes franquistes (d)
-
Fidel Jorge López Aparicio (d)
Rector of the University of Valladolid
-
Fidel Jorge López Aparicio (d)
José Ramón del Sol Fernández (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Fernando Suárez Bilbao (d)
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Directeur de thèse
Joaquín Pérez Villanueva (d)
Distinctions

Luis Suárez Fernández, né à Gijón le et mort à La Vila Joiosa le , est un professeur d'université, historien, universitaire espagnol, qui est également recteur de l'université de Valladolid et director general de Universidades e Investigación pendant la dictature de Franco.

Biographie

Jeunesse et formation

Luis Suárez Fernández est né à Gijón dans les Asturies [1].

Il étudie la philosophie et les lettres dans les universités d'Oviedo et de Valladolid, et obtient son doctorat en histoire le à l'université de Madrid.

Carrière professionnelle

Il est nommé professeur titulaire de la chaire de Prehistoria e Historia Universal de las Edades Antigua y Media y de Historia General de la Cultura de l'université de Valladolid entre 1955 et 1973. Par la suite, il en devient le doyen en 1963 puis le recteur entre 1965 et 1972. À ce titre, il crée la première chaire universitaire d'études cinématographiques. Puis il prend la chaire d'histoire médiévale de la nouvelle université autonome de Madrid entre 1973 et 1989. il en devient professeur émérite d'histoire médiévale à partir de 1990.

Il dirige entre 1975 et 1978 l'École d'histoire et d'archéologie du Conseil supérieur de la recherche scientifique à Rome dont il gère la section d'études médiévales depuis 1956.

Ses recherches portent principalement sur le Moyen Âge tardif, et plus particulièrement sur l'époque des Rois Catholiques, mais il étudie aussi d'autres sujets tels que Rome, le Proche-Orient ancien et le peuple juif. Il mène des recherches dans les archives espagnoles, italiennes, britanniques et françaises.

Julio Valdeón Baruque (es) le considère comme l'un des médiévistes les plus importants du XXe siècle en Espagne.

Carrière politique

Sous le régime franquiste, Luis Suárez Fernández exerce les fonctions de procurateur aux Cortes franquistes, au titre de recteur d'université.

En , il est nommé directeur général des Universités et de la Recherche par le ministre de l'Éducation José Luis Villar Palasí (es). Il est maintenu à ce poste par le nouveau ministre, Julio Rodríguez Martínez (es), nommé en par Luis Carrero Blanco. Il participe à la réforme « novatrice » du calendrier universitaire, qui reporte la rentrée de septembre à afin de « synchroniser l'année universitaire avec l'année fiscale »[2] et d'accueillir « cent mille nouveaux étudiants, un nombre pour lequel l'université n'était pas équipée ». Ce nouveau calendrier est surnommé, non sans humour, le « calendrier julien » en hommage à son instigateur, le ministre Julio Rodríguez Martínez. Après l'assassinat du premier ministre Luis Carrero Blanco, la première mesure prise par le nouveau ministre de l'Éducation, Cruz Martínez Esteruelas (es), est de revenir au calendrier habituel et de commencer l'année scolaire en septembre.

Publications

Après la mort de Francisco Franco, Suárez Fernández arrive à convaincre sa famille de conserver les documents dans un fonds d'archives, actuellement propriété de la Fondation nationale Francisco Franco. Il est l'un des rares historiens à s'intéresser initialement à la recherche dans ces archives, ce qui lui permit de publier une œuvre intitulée Francisco Franco y su tiempo (es)une œuvre monumentale en huit volumes en 1984[3]. Plusieurs historiens déplorent cette exclusivité[4]. Sa notice biographique sur Francisco Franco dans le Diccionario biográfico español de l'Académie royale d'histoire publié en 2011 suscite une vive controverse, centrée sur sa caractérisation du régime comme autoritario pero no totalitario[note 1], tandis que des historiens tels que Hugh Thomas indiquent qu'estaba en lo correcto al señalar que el general era un gobernante autoritario y no totalitario, haciendo uso de la famosa dicotomía de Jeane Kirkpatrick[note 2] et que le resulta difícil pensar en alguien que realmente pudiese haberlo hecho mejor que Suárez ; Suárez sabe todo lo que hay que saber sobre el general Franco[note 3],[5].

Entre 1981 et 1992, il dirige, avec José Luis Comellas García-Llera (es), Demetrio Ramos et José Andrés Gallego (es) l'Historia general de España y América en 19 volumes[6].

Au total, il publie une cinquantaine d'ouvrages, de nombreux articles et contribue à environ soixante-dix ouvrages collectifs.

  • (es) Historia de Espana antigua y media, vol. 1, Ediciones Rialp, , 667 p. (ISBN 978-84-321-1882-1, lire en ligne).
  • (es) Francisco Franco y su tiempo, Fondation nationale Francisco Franco, (ISBN 978-84-85993-03-1).
  • (es) Judíos españoles en la Edad Media, Madrid, Rialp, coll. « Libros de historia », , 288 p. (ISBN 978-8432120107). Traduction française : Les Juifs espagnols au Moyen Âge (trad. Rachel Israël-Amsaleg), Paris, Gallimard, coll. « Idées », , 346 p. (ISBN 2-07-035482-2).
  • (es) Historia General de España y América : América en el Siglo XVII, vol. 9, Ediciones Rialp, , 587 p. (ISBN 978-84-321-2104-3, présentation en ligne).
  • (es) Historia general de España y América : La España de las reformas hasta el final del reinado de Carlos IV, vol. 10, Ediciones Rialp, , 636 p. (ISBN 978-84-321-2106-7, présentation en ligne).
  • (es) avec José Andrés Gallego (es), La Crisis de la hegemonía española, siglo XVII, Ediciones Rialp, , 677 p. (ISBN 978-84-321-2103-6, présentation en ligne).
  • (es) avec Manuel Espadas Burgos (es), Historia general de España y América. La época de Franco, vol. 2, Ediciones Rialp, (ISBN 978-84-321-2359-7, présentation en ligne).
  • (es) avec Vicente Ángel Álvarez Palenzuela et et Ángel Montenegro, La consolidación de los Reinos hispánicos, Gredos, , 363 p. (ISBN 978-84-249-1278-9, présentation en ligne).
  • (es) Los Reyes Católicos : Fundamentos de la monarquía, Madrid, Ediciones Rialp, (ISBN 978-84-321-2511-9, lire en ligne).
  • (es) Los reyes católicos : el camino hacia Europa, Madrid, Ediciones Rialp, (ISBN 978-84-321-2589-8, lire en ligne).
  • (es) Fernando el Católico, Grupo Planeta, , 475 p. (lire en ligne).
  • (es) Franco. Crónica de un tiempo. VI. Los caminos de la instauración. Desde 1967 a 1975, Madrid, (ISBN 978-84-9739-063-7).

Prix et récompenses

En 1994, il est admis à l'Académie royale d'histoire avec un discours intitulé Monarquía hispana y revolución trastámara[note 4]. Juan Pérez de Tudela y Bueso y répond.

En 2001, il reçoit le Prix national d'histoire de l'Espagne pour son ouvrage Isabel I, reina.

Vie privée

Il est marié à partir de 1956 à Josefina María Bilbao, diplômée en histoire, et ils ont eu trois enfants[7].

Il est également président de la confrérie de Valle de los Caídos.

Idéologie et religion

Il se déclare monarchiste et se réjouit de la restauration de la monarchie en Espagne[8].

Il est lié à la Fondation nationale Francisco Franco et, au moins jusqu'en 2002, est le seul historien autorisé à consulter ses archives[9]. Il est aussi historien et commentateur politique espagnol pour le journal El País. Santos Juliá le qualifie d'historiador de extrema derecha[note 5],[9], et Juan José Laborda, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol, lui attribue une idéologie franquiste[5]. Dans ses ouvrages sur le franquisme, il le décrit comme Caudillaje, que no fue dictadura más que en su breve comienzo[note 6],[10].

Il considère que l’origine de l’Espagne remonte à 418, avec la chute de l’Empire romain et la formation du royaume wisigothique de Tolède, et nie tout fondement historique au nationalisme basque[11]. Il témoigne lors de l'enquête pour la béatification de la reine Isabelle la Catholique, à propos de laquelle il a écrit plusieurs livres, et déclare qu’il serait heureux de sa béatification[12].

Il est catholique et membre de l'Opus Dei[13].

Notes et références

Notes

  1. ↑ « autoritaire mais non totalitaire »
  2. ↑ « il avait raison de souligner que le général était un dirigeant autoritaire et non totalitaire, utilisant la célèbre dichotomie de Jeane Kirkpatrick »
  3. ↑ « il est difficile de penser à quelqu'un qui aurait pu faire un meilleur travail que Suárez ; Suárez sait tout ce qu'il y a à savoir sur le général Franco »
  4. ↑ « Monarchie hispanique et révolution Trastámara »
  5. ↑ « historien d'extrême droite »
  6. ↑ « un caudillisme, qui ne fut une dictature qu'à ses débuts »

Références

  1. ↑ Valdeón Baruque 2000, p. 30.
  2. ↑ Carrillo Linares 2008, p. 377.
  3. ↑ Aróstegui 1992, p. 89.
  4. ↑ (es) J. M. Marcos, P. Corroto et B. García Jaén, « Los historiadores se alarman ante la hagiografía de Franco », sur publico.es, (consulté le ).
  5. (es) Juan José Laborda, « Suárez, Franco y la RAH », sur El Imparcial, (consulté le ).
  6. ↑ Andrés-Gallego, 2004, p. 180 et 327.
  7. ↑ Zabalza 1999.
  8. ↑ (es) Luis Suárez Fernández, « Veinticinco años después », sur abc.es, (consulté le ).
  9. (es) Miguel Mora, « Los historiadores exigen al Gobierno que abra los archivos de la Fundación Francisco Franco », sur elpais.com, (consulté le ).
  10. ↑ (es) Luis Suárez Fernández, Franco. Crónica de un tiempo. VI. Los caminos de la instauración. Desde 1967 a 1975, Madrid, (ISBN 978-84-9739-063-7), p. 483.
  11. ↑ (es) Rafael Nieto, « Entrevista a Luis Suárez Fernández », sur diarioya.es, (consulté le ).
  12. ↑ (es) Rafael Nieto, « Entrevista a Luis Suárez Fernández 2ª parte », sur diarioya.es, (consulté le ).
  13. ↑ (es) « Un consejo del Fundador del Opus Dei », sur conelpapa.com (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

Sur Luis Suárez Fernández

  • (es) Pere Busquets, « Luís Suarez Fernández: Cristianismo y europeidad. Una reflexión histórica ante el tercer milenio », Qüestions de vida cristiana, no 228,‎ (ISSN 0214-7769).
  • (es) Antonio Cañellas Mas, « Prólogo: Luís Suárez Fernández, el oficio del caballero », dans Antonio Cañellas Mas, En torno a la historia de las Españas: de la Baja Edad Media a la contemporaneidad : homenaje a Luis Suárez Fernández, (ISBN 978-84-17666-20-0), p. 11-32.
  • (es) Juan Hernández Ferrero, Entrevista con Luis Suárez Fernández: argumento para una película de género histórico, , 11-16 p. (ISSN 0486-0993), chap. 99.
  • (es) Miguel Ángel Ladero Quesada (es) et Julio Valdeón Baruque (es), Estudios de historia medieval. Homenaje a Luis Suárez Fernández, Universidad de Valladolid, (ISBN 9788477622208).
  • (en) César Olivera Serrano, « Luis Suárez Fernández (1925- ), a Contemporary Master of Spanish Medievalism », dans Julia Pavón Benito (es), Rewriting the Middle Ages in the Twentieth Century, vol. III : Political Theory and Practice, (ISBN 978-2-503-54842-5), p. 131-149.
  • (es) Luis Suárez Fernández (1924-2024), « Vicente-Ángel Álvarez-Palenzuela », Anuario de historia de la Iglesia, no 34,‎ , p. 585-591 (ISSN 1133-0104, lire en ligne, consulté le ).
  • (es) Julio Valdeón Baruque (es), « Luis Suárez Fernández », Revista de Historia Jerónimo Zurita, no 73,‎ , p. 29-40 (ISSN 0044-5517, lire en ligne, consulté le ).
  • (es) Jordi Vidal Palomino, « Una versión nacionalcatólica de la historia antigua del Próximo Oriente: Las primeras civilizaciones de Luis Suárez Fernández », Historiografías: revista de historia y teoría, no 20,‎ , p. 113-128 (e-ISSN 2174-4289, lire en ligne, consulté le ).
  • (es) Ana Zabalza Seguín, « Conversación en Madrid con Luis Suárez Fernández », Anuario de Historia de la Iglesia, no 8,‎ , p. 323-339 (ISSN 1133-0104, lire en ligne, consulté le ).

Autres

  • (es) José Andrés Gallego (es), Historia de la historiografía española, , 2e éd. (ISBN 9788474907094, lire en ligne).
  • (es) Julio Aróstegui, « La historiografía sobre la España de Franco. Promesas y debilidades », Historia contemporánea, no 7,‎ , p. 70-100 (ISSN 1130-2402).
  • (es) Alberto Carrillo Linares, Subversivos y malditos en la Universidad de Sevilla (1965-1977), Centro de Estudios Andaluces, (ISBN 8461273524, lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

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